Le chef l'armée suisse affirme que la défense du pays a des "lacunes", notamment contre d'éventuelles attaques de drones. Une déclaration qui survient alors que Berne s'apprête à augmenter ses dépenses militaires.
Le nouveau chef de l'armée suisse, Benedikt Roos, affirme que Berne ne dispose pas des moyens de défense nécessaires contre d'éventuelles attaques de drones, telles que celles utilisées dans la guerre au Moyen-Orient : "face aux menaces que nous observons actuellement en Iran, nous n’avons pratiquement rien, absolument rien, zéro. Et vous voyez, c’est pourquoi nous devons investir dans ce domaine. Et une chose qui m’inquiète vraiment, c’est : que ferons-nous si ces nouveaux systèmes – les drones et tout le reste – tombent entre les mains de terroristes ? Alors nous aurons encore plus besoin de tous ces systèmes de défense."
Cette mise en garde intervient alors que le gouvernement suisse s'apprête à augmenter ses dépenses militaire afin de renforcer la défense aérienne du pays, notamment la protection contre les drones. La semaine dernière, le gouvernement suisse a demandé au Parlement d'approuver un budget de 3,7 milliards d'euros pour la défense, axé sur le développement de la défense aérienne terrestre, la protection contre les drones et le renforcement des capacités cybernétiques.
Ce budget prévoit notamment l'acquisition de systèmes de missiles IRIS-T SLM de fabrication allemande pour un montant d'un milliard d'euros et le renforcement de la protection contre les mini-drones pour environ 76 millions d'euros. Le chef de l'armée indique que Berne a deux priorités principales : "la première est la réponse aux menaces hybrides. Cela commence par les cyberattaques dans le domaine de l’information. Et la seconde concerne la menace provenant de longues distances."
Au début du mois, la Suisse et l'Union européenne ont également annoncé leur intention d’approfondir leur coopération en matière de sécurité et de défense, notamment par l’échange d’informations dans des zones allant de l’Ukraine au Moyen-Orient.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et son homologue suisse, Ignazio Cassis, ont signé une déclaration commune soulignant l'importance stratégique de leur coopération en matière de politique étrangère et de sécurité et s'engageant à resserrer leurs liens. Ils ont également signé un accord technique qui permettra à la Suisse, pays connu pour sa neutralité, de participer plus facilement à des missions civiles ou militaires conjointes "visant à maintenir la stabilité de l’Europe".