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Venezuela : la police disperse des manifestants réclamant de meilleurs salaires et pensions

La police empêche les manifestants qui réclament une augmentation des salaires, des pensions et des avantages sociaux de poursuivre leur marche à Caracas, le 9 avril 2026.
La police empêche les manifestants qui réclament une augmentation des salaires, des pensions et des avantages sociaux de poursuivre leur marche à Caracas, le 9 avril 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Gavin Blackburn
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Fixé à 130 bolivars par mois (environ 0,23 €) et inchangé depuis 2022, le salaire minimum au Venezuela apparaît dérisoire : il est près de 330 fois inférieur au seuil de pauvreté des Nations unies, établi à 3 dollars (2,56 €) par jour.

La police vénézuélienne a fait usage de gaz lacrymogènes jeudi pour disperser près de 2 000 manifestants qui tentaient de marcher vers le palais présidentiel afin d'exiger des hausses de salaires et de pensions.

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Signe d'un climat de peur en recul après des années de forte répression, les protestataires ont scandé "Sí, se puede" ("Oui, nous le pouvons"), réaffirmant des revendications anciennes face à des rémunérations si faibles que beaucoup peinent à subvenir à leurs besoins.

À Caracas, des dizaines de policiers antiémeutes, casqués et équipés de boucliers, ont tenté de contenir la progression du cortège vers le centre-ville, situé à quelques kilomètres du Palais de Miraflores.

Ces tensions illustrent la colère croissante au Venezuela, où une partie de la population reproche à la présidente par intérim Delcy Rodríguez – qui a succédé à Nicolás Maduro après son renversement – son incapacité à enrayer la crise du coût de la vie.

Des policiers encadrent un manifestant qui participe à une marche pour réclamer une augmentation des salaires, des pensions et des avantages sociaux à Caracas, le 9 avril 2026.
Des policiers encadrent un manifestant qui participe à une marche pour réclamer une augmentation des salaires, des pensions et des avantages sociaux à Caracas, le 9 avril 2026. AP Photo

Mercredi, la nouvelle dirigeante a annoncé à la télévision une hausse des salaires à compter du 1er mai, sans toutefois en préciser le montant.

Au Venezuela, le salaire minimum mensuel reste fixé à 130 bolivars – soit à peine quelques centimes d'euro – un niveau inchangé depuis 2022 et très éloigné du seuil de pauvreté défini par les Nations unies, établi à environ 3 dollars (2,56 €) par jour.

Même si les revenus du secteur public peuvent atteindre environ 150 dollars mensuels grâce aux primes gouvernementales, ils demeurent très inférieurs aux quelque 645 dollars nécessaires, selon diverses estimations, pour couvrir les besoins alimentaires de base dans un contexte d'hyperinflation dépassant les 600 % par an.

Les manifestants réclament ainsi une revalorisation des salaires de base plutôt qu'une augmentation des primes, régulièrement utilisées pour compenser la stagnation des rémunérations.

"Assez de cette tromperie autour des hausses de salaire. Ils veulent faire passer des primes pour un salaire. C’est tout simplement inacceptable", dénonce Mauricio Ramos, retraité de 71 ans.

Craintes d'inflation

Delcy Rodríguez, qui a succédé à Maduro après son enlèvement par les forces américaines lors d'un raid le 3 janvier, a plaidé en faveur d'une augmentation "responsable" des salaires qui n'entraîne pas de pic d'inflation.

L'ancienne vice-présidente a reçu le feu vert du président américain Donald Trump pour succéder à Maduro, à condition qu'elle donne à Washington un accès au pétrole vénézuélien.

Sous la pression de Washington pour atténuer la répression, elle a fait adopter plusieurs réformes économiques majeures, ainsi qu'une amnistie pour les prisonniers politiques.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, sourit lors d'une réunion à Caracas, le 11 février 2026.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, sourit lors d'une réunion à Caracas, le 11 février 2026. AP Photo

Mais elle doit composer avec l'impatience grandissante des Vénézuéliens, qui peinent à se procurer nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité dans un contexte d'inflation galopante.

La mobilisation de jeudi constitue la plus importante manifestation antigouvernementale depuis août 2024. Elle témoigne d'une confiance retrouvée chez une partie de la population, après deux années marquées par une forte répression qui avait dissuadé toute contestation d’ampleur.

Les manifestations d'août 2024 – déclenchées après la victoire contestée de Nicolás Maduro à l'élection présidentielle – avaient, elles, été violemment réprimées, laissant une société profondément marquée et durablement réduite au silence.

Sources additionnelles • AFP

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