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Dernière minute. Le ministère américain de la Justice inculpe l'ex-président cubain Raúl Castro

L’ancien président cubain Raúl Castro lors d’un événement célébrant le 65e anniversaire du triomphe de la révolution à Santiago, le 1er janvier 2024
L'ex-président cubain Raúl Castro lors d'un événement célébrant le 65e anniversaire du triomphe de la révolution à Santiago, le 1er janvier 2024 Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Gavin Blackburn & Euronews
Publié le
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Raul Castro, 94 ans, est accusé de meurtres et de destructions d’aéronefs, alors qu'il était ministre de la Défense. Le président cubain actuel dénonce une manipulation des faits.

Le département américain de la Justice a inculpé, ce mercredi 20 mai, l’ancien président cubain Raúl Castro, 94 ans, pour son implication présumée la destruction, en 1996, d’avions civils basés à Miami et pilotés par des opposants au régime communiste. Il était alors ministre de la Défense. Les chefs d’accusation incluent notamment le meurtre et la destruction d’aéronef.

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Cette décision marque une nouvelle étape dans le durcissement de la politique de l’administration de Donald Trump envers le gouvernement socialiste cubain.

"Depuis près de trente ans, les familles de quatre Américains assassinés attendent justice", a déclaré le procureur général par intérim, Todd Blanche, lors d’une cérémonie organisée à Miami en hommage aux victimes. "Il s’agissait de civils non armés effectuant des missions humanitaires pour secourir et protéger des personnes fuyant l’oppression à travers le détroit de Floride."

Interrogé sur les moyens envisagés pour traduire Raúl Castro devant la justice américaine, Todd Blanche a rappelé qu’un mandat d’arrêt avait été émis. "Nous nous attendons donc à ce qu’il comparaisse ici, de son plein gré ou d’une autre manière", a-t-il affirmé.

Selon lui, les États-Unis inculpent régulièrement des personnes vivant à l’étranger et disposent de différents moyens pour les traduire en justice.

L’acte d’accusation a été validé fin avril par un grand jury de Miami avant d’être rendu public, ce mercredi. Cinq autres personnes ont également été poursuivies, dont trois pilotes militaires cubains.

Interrogé sur les conséquences possibles pour Cuba, Donald Trump s’est contenté de répondre : "Nous verrons bien." Il a ajouté que les États-Unis étaient prêts à fournir une aide humanitaire à « une nation en faillite ».

Plusieurs observateurs estiment que ces poursuites constituent une menace crédible, rappelant que l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro avait lui aussi été inculpé aux États-Unis avant d’être arrêté à Caracas par les forces spéciales américaines en janvier.

"Il va devoir se faire très discret désormais", estime Peter Kornbluh, chercheur au National Security Archive. "Les autorités cubaines n’auront d’autres choix que de prendre cette menace extrêmement au sérieux."

Le président cubain dénonce une ma_nipulation_

Même si rien ne garantit que Raúl Castro comparaisse un jour devant un tribunal états-unien, les accusations de meurtre et de complot pourraient théoriquement entraîner une peine de prison à vie, voire la peine de mort en cas de condamnation.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a dénoncé l’acte d’accusation, accusant Washington de manipuler les faits de 1996. Selon lui, il s’agit d’"une action politique sans fondement juridique" destinée à "justifier l’absurdité d’une agression militaire contre Cuba".

Dans un message publié sur X, Miguel Díaz-Canel a affirmé que Cuba avait agi en "état de légitime défense" dans ses eaux territoriales après des violations répétées de son espace aérien par "des terroristes notoires".

L’affaire remonte au 24 février 1996, lorsque deux avions civils Cessna appartenant au groupe Brothers to the Rescue ont été abattus par des chasseurs cubains MiG-29 au nord de La Havane, provoquant la mort des quatre hommes à bord.

À l’époque, les appareils survolaient régulièrement Cuba pour larguer des tracts appelant la population à se soulever contre le régime castriste. Les autorités cubaines avaient averti Washington qu’elles défendraient leur espace aérien.

L’enquête menée dans les années 1990 avait déjà conduit à l’inculpation de plusieurs responsables cubains, dont les pilotes impliqués dans l’opération, mais Raúl Castro avait alors échappé aux poursuites, l’administration de Bill Clinton craignant les conséquences diplomatiques d’une telle décision.

Sources additionnelles • AP, AFP

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