Trois ans après son commencement, l'ONU qualifie la guerre au Soudan de "crise abandonnée". La situation risque de s’aggraver en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
"Une crise abandonnée" : c'est ainsi que l'ONU a qualifié le conflit qui dure depuis trois ans au Soudan, avertissant que l'ampleur des atrocités n'a jusqu'à présent pas réussi à faire réagir le monde. Lors d'un point presse virtuel depuis Khartoum ce lundi, la coordinatrice des Nations unies pour le Soudan, Denise Brown, a affirmé que la situation était devenue un cycle de souffrances sans fin, en particulier pour les femmes et les filles.
Cet avertissement intervient alors que le Soudan marque le troisième anniversaire de son plongeon dans le chaos, lorsque la lutte pour le pouvoir entre l’armée et les Forces de soutien rapide, une milice paramilitaire, a dégénéré en guerre civile.
Selon le Programme alimentaire mondial, près 21,2 millions de personnes sont confrontées à une famine aiguë.
"Trois ans de guerre au Soudan ont provoqué la plus grande crise humanitaire au monde. Le conflit a ravagé les moyens de subsistance, déraciné des communautés et plongé des millions de personnes dans la famine. La famine continue de sévir dans certaines régions du pays. Les travailleurs humanitaires, les camions et les entrepôts continuent d’être la cible d’attaques, mettant en danger la vie de nos collègues et perturbant notre aide" explique Carl Skau, directeur exécutif adjoint du PAM.
Le Programme alimentaire mondial avertit que la crise alimentaire au Soudan risque désormais de s’aggraver en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, car les perturbations en mer Rouge retardent les importations essentielles et font grimper le coût des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.