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La popularité de Poutine en chute libre, le Kremlin va-t-il alléger les restrictions d'internet ?

Alexander Kazakov/Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP
Alexander Kazakov/Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP Tous droits réservés  AP Photo
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Par Yulia Schneider, Serge Duchêne
Publié le
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La cote de confiance de Vladimir Poutine a chuté à 72 %, son plus bas niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. Sur fond de cette grogne, le Kremlin s'apprêterait à alléger le bridage d'internet mobile, de plus en plus décrié par les Russes.

La cote de popularité du président russe Vladimir Poutine n'a cessé de baisser pendant six semaines depuis le début du mois de mars, selon les données du Centre panrusse de recherche sur l'opinion publique (VTsIOM, anciennement indépendant, mais passé sous contrôle du Kremlin au début des années 2000, et dont les transfuges ont fondé le centre Levada).

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Entre le 6 et le 12 avril, elle s'élevait (en russe) à 66,7 %, soit une baisse de 1,1 % par rapport à la semaine précédente. Cet indicateur a également commencé à diminuer au cours de la semaine du 2 au 8 mars, et depuis lors, il a chuté de 6,6%.

La confiance en Vladimir Poutine est également tombée à 72%, en baisse de 1,8% par rapport à la semaine précédente. Depuis la semaine du 2 au 8 mars, au cours de laquelle la baisse de cet élément a également commencé, le niveau global de confiance dans le président russe a chuté de 5,3 points de pourcentage.

En janvier 2026, selon VTsIOM, près de 81 % des Russes faisaient confiance à Poutine. Aujourd'hui, les taux de confiance et d'approbation de Vladimir Poutine sont les plus bas depuis le début de la guerre en Ukraine. Le 27 février 2022, le niveau de confiance dans le président était de 73 %, et le niveau d'approbation de ses activités était de 70,4 %.

En outre, seuls 40,2 % des personnes interrogées approuvent les activités du gouvernement (- 0,1%). Les niveaux d'approbation de l'activité et de confiance dans le Premier ministre Mikhaïl Michoustine ont diminué de 0,4 et 0,5 % respectivement - à 44,7% et 54,6%.

Le niveau de soutien au parti au pouvoir, Russie Unie, a également diminué - à 27,3%, soit une baisse de 2,4% au cours de la semaine, ce qui, moins de 6 mois avant les législatives de septembre, devrait inquiéter les autorités même dans le climat de campagne hypervérouillée et téléguidée depuis le Kremlin.

Un autre institut sociologique affilié à l'État, la Fondation pour l'opinion publique, a également enregistré une baisse de la cote de Vladimir Poutine, mais, selon ses sondages, elle a ensuite augmenté à nouveau.

Selon le susmentionné centre indépendant Levada (en anglais), 80 % des personnes interrogées approuvaient la performance du président russe en mars - le chiffre le plus bas depuis novembre 2022.

Même si ces niveaux auraient été plus que respectables dans une démocratie, ils, ainsi que la tendance baissière, sont plus qu'inquiétants dans un système totalitaire.

Selon certains experts, les raisons en seraient à chercher du côté des blocages de Telegram et des restrictions imposées à l'internet mobile. Plusieurs entreprises comme restaurants, magasins ou services de taxi voient comme résultat leur activité sérieusement menacée, tandis que les PME qui faisaient leur promotion largement sur des réseaux sociaux, de plus en plus restreints par les autorités, sont au bout du désespoir.

Le mécontentement des citoyens russes est aggravé par la hausse des prix et la lassitude de la guerre en Ukraine.

En début de semaine, Bloomberg (source en anglais) et la version russe de Forbes (source en russe) ont suggéré que le Kremlin pourrait réduire l'intensité des interdictions d'accès à Internet en raison de la baisse de sa cote de popularité à l'approche des élections de la Douma en septembre.

Moscou explique le bridage d'internet mobile par les raisons de sécurité (par exemple, par la nécessité d'"aveugler" les drones ukrainiens), mais beaucoup y voient aussi les tentatives de bâtir un "internet souverain" à la façon nord-coréenne, fermé à l'extérieur.

La très informée blogueuse Faridaily a suggéré (source en russe) que les autorités russes pourraient être contraintes d'abandonner le blocage uniquement en raison de la popularité croissante des partis concurrents de Russie Unie même s'il faut avouer qu'ils font partie de l'"opposition systémique", c'est-à-dire aussi plus ou moins pilotée par le Kremlin, la vraie opposition politique en Russie étant depuis longtemps décimée.

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