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Benjamin Netanyahu condamne la profanation d'une statue de Jésus par un soldat israélien au Liban

Photographie d'un soldat israélien profanant une statue de Jésus dans le sud du Liban
Photographie d'un soldat israélien profanant une statue de Jésus dans le sud du Liban Tous droits réservés  Younis Tirawi, X
Tous droits réservés Younis Tirawi, X
Par Estelle Nilsson-Julien & Sophie Claudet
Publié le
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"Hier, comme l'écrasante majorité des Israéliens, j'ai été stupéfait et attristé d'apprendre qu'un soldat de Tsahal avait endommagé une icône religieuse catholique dans le sud du Liban", a déclaré lundi le Premier ministre israélien.

Le gouvernement israélien a reconnu et condamné la profanation par un soldat de Tsahal d'une statue de Jésus crucifié au Sud-Liban.

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La photographie, qui a été largement diffusée sur les réseaux sociaux lundi, montre un soldat en train d'écraser le visage de l'icône religieuse à l'aide d'un outil contondant. Les autorités israéliennes ont confirmé l'authenticité de l'image.

Dans un message publié lundi sur X, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné l'acte et annoncé que les autorités militaires menaient une enquête criminelle, assurant que l'auteur de l'acte ferait l'objet de "mesures disciplinaires sévères".

"Hier, comme l'écrasante majorité des Israéliens, j'ai été stupéfait et attristé d'apprendre qu'un soldat de Tsahal avait endommagé une icône religieuse catholique dans le sud du Liban", a-t-il écrit, ajoutant qu'Israël, "en tant qu'État juif, chérit les valeurs fondées sur la tolérance et le respect mutuel entre les adeptes de toutes les religions".

"Alors que les chrétiens sont massacrés en Syrie et au Liban par les musulmans, la population chrétienne d'Israël prospère, contrairement à ce qui se passe ailleurs au Moyen-Orient", a-t-il déclaré.

La photo en question semble avoir été postée pour la première fois sur les réseaux sociaux par Younis Tirawi, qui se décrit comme un journaliste palestinien. L'incident se serait produit à Debel, un village chrétien situé à environ 6 kilomètres de la frontière libanaise avec Israël.

Tensions entre la Pologne et Israël

La profanation a également déclenché un échange animé sur X entre le gouvernement israélien et le vice-Premier ministre polonais Radosław Sikorski.

Ce dernier a félicité le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, d'avoir présenté ses excuses pour la profanation de la statue de Jésus, déclarant qu'"il est bon que le ministre Sa'ar se soit excusé rapidement". Toutefois, il a poursuivi en appelant Israël à tirer des leçons de cet incident.

"Les soldats des forces de défense israéliennes reconnaissent eux-mêmes avoir commis des crimes de guerre. Ils ont tué non seulement des civils palestiniens, mais aussi leurs propres otages", dans une référence apparente à la guerre à Gaza, au cours de laquelle plus de 70 000 Palestiniens ont été tués, de même que des otages israéliens, dans des frappes aériennes et terrestres. L'offensive de deux ans a été lancée en réponse aux attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Gideon Sa'ar a réagi en accusant Radosław Sikorski de diffuser des "déclarations diffamatoires" au sujet de l'armée israélienne.

Gideon Sa'ar avait d'abord déclaré que "la dégradation d'un symbole religieux chrétien par un soldat des FDI au Sud-Liban est grave et honteuse" et s'était excusé "pour cet incident et auprès de tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".

Dans un message ultérieur, il a rejeté les commentaires de Radosław Sikorski, les qualifiant de "graves, sans fondement et calomnieux à l'égard de Tsahal". "Il n'y a pas d'armée sérieuse dans une démocratie occidentale qui ne cherche pas à apprendre de l'armée israélienne et de son expérience", affirme-t-il.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a également condamné la profanation de la statue de Jésus qui s'est produite dans le sud du Liban, appelant à des "conséquences rapides, sévères et publiques".

Les chrétiens du Liban ne sont pas épargnés

On estime qu'environ 30 % de la population du Liban est chrétienne. C'est aussi le seul pays du Moyen-Orient où le pouvoir est partagé entre les musulmans (chiites et sunnites) et les chrétiens, dans le cadre de ce que l'on appelle le pacte national.

Le Liban abrite diverses minorités chrétiennes, dont les catholiques maronites, qui étaient autrefois majoritaires dans le pays, mais qui sont aujourd'hui minoritaires, les orthodoxes grecs, les catholiques grecs melkites et les apostoliques arméniens.

À l'instar des autres communautés religieuses du Liban, de nombreux chrétiens se sont retrouvés pris entre deux feux au cours de la guerre menée par Israël contre le groupe militant chiite Hezbollah.

Ce nouvel incident risque d'aggraver encore les tensions entre Israël et le Liban, alors qu'un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur jeudi dernier.

Le conflit de longue date entre Israël et le Hezbollah a été ravivé le 2 mars, dans le contexte plus large de la campagne militaire des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, lancée le 28 février.

Le Hezbollah, soutenu et financé par l'Iran, a tiré des roquettes sur Israël après l'assassinat du précédent guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, ce qui a incité l'État hébreu à riposter par une opération aérienne et terrestre de grande envergure.

Plus de 2 000 personnes ont été tuées au Liban depuis la reprise des hostilités, tandis que des milliers de personnes, dont des chrétiens, ont été déplacées.

Malgré la trêve, les affrontements entre Tsahal et le Hezbollah se sont poursuivis dans la zone tampon entre le sud du Liban et Israël.

L'armée israélienne aurait continué à démolir des bâtiments dans la région, mettant en garde de nombreux habitants contre le retour dans leurs maisons ou l'approche d'une liste de villages désignés lundi.

Une série d'incidents diplomatiques

Lors d'un autre incident controversé impliquant l'Église, le père Pierre Al-Rahi a été tué le 9 mars lorsqu'un char israélien a tiré sur une maison située dans le village de Qlayaa, à la frontière sud du Liban.

Le pape Léon XIV a réagi en exprimant sa "profonde douleur pour toutes les victimes des bombardements au Moyen-Orient ces derniers jours", y compris "le père Pierre Al-Rahi, prêtre maronite tué cet après-midi à Qlayaa".

Par ailleurs, le 29 mars, les autorités israéliennes ont empêché le patriarche latin de Jérusalem d'entrer dans l'église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, "pour la première fois depuis des siècles".

Des pèlerins chrétiens orthodoxes brandissent des bougies lors de la cérémonie du Feu sacré, à l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, le samedi 11 avril 2026
Des pèlerins chrétiens orthodoxes brandissent des bougies lors de la cérémonie du Feu sacré, à l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, le samedi 11 avril 2026 AP Photo/Ohad Zwigenberg

Une décision qui a suscité une condamnation massive de la part des dirigeants occidentaux, dont la Première ministre italienne Georgia Meloni, qui a défini l'incident comme "une offense non seulement contre les croyants, mais aussi contre toute communauté qui reconnaît la liberté religieuse".

Le président français Emmanuel Macron a également condamné "l'augmentation préoccupante des violations du statut des lieux saints à Jérusalem".

Le Premier ministre israélien a par la suite annulé l'interdiction de la police, déclarant que le cardinal Pierbattista Pizzaballa avait été empêché d'accéder aux locaux pour des raisons de sécurité dans le contexte de la guerre d'Israël contre l'Iran.

Sources additionnelles • Adaptation : Vincent Reynier

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