Le Hezbollah n'était pas représenté aux discussions entre diplomates israéliens et libanais à la Maison-Blanche et n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce du président américain. Parallèlement, les tensions entre les États-Unis et l'Iran restent vives dans le détroit d'Ormuz.
Israël et le Liban ont accepté de prolonger de trois semaines le cessez-le-feu qui venait à expiration dimanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump.
L'annonce intervient après une deuxième série de discussions entre les ambassadeurs israélien et libanais, cette fois à la Maison-Blanche, qui se sont déroulées "très bien", selon Trump, lequel a toutefois reconnu qu'"ils doivent réfléchir au Hezbollah".
Ce cessez-le-feu initial de dix jours est entré en vigueur vendredi dernier, à la suite d'une première rencontre entre les diplomates, marquant les premiers échanges directs entre les deux pays depuis des décennies. Le Hezbollah s'oppose à ces pourparlers entre le Liban et Israël.
"Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a ajouté Donald Trump sur son réseau Truth Social.
S'exprimant aux côtés du président américain dans le bureau ovale, les ambassadeurs israélien et libanais aux États-Unis ont tous deux remercié Trump pour ses efforts de médiation.
Le chef de la Maison-Blanche a également indiqué qu'il recevrait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun dans les deux prochaines semaines.
Une impasse tendue dans le détroit d'Ormuz
Les tensions entre l'Iran et les États-Unis demeurent vives dans le golfe Persique, les deux pays continuant de s’en prendre à leurs navires respectifs.
Plus tôt jeudi, Donald Trump a ordonné à l'armée américaine de viser tout navire iranien qui tenterait de miner le détroit d'Ormuz.
S'adressant aux journalistes dans le bureau ovale, il a déclaré ne pas vouloir être poussé à mettre fin au conflit avec l'Iran, alors que les négociations s'éternisent.
"Mais je ne veux pas me précipiter. Vous savez, tous les articles disent : "Trump est sous pression". Ce n'est pas le cas. Non, non. Vous savez qui est sous pression ? C'est eux", a-t-il déclaré, ajoutant que l'Iran était dans une mauvaise posture et qu'il était difficile de savoir qui "dirigeait le pays".
Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié ces propos de "diversion" et a affirmé que le pays restait uni.
Donald Trump a par ailleurs déclaré que les États-Unis avaient le "contrôle total" du détroit d'Ormuz et décidaient de son ouverture ou de sa fermeture.
Il a expliqué refuser de laisser l'Iran rouvrir le détroit, affirmant ne pas vouloir qu’il "gagne 500 millions de dollars par jour tant que cette affaire n'est pas réglée".
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré plus tôt que la réouverture du détroit serait "impossible" tant que le blocus naval américain resterait en place, qu’il a qualifié de "violation flagrante" du cessez-le-feu.
L'Iran a également accusé les États-Unis de faire obstacle aux négociations par des "violations des engagements, le blocus et les menaces", tout en affirmant rester ouvert au "dialogue et à un accord", selon le président iranien Masoud Pezeshkian sur X mercredi soir.
De son côté, Israël s'est dit prêt à reprendre les hostilités contre l'Iran.
"Tsahal est prêt, tant sur le plan défensif qu'offensif, et les cibles sont identifiées. Nous attendons le feu vert des États-Unis", a déclaré jeudi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dans un communiqué.
Funérailles d’Amal Khalil
Pendant ce temps, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le village de Baysariyeh, dans le sud du Liban, pour assister aux funérailles de la journaliste libanaise Amal Khalil, tuée mercredi lors d'une frappe aérienne israélienne.
Amal Khalil, reporter du quotidien "Al-Akhbar", proche du Hezbollah, et sa collègue Zeinab Faraj s'étaient réfugiés dans une maison lorsqu'une frappe israélienne a touché une voiture à proximité, tuant les deux occupants. Une seconde frappe a ensuite visé la maison où les deux journalistes s’étaient abritées.
Les autorités sanitaires libanaises ont affirmé que l'armée israélienne avait ouvert le feu sur une ambulance en intervention, empêchant les secours d'atteindre Amal Khalil. Son corps a été retrouvé plusieurs heures plus tard dans les décombres du bâtiment.
"Cibler des journalistes, empêcher les équipes de secours d’intervenir, et frapper à nouveau un site après leur arrivée constituent des crimes de guerre", a écrit le Premier ministre Nawaf Salam sur X.
L'armée israélienne a nié avoir délibérément visé des journalistes ou tiré sur les équipes de secours, indiquant mercredi qu'elle examinait l'incident.