"Selon la situation actuelle, il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour le moment", a déclaré la Commission européenne au sujet d'un foyer de hantavirus à bord d'un navire de croisière.
La Commission européenne a renforcé sa coordination avec les États membres face à un foyer de hantavirus à bord du MV Hondius, une croisière de luxe néerlandaise à destination de l'Espagne, tout en soulignant que les risques pour la population générale restent "faibles".
Une réunion du comité de sécurité sanitaire, qui ressemble des représentants de tous les États membres, s'est tenue mercredi. Jeudi, la Commission a organisé deux réunions distinctes : l'une avec les autorités néerlandaises et espagnoles, l'autre avec l'ensemble des États membres dont des ressortissants se trouvent à bord.
"En l'état actuel des choses, il n'y a pas lieu de s'inquiéter", a déclaré Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne pour la santé, lors d'un point presse jeudi après-midi.
"Le risque pour le public en Europe, le risque pour les Européens, est faible. La santé des citoyens européens est notre priorité absolue, et cela s’applique évidemment dans ce cas."
Les efforts de coordination impliquent également le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui a dépêché un expert sur le navire, ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a précisé la porte-parole.
Par ailleurs, l'Espagne a activé le mécanisme de protection civile de l'Union européenne, permettant de mobiliser une assistance entre États membres en cas d’urgence.
"Nous évaluons les modalités et les besoins de l’Espagne, et nous discutons du type d’assistance qui pourrait être fourni", a ajouté Eva Hrncirova.
Selon les données de la compagnie Oceanwide Expeditions, qui exploite le MV Hondius, le navire transportait initialement 149 personnes – 88 passagers et 61 membres d’équipage – lors de son départ d'Argentine le 1er avril.
Des ressortissants de l'Espagne, de la France, de l'Allemagne, de la Grèce, des Pays-Bas, de la Belgique, de l'Irlande, de la Pologne et du Portugal se trouvent à bord.
À ce stade, l'OMS fait état de huit cas de hantavirus signalés, dont cinq confirmés. Trois personnes sont décédées.
Une trentaine de passagers ont débarqué à Sainte-Hélène, où le navire a fait escale avant de reprendre sa route vers le Cap-Vert. Des recherches sont en cours pour les localiser.
Le MV Hondius fait désormais route vers les îles Canaries. Contrairement à ce qui avait été annoncé, le navire n’accostera pas aux Canaries, mais mouillera au large de l’île espagnole de Tenerife avant l’évacuation des 147 passagers et des membres d’équipages, ont indiqué les autorités locales.
Le hantavirus désigne un groupe de virus transmis par les rongeurs, qui se contaminent principalement chez l'homme par l'inhalation de particules en suspension issues d'excréments séchés de rongeurs.
Selon l'OMS, les transmissions interhumaines du hantavirus sont "inhabituelles" et la situation actuelle ne peut être comparée ni au Covid-19 ni même à la grippe.