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L'OMS affirme que le hantavirus "n'est pas le prochain Covid" après des décès à bord d'un bateau de croisière

Le navire de croisière MV Hondius est ancré dans le port de Praia, au Cap-Vert, mercredi 6 mai 2026.
Le navire de croisière MV Hondius est ancré dans le port de Praia, au Cap-Vert, mercredi 6 mai 2026. Tous droits réservés  Credit: AP Photo
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Par Theo Farrant & Nathan Joubioux & AP
Publié le Mis à jour
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Cinq Français sont toujours à bord du navire et leur rapatriement est en préparation, indique le ministère de la Santé. Huit autres Français, cas contacts, ont été identifiés : l'un d'entre eux a été placé en isolement après l'apparition de symptômes bénins.

L'inquiétude grandit autour de la croisière frappée par un foyer de hantavirus, qui a déjà fait trois morts ces derniers jours.

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Ce jeudi 7 mai, un deuxième patient provenant du navire a été déclaré positif à cette maladie zoonotique, a signalé l'hôpital néerlandais dans lequel il a été admis. Plus tôt dans la journée, un autre hôpital du pays a indiqué qu'un patient en provenant du MV Hondius avait également contracté le virus.

Cependant, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tenté de rassurer en affirmant qu'il ne s'agit pas du début d'une épidémie ni d’une pandémie. L'OMS a également précisé que cet épisode devrait resté limité "si les mesures de santé publiques sont appliquées et si tous les pays font preuve de solidarité", a assuré Abdirahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences sanitaires de l'organisation.

Lors de cette même conférence de presse, Maria Van Kerkhove, épidémiologiste à l'OMS, a tenu à distinguer clairement cette situation des débuts de la pandémie de Covid-19. "Je tiens à être sans équivoque. Il ne s’agit pas du SARS-CoV-2. Ce n’est pas le début d’une pandémie de Covid. Il s’agit d’une épidémie sur un navire", a-t-elle déclaré. Elle a précisé que l'hantavirus ne se transmet pas comme les coronavirus, mais principalement par "contact étroit et intime". Les mesures mises en place à bord visent selon elle à prévenir toute propagation.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS a, de son côté, averti que d'autres infections pourraient encore apparaître, le virus pouvant présenter une période d'incubation allant jusqu'à six semaines. Il a précisé que l'Argentine avait envoyé 2 500 kits de dépistages vers les laboratoires de cinq pays.

Les autorités européennes ont également cherché à rassurer, estimant que le risque pour la population restait faible. "D’après les éléments dont nous disposons actuellement, le risque pour le public en Europe est faible", a déclaré Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, le navire n’accostera pas aux Canaries, mais mouillera au large de l’île espagnole avant l’évacuation des 147 passagers et des membres d’équipages, ont indiqué les autorités locales. Après leur évacuation, les passagers seront transférés vers l'aéroport de Tenerife Sud. "En aucun cas les passagers ne quitteront le navire, tant que les avions ne seront pas à l’aéroport", ont-ils ajouté.

30 passagers débarqués après un premier décès

Ce jeudi, le croisiériste a confirmé que trente personnes, dont le corps du premier passager décédé, avaient débarqués lors d'une escale à Saint-Hélène, le 24 avril dernier.

L'OMS a, de son côté, informé les douze pays dont les ressortissants sont descendus sur cette petite île britannique. "Ces douze pays sont le Canada, le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Saint-Kitts-et-Nevis, Singapour, la Suède, la Suisse, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis", a indiqué l'organisation.

Parmi eux figurait l'épouse d’un passager néerlandais de 70 ans, décédé à bord après être tombé malade durant le voyage. Elle a ensuite pris un vol commercial vers l'Afrique du Sud, où elle s'est effondrée avant de décéder à l'hôpital.

Les autorités néerlandaises n'ont pas précisé où se trouvent actuellement les passagers ayant quitté le navire.

Que s'est-il passé à bord du MV Hondius ?

Trois passagers sont morts et au moins huit autres ont été contaminés par le hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, actuellement au large du Cap-Vert avec près de 150 personnes à bord.

Le navire avait quitté l'Argentine le 1er avril pour une croisière dans l'Atlantique, avec des escales prévues en Antarctique, aux îles Malouines et dans d'autres destinations. Son itinéraire a toutefois été modifié en raison de l’apparition de l'épidémie.

Maria Van Kerkhove a précisé que les autorités enquêtaient sur une possible transmission interhumaine, un phénomène jugé extrêmement rare, et estiment que la première personne infectée aurait probablement contracté le virus avant d'embarquer. Elle a également indiqué qu’aucun rat n’avait été détecté à bord du navire.

Un cas lié à cette épidémie a par ailleurs été confirmé en Suisse, tandis que les autorités sanitaires d’Afrique du Sud et de Suisse ont identifié une souche pouvant, dans de très rares cas, se transmettre entre humains.

Les Français vont "bien"

Cinq Français sont toujours à bord du MV Hondius. "Pas de panique", a écrit un couple originaire d'Indre-et-Loire, dans un communiqué. "Tout va bien pour nous, comme pour les trois autres Français et, en fait, tous les touristes comme le personnel de ce navire pris dans une aventure improbable."

Les ministère de la Santé française assure suivre la situation étroitement, "en lien avec l'OMS, les autorités européennes et le ministère de l'Europe et des affaires étrangères", a-t-il indiqué dans un communiqué, précisant que le rapatriement des cinq Français toujours à bord est en préparation.

Selon le même communiqué, le ministère précise que huit Français qui n'étaient pas à bord du navire "ont été identifiés comme personnes contactes d'un cas confirmé après sa sortie du navire". Suite à "l'apparition de symptômes bénins chez l’une de ces personnes, des tests diagnostiques sont en cours et des mesures d’isolement ont été appliquées", assure le ministère.

Les sept autres personnes ont été contactées et "se sont vu proposer des mesures temporaires d’isolement et d’accès au dépistage", est-il précisé.

45 jours d'isolement pour les passagers espagnols

Les quatorze Espagnols présents à bord du navire de croisière MV Hondius seront transférés à Tenerife avant d'être acheminés vers Madrid, ont indiqué les autorités sanitaires espagnoles.

Ils devront observer jusqu'à 45 jours de quarantaine dans l'unité d'isolement la plus avancée du pays, située à l’hôpital central de la défense Gómez Ulla, à Madrid.

Cette unité d'isolement de haut niveau (UAAN) est une installation spécialisée mise en place après l'épidémie d'Ebola de 2014 et déjà utilisée lors des évacuations liées au Covid-19 à Wuhan.

Qu'est-ce qu'un hantavirus ?

Les hantavirus désignent un groupe de virus transmis par les rongeurs. La contamination humaine survient principalement par l'inhalation de particules en suspension dans l'air issues d'excréments, d'urine ou de salive de rongeurs séchés.

Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les hantavirus peuvent provoquer deux maladies graves.

La première est le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui touche les poumons et peut entraîner une insuffisance respiratoire sévère. La seconde est la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui affecte les reins et peut entraîner des complications potentiellement graves.

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