Selon le New York Times, Israël et les États-Unis auraient voulu remettre au pouvoir en Iran Mahmoud Ahmadinejad, ex-président notoirement antisémite, après un changement de régime.
Le soupçon selon lequel l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad aurait pu participer à une opération des services de renseignement lorsqu’il a effectué deux visites en Hongrie, en 2024 puis en 2025, semble se confirmer – écrit sur sa page Facebook Szabolcs Panyi (source en hongrois), journaliste d’investigation, en se référant à un article du New York Times (source en hongrois).
Euronews avait révélé en premier qu’en 2024, Ahmadinejad devait tenir une conférence à l’Université nationale de l’administration publique, intitulée « Valeurs communes dans un environnement global ». Comme le souligne l’article du New York Times, le Premier ministre hongrois de l’époque, Viktor Orbán, entretenait des liens étroits avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, et Ahmadinejad a donné une conférence dans une « université liée à M. Orbán ».
Un an plus tard, en 2025, Ahmadinejad a de nouveau participé à Budapest à la conférence intitulée « Durabilité dans un monde en mutation ». Comme l’écrit Panyi, à partir du nouvel article du New York Times, « on peut en déduire de quoi il était en réalité question ».
Selon l’article, qui s’appuie sur des informations de responsables américains, Israël et les États-Unis avaient envisagé, après un changement de régime en Iran, de réinstaller Ahmadinejad à la tête du pays. L’ancien président iranien a pris part au projet, coopérant ainsi avec les Israéliens et les Américains, considérés jusque-là comme des ennemis jurés.
Initialement, Ahmadinejad avait donc été pressenti pour prendre le pouvoir après que les frappes aériennes américano-israéliennes, menées entre fin février et début mars de cette année, ont tué l’ensemble de la direction iranienne.
D’après l’article, il s’agit d’un choix particulièrement surprenant, car durant sa présidence, entre 2005 et 2013, Ahmadinejad était connu pour sa rhétorique et ses politiques incitant à la haine: il niait l’Holocauste, affirmait qu’il n’y avait pas d’homosexuels en Iran et promettait la disparition d’Israël.
Après sa présidence, Ahmadinejad est devenu un critique du régime et de ses dirigeants, qu’il accusait de corruption, ce qui a conduit à sa mise à l’écart politique: le Conseil des gardiens l’a exclu de la course à la présidence en 2017, 2021 et 2024.
Par la suite, la liberté de mouvement de l’ancien président en Iran a été de plus en plus restreinte, jusqu’à ce qu’il se retrouve pratiquement en résidence surveillée. Malgré son isolement politique, il est resté populaire et disposait de connaissances approfondies sur le fonctionnement interne de l’État. C’est sans doute la raison pour laquelle les Israéliens et les Américains l’avaient choisi comme potentiel dirigeant en cas de changement de régime.
L’une des frappes aériennes israéliennes contre l’Iran qui visait à détruire la guérite des gardiens révolutionnaires chargés de surveiller le domicile de l’ancien président a touché la maison d’Ahmadinejad, et l’ancien président aurait été blessé lors de cette attaque.
Ahmadinejad a depuis disparu; on ignore où il se trouve et dans quel état il est.