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Merz propose une « adhésion associée » de l’Ukraine à l’UE avec assistance mutuelle

Friedrich Merz et Volodymyr Zelenskyy.
Friedrich Merz et Volodymyr Zelensky. Tous droits réservés  Associated Press.
Tous droits réservés Associated Press.
Par Jorge Liboreiro
Publié le
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L’« adhésion associative » envisagée par Friedrich Merz permettrait à l’Ukraine de demander l’aide des autres pays de l’UE en cas d’attaque russe. Selon Merz, cela instaurerait une « garantie de sécurité substantielle ».

L’Ukraine devrait devenir « membre associé » de l’Union européenne avant d’en devenir un État membre à part entière, a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz dans une proposition visant à mettre fin à deux années d’impasse sur la candidature du pays à rejoindre le bloc.

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« Il est évident que nous ne serons pas en mesure de mener à bien le processus d’adhésion dans un avenir proche, compte tenu des innombrables obstacles ainsi que des complexités politiques des processus de ratification dans les différents États membres », écrit Merz dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE et consultée par Euronews.

« Il est désormais temps de faire avancer avec audace l’intégration de l’Ukraine à l’UE grâce à des solutions innovantes constituant des étapes immédiates. »

Ce statut de « membre associé », fait valoir Merz dans le document, donnerait à l’Ukraine accès aux instances de décision – le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen – sans droit de vote ni portefeuille dédié. Il lui permettrait aussi de participer, de manière « progressive », à certains programmes financés par l’UE.

Surtout, il permettrait à Kyiv de demander l’aide des autres États membres en cas de nouvelle attaque russe. Cela se ferait sur le fondement de l’article 42, paragraphe 7, des traités de l’UE, que Bruxelles tente actuellement de préciser, afin de créer une « garantie de sécurité substantielle ».

Cette disposition méconnue laisse aux pays une marge de manœuvre considérable pour déterminer le type d’assistance qu’ils apportent, allant du soutien militaire et économique à l’aide médicale et diplomatique. Elle est parfois comparée à l’article 5 de l’OTAN, bien que la formulation soit différente.

Un « mécanisme de retour en arrière » serait introduit pour geler l’« adhésion associée » si Kyiv revenait sur les droits fondamentaux, l’État de droit ou les réformes structurelles, précise Merz.

« Nous offririons dès à présent à l’Ukraine un équivalent substantiel à l’adhésion, bien supérieur à ce que nous pourrions lui apporter à moyen terme à travers notre méthodologie d’adhésion, notamment en raison du processus de ratification », écrit le chancelier.

« Nous poursuivrions en parallèle la procédure d’adhésion classique afin de parvenir aussi rapidement que possible à une adhésion formelle. »

« Un signal politique fort »

La lettre constitue la présentation formelle d’une idée que Merz avait évoquée lors d’un sommet informel des dirigeants de l’UE à Chypre le mois dernier, où le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réitéré sa demande d’adhésion accélérée et rejeté toute proposition d’adhésion « symbolique », estimant que son peuple ne meurt pas symboliquement.

« Nous voulons la même pleine adhésion que celle de tous les pays de l’UE, de Chypre à la Pologne. La seule chose que nous demandons, c’est d’accélérer cette pleine adhésion, avec une date de début claire », a-t-il déclaré lors de cette réunion informelle.

L’insistance de Zelensky a été accueillie avec des réserves marquées et des mises en garde appuyées de la part d’autres dirigeants, qui ont souligné que le processus devait à tout moment rester fondé sur le mérite.

Merz reconnaît que sa proposition de « membre associé », qui n’a aucun précédent, devrait soulever « un certain nombre de questions sur sa faisabilité politique, technique et juridique », mais estime qu’elles peuvent être résolues si les dirigeants acceptent « d’adopter une approche constructive à l’égard de ce statut spécial », conçu pour tenir compte du fait que le pays est toujours en guerre.

« Ce sera un signal politique fort dont l’Ukraine et ses citoyens ont un besoin urgent dans leur combat constant contre l’agression russe », affirme le chancelier.

« Cela contribuera à faciliter les pourparlers de paix en cours en vue d’une solution négociée. C’est essentiel non seulement pour la sécurité de l’Ukraine, mais aussi pour celle de tout le continent. »

Merz conclut sa lettre en rassurant les dirigeants sur le fait que sa proposition « ne doit pas et ne va pas » faire dérailler les processus d’adhésion des autres candidats, comme la Moldavie, liée de façon informelle à l’Ukraine, et les Balkans occidentaux. Eux aussi devraient bénéficier d’un « accès privilégié » au marché unique et de « liens plus étroits » avec les institutions de Bruxelles, estime-t-il.

L’Autriche, la Tchéquie, l’Italie, la Slovaquie et la Slovénie ont diffusé leur propre proposition, également consultée par Euronews, pour une intégration sectorielle de l’ensemble des pays candidats.

« Mon objectif serait de parvenir rapidement à un accord et de mettre en place un groupe de travail dédié pour en régler les détails », écrit Merz en conclusion. « Je suis convaincu que nous trouverons une voie commune pour l’Ukraine comme pour les autres candidats ! »

L’initiative de Merz coïncide avec le départ du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, principal opposant à l’adhésion de l’Ukraine.

Son successeur, Péter Magyar, s’est dit prêt à lever le veto et à permettre à Kyiv d’ouvrir le premier cluster de négociations, dit des « fondamentaux ». Mais Magyar souhaite que cette étape n’intervienne qu’après une rencontre avec Zelensky pour discuter de la question de la minorité hongroise en Ukraine, qu’Orbán avait exploitée par le passé.

Budapest et Kyiv ont lancé cette semaine des consultations formelles sur ce sujet.

Si des progrès suffisants sont réalisés, l’Ukraine pourrait ouvrir le premier cluster d’ici la réunion des 27 dirigeants à Bruxelles les 18 et 19 juin. Les cinq autres clusters pourraient ensuite être ouverts au cours du reste de l’année 2026.

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