La zone revendiquée par Téhéran dans le détroit d'Ormuz couvre des eaux que les Émirats arabes unis et Oman considèrent comme leur propre territoire souverain.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi que Téhéran percevait des frais pour des "services de navigation" auprès des navires transitant par le stratégique détroit d’Ormuz, mais sans imposer de péage.
"Les services qui sont fournis – les services de navigation, en plus des mesures nécessaires pour protéger l’environnement du détroit d’Ormuz, du golfe Persique et de la mer d’Oman – nécessitent la perception de certains frais", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’un point de presse hebdomadaire.
Il a ajouté que l’Iran ne cherchait "pas à percevoir de péages".
Différend territorial
La semaine dernière, l’Iran a publié une carte revendiquant un contrôle réglementaire sur une portion du détroit d’Ormuz située dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis et d’Oman, poussant cinq États du Golfe à exhorter, via l’Organisation maritime internationale (OMI), les compagnies maritimes à ne pas se conformer à cette mesure.
Dans un message publié sur X, l'Autorité iranienne du détroit du golfe Persique (PGSA) a défini la zone dont elle revendique la gestion comme s’étendant de Kuh-e Mobarak, en Iran, jusqu’au sud de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, à l’entrée orientale du détroit, et de l’extrémité de l’île de Qeshm, en Iran, jusqu’à Oumm al-Quwaïn, aux Émirats arabes unis, à son entrée occidentale.
Cette zone couvre des eaux que les Émirats arabes unis et Oman considèrent comme leur propre territoire souverain. Selon Téhéran, tous les navires transitant par la zone définie doivent cependant obtenir une autorisation préalable de la PGSA.
Bahreïn, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont adressé une lettre conjointe à l’OMI, mettant en garde les navires commerciaux et marchands contre toute interaction avec la PGSA ou tout transit par la voie maritime en suivant l’itinéraire défini par l’Iran. Cette lettre a été diffusée par l’OMI.
Flambée des prix du pétrole
Les États-Unis et l’Iran sont engagés dans un bras de fer autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite, en temps de paix, un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
L’Iran a de facto fermé cette voie maritime cruciale dans les premiers jours de la guerre et, à la mi-avril, les États-Unis ont répliqué en imposant leur propre blocus des ports iraniens.
Cette fermeture met sous pression l’administration Trump, alors que les prix du pétrole et de l’essence se sont envolés à l’approche d’élections de mi-mandat cruciales. La crise pèse également sur les alliés des États-Unis dans le Golfe, qui utilisent cette voie pour exporter leur pétrole et leur gaz vers le reste du monde.
Jeudi dernier, la Commission européenne a abaissé sa prévision de croissance pour l’économie européenne en 2026, la poursuite du conflit au Moyen-Orient faisant fortement grimper les prix de l’énergie.
L’économie de l’UE ne devrait plus croître que de 1,1 % en 2026, contre 1,4 % dans les prévisions d’automne de la Commission. Les perspectives pour la zone euro ont encore été revues à la baisse, à 0,9 %.
Dans son rapport, la Commission a averti que les perturbations sur les marchés mondiaux de l’énergie, dues à l’escalade des tensions autour du détroit d’Ormuz, ont nettement assombri les perspectives économiques de l’Europe.