Neymar a fait des débuts dans la compétition avec le Brésil après des doutes liés à ses blessures et à des prestations en demi-teinte.
La troisième journée de la phase de groupes du Mondial a débuté mercredi soir et s'est poursuivie jusque tard dans la nuit de jeudi, avec un rythme plus soutenu que lors des deux premières semaines, puisque trois groupes – soit 12 équipes – disputaient leurs derniers matches alors que la FIFA s'empresse d'en finir avec ce premier tour pour lancer la phase à élimination directe.
Pour de nombreuses équipes, la fin de la phase de groupes est un soulagement : les deux premiers de chacun des 12 groupes se qualifient directement pour les matches à élimination directe. Mais pour beaucoup d'autres, c'est là que l'angoisse commence.
Avec le format élargi de cette Coupe du monde, qui réunit 48 équipes pendant six semaines de compétition, non seulement les deux premières places de chaque groupe ouvrent les portes des 32es de finale, mais huit des meilleurs troisièmes sont également repêchés.
Voici le récapitulatif des six rencontres disputées dans la nuit de mercredi à jeudi :
Suisse - Canada
Suisses et Canadiens ont été les premiers à entrer en lice mercredi soir pour un choc au sommet, abordé à égalité avec quatre points chacun et avec l'ambition de décrocher une victoire décisive pour terminer en tête de leur groupe.
Les deux équipes se sont rendues coup pour coup en première période, multipliant les actions dangereuses, mais la rencontre est restée bloquée à 0-0 à la pause, avec très peu de choses pour les départager dans ce groupe B.
La Suisse a monopolisé davantage le ballon et réussi plus de passes que ses co-organisateurs canadiens, pourtant à domicile à Vancouver, mais le Canada s'est procuré plus de tirs cadrés sans parvenir à trouver le chemin des filets.
C'est toutefois dès la première minute de la seconde période que Ruben Vargas a débloqué la situation pour la Nati.
Sur un centre de l'attaquant Johan Manzambi dans la surface, Vargas, oublié au marquage et disposant de beaucoup d'espace, a eu le temps de contrôler avant d'armer une frappe dans le petit filet gauche, le ballon heurtant le poteau avant de franchir la ligne.
Peu après, à la 57e minute, l'attaquant suisse Breel Embolo s'est retrouvé seul face au but après une grosse erreur de la défense canadienne, incapable de dégager un ballon traînant. Dans un geste altruiste, Embolo a pourtant préféré contrôler puis se retourner pour servir, sur sa droite, son coéquipier Manzambi, démarqué.
Manzambi ne s'est pas fait prier et a déclenché une frappe qui a fini par tromper le gardien Maxime Crépeau, portant le score à 2-0.
Le Canada, auteur jusqu'ici de prestations convaincantes, notamment avec son large succès 6-0 contre le Qatar la semaine dernière, a rapidement réagi : l'attaquant Promise David a réduit l'écart à la 76e minute en profitant d'une superbe passe décisive de Nathan Saliba.
Saliba a parfaitement contrôlé un ballon lobé par-dessus la défense suisse avant de le glisser à David, qui a conclu calmement d'un tir précis.
La Suisse a ensuite tenu bon pour préserver ce court avantage face aux Canadiens. Elle termine la phase de groupes avec sept points, tandis que le Canada et la Bosnie totalisent chacun quatre points, le Canada s'adjugeant la deuxième place grâce à une meilleure différence de buts.
Bosnie - Qatar
La deuxième rencontre du groupe B opposait le Qatar à la Bosnie, chacune jouant sa survie dans ce Mondial en espérant décrocher trois derniers points pour atteindre le total de quatre et, peut-être, se qualifier pour le tour suivant en tant que meilleur troisième.
La Bosnie s'est nettement imposée 3-1, dominant les débats de bout en bout.
Le milieu Kerim Alajbegović a ouvert le score à la 29e minute. Au terme d'une action en solitaire, il a traversé le terrain de l'aile gauche jusqu'à la droite avant de déclencher, bien en dehors de la surface, une frappe en lucarne droite qui a laissé le gardien qatari Mahmud Abunada sans réaction.
Quelques minutes plus tard, un but contre son camp du défenseur qatari Sultan Al-Brake a semblé sceller très tôt le sort des derniers pays hôtes du Mondial, en 2022.
Mais un Qatar combatif a répliqué à la 42e minute, lorsque l'avant-centre Hassan Al-Haydos a conclu à bout portant, profitant d'une grosse bévue de la défense bosnienne qui a perdu un ballon dangereux dans sa propre surface au profit de l'attaquant Edmilson Junior.
Après la pause, le match a repris sur un rythme beaucoup plus lent, la Bosnie cherchant surtout à préserver son avance d'un but. Les Européens ont toutefois ajouté un troisième but pour se mettre définitivement à l'abri, lorsque le jeune Ermin Mahmić, 21 ans, a poussé au fond un ballon confus qui traînait dans la surface qatarie, offrant peut-être une nouvelle chance à sa sélection.
Maroc - Haïti
Entrés en jeu, Soufiane Rahimi et Gessime Yassine ont permis au Maroc de renverser Haïti pour s'imposer 4-2 mercredi, réduisant à néant l'espoir de la sélection caribéenne de décrocher le premier point de son histoire en Coupe du monde.
Le Maroc, devenu il y a quatre ans au Qatar la première nation africaine à atteindre les demi-finales du Mondial, a dû s'y reprendre à deux fois pour revenir au score face à une équipe qui retrouvait la plus grande scène du football 52 ans après sa dernière participation.
Un tir de Rahimi dévié à la 78e minute a donné l'avantage 3-2 au Maroc, avant que Yassine ne scelle tout suspense en inscrivant le quatrième but à la 89e.
Le Maroc termine deuxième du groupe C, derrière le Brésil, et se qualifie pour les 32es de finale où il affrontera à Monterrey le deuxième du groupe F – les Pays-Bas, le Japon ou la Suède.
"Par moments, nous avons manqué d'humilité et nous l'avons payé", a reconnu le milieu marocain Bilal El Khannouss. "Nous n'étions pas pleinement engagés dans les duels, nous leur avons donné de la confiance et permis d'entrer dans leur match et de marquer deux fois. À la mi-temps, le sélectionneur nous a dit qu'il fallait être plus agressifs, gagner les deuxièmes ballons et mettre davantage d'intensité dans notre jeu offensif. "
Vainqueur sur tapis vert de la dernière Coupe d'Afrique des nations, le Maroc ambitionne de réaliser un nouveau parcours marquant après avoir écrit l'histoire lors du précédent Mondial. Mais la sélection a eu chaud face à Haïti, qui a créé la surprise en ouvrant le score dès la 10e minute, un but attendu depuis plus de cinquante ans.
La star du PSG Achraf Hakimi a égalisé à la 39e minute. Trois minutes plus tard seulement, le Maroc a de nouveau cédé, offrant à Haïti un avantage de 2-1. La sélection nord-africaine a toutefois réagi immédiatement en marquant dans la première minute du temps additionnel de la première période, revenant ainsi à 2-2 juste avant la pause.
Le Maroc est désormais officiellement qualifié pour la phase à élimination directe après un parcours à sept points, à égalité avec le Brési, tenu en échec lors de la première journée, mais devancé à la différence de buts.
Brésil - Écosse
Le Brésil a disputé son dernier match de poule dans la nuit de mercredi à jeudi, face à l'Écosse, avec l'objectif de conserver la première place du groupe C après un nul d'entrée contre le Maroc puis une victoire face à Haïti.
La star du Real Madrid Vinícius Jr a rapidement ouvert le score pour la Seleção, profitant d'un pressing intense de son coéquipier Rayan qui a provoqué une erreur défensive et laissé traîner un ballon dangereux dans la surface écossaise. Après un dribble somptueux autour du gardien Angus Gunn, le Brésilien s'est retrouvé face au but vide et a conclu pour donner l'avantage 1-0 à la 7e minute.
Vinícius a ensuite poursuivi son festival en première période : grâce à son pressing, il a intercepté un ballon à l'entrée de la surface avant de le glisser avec élégance dans le petit filet gauche. Mais son doublé a été refusé par l'arbitre, après l'intervention de la VAR pour une faute commise au départ de l'action.
Imperturbable, Vini Jr a tout de même trouvé la faille une nouvelle fois dans le temps additionnel de la première mi-temps, coupant de la tête un centre pour porter son total à quatre buts depuis le début du tournoi. Il rejoint ainsi son coéquipier de club Kylian Mbappé et l'attaquant vedette de Manchester City Erling Haaland, et ne compte plus qu'une unité de retard sur Lionel Messi dans la course au Soulier d'or.
En seconde période, le Brésil a continué de dominer, installant son bloc très haut dans le camp écossais et multipliant les incursions dans le dernier tiers adverse à la recherche de nouveaux buts pour rester en tête du groupe C à la différence de buts.
Les efforts des Sud-Américains ont été récompensés à l'heure de jeu, lorsque le Mancunien Matheus Cunha a poussé au fond un ballon offert sur un plateau dans la surface après un superbe numéro de Bruno Guimarães.
Le chouchou du public Neymar Junior a lui aussi effectué ses débuts dans ce Mondial 2026, alors que l'on doutait encore récemment de sa participation, ses performances en berne et ses blessures à répétition l'ayant tenu à l'écart de la liste initiale.
Neymar est entré en jeu à la 76e minute face à l'Écosse, alors que son équipe menait 3-0 et filait tranquillement vers la qualification pour la phase à élimination directe qui débutera la semaine prochaine.
Sa présence n'avait toutefois rien de surprenant : le staff brésilien avait annoncé en début de semaine qu'il serait apte, ouvrant la voie à ce retour après deux matches manqués en raison d'une blessure au mollet droit.
Il s'agissait en revanche de sa première apparition en sélection depuis 2023.
« Je suis très heureux de reporter le maillot de la sélection après trois ans, a-t-il confié aux médias brésiliens, après une accolade émouvante avec sa famille à sa sortie du terrain. Physiquement, je me sens bien. Évidemment, c'était difficile d'être sur la touche pendant tous ces jours. »
Neymar n'a pas débuté la rencontre, et tout laisse penser que c'était bien le plan de Carlo Ancelotti, le sélectionneur brésilien, qui avait laissé entendre plus tôt dans la semaine qu'il l'utiliserait d'abord comme remplaçant.
« C'est un moment très important pour nous tous », a réagi Vinícius Júnior, auteur d'un doublé, en portugais.
« Notre idole est de retour, c'est quelqu'un qui s'est toujours battu et a tout fait pour être là, malgré sa blessure. J'espère qu'il va continuer à monter en puissance et à progresser pour nous aider tout au long de la compétition. C'est ça qui compte le plus. »
Afrique du Sud - Corée du Sud
L'Afrique du Sud s'est qualifiée pour les 16es de finale de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire grâce à une victoire 1-0 contre la Corée du Sud jeudi matin, lors du premier match du groupe A, le dernier à entrer en scène dans ce programme de mercredi-jeudi.
Thapelo Maseko a marqué à la 63e minute d'une reprise sur un centre millimétré de Tshepang Moremi, et l'Afrique du Sud a terminé deuxième du groupe A derrière le Mexique, auteur d'un sans-faute avec trois victoires en trois matches.
Les Bafana Bafana affronteront le Canada, deuxième du groupe B, en match à élimination directe dimanche à Inglewood, en Californie.
Maseko a tenté cinq tirs au total dans cette rencontre et est désormais le joueur sud-africain qui a le plus frappé au but dans le tournoi, avec huit tentatives.
Interrogé sur le message qu'il adresserait à l'enfant qu'il était, l'attaquant des Mamelodi Sundowns a répondu : « La seule chose que je lui dirais, c'est : “continue de rêver”. »
La Corée du Sud doit désormais patienter jusqu'à la fin de la phase de groupes pour savoir si ses trois points suffiront à lui offrir l'une des huit places réservées aux meilleurs troisièmes.
Mexique - République tchèque
Mateo Chávez et Julián Quiñones ont marqué à six minutes d'intervalle en début de seconde période, et le Mexique a dominé la République tchèque 3-0 mercredi, signant pour la première fois trois victoires en trois matches de phase de groupes en Coupe du monde.
Chávez, 22 ans et novice en Coupe du monde, a ouvert la marque à la 55e minute, avant que Quiñones n'inscrive son deuxième but du tournoi à la 61e. Álvaro Fidalgo a ajouté un troisième but dans le temps additionnel.
« C'était quelque chose de très beau, que j'emporterai avec moi jusqu'à la tombe, a déclaré Chávez à propos de son but. Je l'ai imaginé tant de fois, j'en ai rêvé. »
Jamais auparavant le Mexique n'avait fait mieux qu'un bilan de deux victoires et un nul en phase de groupes, en 1986 et en 2002, deux éditions marquées par la présence de Javier Aguirre, d'abord comme milieu de terrain puis comme sélectionneur d'El Tri. Aguirre est de retour cette année pour un troisième mandat à la tête de l'équipe nationale.
Après avoir terminé en tête du groupe A, le Mexique rejouera au stade Azteca mardi, en 16es de finale, face à un adversaire encore à déterminer.
«Place maintenant à la phase à élimination directe : statistiques et données n'ont plus d'importance. Nous réalisons de belles choses, mais c'est ce qui nous attend qui compte», a souligné le sélectionneur Javier Aguirre. « Ni les joueurs ni moi ne restons focalisés sur ce que nous venons d'accomplir, nous pensons déjà à la suite. »
Le Mexique est invaincu en neuf matches de Coupe du monde disputés dans l'enceinte mythique, qui a réuni 80 824 spectateurs mercredi.
El Tri ne s'y est incliné qu'à deux reprises, la dernière fois en éliminatoires du Mondial contre le Honduras, le 6 septembre 2013.