La finale de la Coupe du monde de football opposera dimanche l'Espagne à l'Argentine. Comment se sont-elles qualifiées, combien de finales ont-elles disputées et combien de fois se sont-elles affrontées aux précédents Mondiaux ?
La demi-finale de mercredi a scellé l’affiche de la finale de la Coupe du monde, où le tenant du titre, l’Argentine, affrontera l’Espagne. Ce duel en finale n’a rien de surprenant : avant même le Mondial, les deux sélections figuraient parmi les principaux favoris.
Le chemin vers la finale
Les deux équipes ont rejoint la finale par des voies bien différentes : l’Espagne y est parvenue sans véritable frayeur, n’ayant pas été menée au score une seule seconde en sept matches, tandis que l’Argentine a dû s’en sortir au terme de rencontres à suspense, parfois renversées en fin de match après avoir été menée.
Les Espagnols ont certes débuté par un nul surprenant contre le Cap-Vert (0-0), mais ont ensuite facilement dominé l’Arabie saoudite (4-0) puis l’Uruguay (1-0) lors des deux autres matches de poule, ce qui leur a permis de se hisser en tête de leur groupe et de rejoindre la phase à élimination directe.
Lors du match pour décrocher une place parmi les 16 meilleurs, ils ont ensuite aisément battu l’Autriche (3-0), puis en huitièmes, face au Portugal (1-0), et en quarts, contre la Belgique (2-1), c’est le joker Merino qui a fait la différence dans les dernières minutes.
En demi-finale, l’Espagne a tranquillement dominé une équipe de France jusque-là brillante (2-0) et s’apprête ainsi à disputer la deuxième finale de Coupe du monde de son histoire.
Les Espagnols n’ont concédé qu’un seul but depuis le début du tournoi – leur gardien, Unai Simón, a au passage battu le record de minutes disputées en Coupe du monde sans encaisser de but –, alors que les Argentins ont concédé un but par match, soit sept au total, et sont pourtant eux aussi au rendez-vous de la finale.
Lors de la phase de groupes, les Argentins n’ont rencontré aucune difficulté : ils ont battu l’Algérie 3-0, grâce à un triplé de Messi, puis l’Autriche 2-0, avec encore des buts de Messi, avant de s’imposer 3-1 contre la Jordanie. Ils ont eux aussi terminé en tête de leur groupe.
La suite, en revanche, a été beaucoup plus compliquée : la victoire contre le Cap-Vert a été étonnamment difficile à décrocher (3-2 après prolongation), mais ce n’était rien à côté de ce qui les attendait face à l’Égypte.
En huitièmes, l’Argentine s’est retrouvée au bord de l’élimination, avec deux buts de retard à la 79e minute. Elle a néanmoins réussi à renverser la situation dans le temps réglementaire (3-2). Après l’un des retournements de situation les plus incroyables de l’histoire du Mondial, une nouvelle prolongation riche en émotions attendait les Argentins face à une Suisse très solide (3-1), avant une demi-finale au scénario proche de celui du match contre l’Égypte. Contre l’Angleterre, l’Argentine a attendu la 85e minute pour égaliser, puis a de nouveau inscrit le but de la victoire dans le temps réglementaire (2-1).
Messi toujours au sommet
La sélection argentine est composée de joueurs de très haut niveau, mais un homme continue de se détacher nettement : Lionel Messi, 39 ans, qui dispute sa sixième Coupe du monde. Difficile de trouver quelque chose à écrire sur ce génie du football qui n’ait pas déjà été dit, alors contentons-nous des faits : avec 8 buts, Messi partage la tête du classement des buteurs avec le Français Kylian Mbappé (et, avec 21 buts, il est désormais le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde – un total qui peut encore évoluer après le match pour la troisième place et la finale), et il a en outre délivré quatre passes décisives.
Il est évident que ses partenaires jouent aussi pour lui, mais certainement pas à sa place. Messi assume pleinement son rôle de leader, et l’on sait qu’il est capable de produire le niveau le plus élevé dans les situations les plus difficiles, un niveau auquel quasiment personne d’autre ne parvient – ou alors sur des périodes bien plus courtes.
Si l’Argentine remporte la finale, il ne fait guère de doute que Messi sera désigné meilleur joueur du tournoi (et il est même possible que ce soit le cas en cas de défaite).
Un buteur sous-estimé
Chez les Argentins, Messi est donc le numéro un, mais la cohésion du collectif et la qualité de combinaison de ses partenaires n’ont rien à envier à celles de leurs adversaires en finale.
Côté espagnol, tout le monde est brillant mais, parce que chacun évolue à un niveau très élevé, personne ne se détache autant que Messi. Pas même leur meilleur buteur, Mikel Oyarzabal, crédité de 5 réalisations et que certains considèrent comme l’un des joueurs les plus sous-estimés du football international.
À 29 ans, l’avant-centre n’a jamais joué dans un club phare : il a effectué toute sa carrière au Real Sociedad, généralement classé en milieu de tableau dans le championnat espagnol (parfois un peu plus haut, parfois un peu plus bas).
C’est le premier grand tournoi international où il est titulaire indiscutable. Il a gagné sa place grâce à une moyenne de 0,5 but par match en sélection (il marque donc une fois toutes les deux rencontres, ce qui est remarquable au niveau international, d’autant qu’il a longtemps été utilisé comme remplaçant) et grâce à des buts aussi importants que celui inscrit en finale de l’Euro 2024, synonyme de titre de champion d’Europe pour l’Espagne (victoire 2-1 contre l’Angleterre).
Les finales de Coupe du monde disputées par les deux équipes
L’Espagne disputera sa deuxième finale mondiale, tandis que le tenant du titre, l’Argentine, atteint ce stade pour la septième fois. Historiquement, l’expérience des finales de Coupe du monde penche donc nettement en faveur des Argentins.
La seule finale déjà disputée par les Espagnols remonte à 2010, lors du Mondial en Afrique du Sud, et ils l’avaient remportée : au terme d’un match prolongé, ils s’étaient imposés 1-0 contre les Pays-Bas, grâce à un but d’Andrés Iniesta.
Le passé de l’Argentine en finale – y compris en matches avec prolongation – est bien plus riche : les Gauchos ont disputé la toute première finale de Coupe du monde en 1930, mais se sont inclinés 4-2 contre l’Uruguay. Ils ont décroché leur premier titre en 1978, lors du Mondial organisé à domicile, en battant les Pays-Bas 3-1.
Huit ans plus tard, en 1986, l’Argentine a remporté la finale du Mondial mexicain 3-2 contre la RFA, avant de s’incliner 1-0 face à cette même équipe en 1990. En 2014, l’affiche était identique (même si l’adversaire s’appelait officiellement l’Allemagne) et le résultat aussi : en finale, les Allemands ont gagné grâce à un but de Mario Götze en prolongation.
Après trois finales de Coupe du monde contre les Allemands, est arrivée il y a quatre ans une troisième finale avec prolongation pour les Argentins : ils ont fait match nul 3-3 contre la France (2-2 après le temps réglementaire), avant de conquérir le titre mondial aux tirs au but.
L’Argentine est ainsi triple championne du monde. En cas de nouveau sacre, elle deviendrait, après l’Italie (1934 et 1938) et le Brésil (1958 et 1962), la troisième équipe de l’histoire à conserver son titre mondial.
Leurs confrontations en Coupe du monde
Bien que les deux équipes soient depuis longtemps des poids lourds de la scène internationale, ce n’est que la deuxième fois qu’elles se rencontrent dans l’histoire de la Coupe du monde, qui a débuté en 1930.
Lors du Mondial 1966 en Angleterre, elles évoluaient dans le même groupe (où figurait également la future vice-championne, la RFA). L’Argentine avait remporté leur duel 2-1. L’Espagne avait ensuite terminé troisième de la poule et été éliminée, tandis que l’Argentine avait poursuivi son parcours avant de quitter le tournoi en quart de finale face à l’Angleterre.
La deuxième confrontation mondiale entre l’Espagne et l’Argentine, qui sera aussi la finale de la 23e Coupe du monde de football, se jouera dimanche à 21 heures, heure de Budapest, à East Rutherford, dans le stade rebaptisé New York New Jersey Stadium pour la durée du tournoi.