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Trois jours de chaos à Ceuta: une ville qui tremble encore

Des migrants retournent au Maroc depuis Ceuta, 2 août 2026
Des migrants retournent au Maroc depuis Ceuta, 2 août 2026 Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Jesús Maturana
Publié le Mis à jour
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Environ 73 500 migrants ont quitté Ceuta pour le Maroc, tandis que les forces de sécurité fouillent la ville quartier par quartier. Les États-Unis relèvent leur niveau d’alerte aux voyageurs et Melilla renforce la surveillance à sa frontière.

Les forces de sécurité de l'État espagnol estiment qu'environ 73 500 migrants ont quitté Ceuta pour le Maroc suite à l'afflux massif survenu jeudi dernier.

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Ce chiffre, citée par l'agence EFE, pourrait inclure des migrants arrivés dans la ville autonome les jours précédents cet afflux massif, voire d'autres personnes ayant effectué plusieurs allers-retours, selon certaines sources.

Les forces de sécurité ont passé la nuit à sillonner la ville, quartier par quartier, à la recherche des migrants qui ne sont pas encore retournés au Maroc. La plupart de ceux qui sont entrés jeudi dernier l'ont déjà fait, mais il reste des groupes dispersés qui tentent de passer inaperçus.

Vers la mi-journée, sur la place de la Constitution, un groupe de militaires escorte des dizaines de migrants marocains en direction de la plage de la Ribera. En chemin, certains tentent de s'échapper pour revenir vers le centre, où ils restent cachés dans l'espoir que la police ne les repère pas.

Leur destination finale, le long de la promenade maritime sous la garde des soldats, est la plage du Tarajal puis la frontière, le même point qu'ils avaient atteint à la nage il y a quelques jours. Les autorités y ont installé des barrières de retenue dans l'eau pour éviter de nouvelles arrivées.

Tout au long de la promenade maritime, une rangée de soldats balise le chemin. Sur la plage, cachés au pied du mur de pierre, de petits groupes de migrants tentent d'échapper au regard des militaires.

Le gouvernement affirme que la situation revient à la normale, que la crise "s'est presque inversée", selon les mots du ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. La réalité est pourtant bien différente, comme le constate sur place notre collègue Julián López, à Ceuta. Il reste encore des milliers de migrants dans la ville, comme l'a également montré sur son compte X le vice-secrétaire aux Finances du Parti populaire, Juan Bravo Baena, avec des images tournées la nuit dernière :

Le coût humain de la traversée

Derrière les chiffres, il y a des histoires. Beaucoup de ceux qui ont décidé de retourner volontairement au Maroc sont de jeunes hommes qui ont été témoins de la mort d'au moins 67 personnes en mer ces derniers jours. Cette expérience, plus que la pression policière, semble peser dans la décision de rentrer.

Ce flux continu de retours coexiste avec le déploiement de barrières en mer et un retour progressif à la normale dans différents quartiers de la ville. Le ministère de l'Intérieur actualise en permanence le nombre de retours, un chiffre qui continue de grimper au fil de la journée, tandis que les autorités locales s'efforcent de réorganiser les services de base d'une ville dont la population a été multipliée de façon spectaculaire en quelques jours.

La réponse des autorités et des États-Unis

À Melilla, une autre exclave africaine de l'Espagne, les forces et corps de sécurité de l'État ont ralenti le passage à la frontière terrestre après avoir détecté une tentative d'entrée irrégulière par la clôture. Cette mesure, adoptée temporairement dans la soirée selon des sources de la Délégation du gouvernement, a d'abord réduit à une puis à deux voies le passage des véhicules à Beni Enzar, qui depuis sa réouverture fonctionnait par groupes de vingt véhicules.

Le passage piéton a également été affecté et fonctionne désormais dans les deux sens, en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.

La crise a trouvé un écho au-delà de l'Espagne. Le département d'État des États-Unis a relevé au niveau 3 son avertissement de voyage spécifique pour Ceuta, tout en maintenant le niveau 2 pour l'ensemble du pays.

L'avis, qui recommande de reconsidérer tout déplacement vers la ville autonome, souligne que l'arrivée massive et incontrôlée de migrants en provenance du Maroc peut donner lieu à des situations de sécurité imprévisibles et dangereuses. Washington rappelle en outre que, face à l'ampleur des événements, l'Espagne a déployé l'armée, la Police nationale et la Garde civile.

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