La rhétorique entre les deux pays s’intensifie : lundi, Trump a enjoint les dirigeants canadiens de "rentrer dans le rang" sous peine de conséquences "bien PIRE" que les tarifs actuels.
Le président Donald Trump a déclaré mardi qu'il envisage de rebaptiser le lac Ontario "Lake America", alors que la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada s'intensifie.
Un tel changement ferait écho à la décision unilatérale prise l'an dernier par le président républicain, par décret, de rebaptiser le golfe du Mexique "Gulf of America".
Les États-Unis et le Canada sont engagés dans un bras de fer commercial, et le Canada doit annoncer lui aussi des mesures de représailles, une riposte aux droits de douane de 50 % décidés par l'administration Trump ce week-end sur 20 milliards de dollars (17 milliards d'euros) de produits canadiens, après l'échec des discussions entre les deux pays.
"Les États-Unis envisagent sérieusement de changer le nom du lac Ontario pour 'Lake America', puisque nous ne comptons plus faire beaucoup d'affaires avec l'Ontario", a écrit Trump dans un message sur les réseaux sociaux.
L'Ontario est la province la plus peuplée du Canada et abrite l'industrie automobile du pays.
La surenchère verbale entre les deux pays prend de l'ampleur, Trump ayant enjoint lundi les dirigeants canadiens à "rentrer dans le rang" sous peine de conséquences "bien PIRE" que les droits de douane déjà en place.
Le Premier ministre Mark Carney accuse Washington de vouloir placer le Canada en position subordonnée.
Trump a également brandi la menace de nouveaux droits de douane de 50 % sur les véhicules, les pièces détachées et l'acier canadiens dès 2027.
Le Canada et les États-Unis entretiennent l'une des relations commerciales les plus importantes au monde, avec des chaînes d'approvisionnement étroitement intégrées dans l'automobile, l'énergie, l'agriculture et l'industrie manufacturière, ce qui rend une confrontation prolongée potentiellement coûteuse pour les entreprises et les travailleurs des deux côtés de la frontière.
Entreprises et consommateurs se retrouvent pris en étau, dans l'incertitude quant à l'ampleur des hausses de prix à venir.
Michael Howard II, propriétaire d'une entreprise de meubles à Warren, dans le Michigan, en périphérie de Detroit, estime que ces droits de douane vont nuire à "notre capacité à mettre de la nourriture sur la table pour notre famille, mais aussi à notre capacité de redonner quelque chose à notre communauté".
Howard et son épouse ont lancé leur entreprise il y a dix ans. Ils fabriquent et vendent de tout, des tables de salle à manger aux bibliothèques.
"Dire que nous n'avons pas besoin du Canada, c'est tout simplement de la mauvaise foi", dit-il. "C'est malhonnête. Et ce n'est absolument pas vrai. Nous avons besoin de notre voisin, et eux aussi ont besoin de nous."
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, et trois autres membres du gouvernement doivent également préciser les mesures de soutien destinées aux travailleurs touchés par les droits de douane.
Carney a déclaré plus tôt lundi que le Canada pourrait devoir s'écarter d'une approche consistant à répliquer dollar pour dollar les droits de douane américains et privilégier plutôt des mesures de rétorsion plus ciblées, visant à protéger les travailleurs et les entreprises canadiennes.
"Une attitude à la table des négociations selon laquelle le Canada est une filiale des États-Unis", ce n'est "pas quelque chose que nous allons accepter", a déclaré Carney.
Carney s'est montré encore plus direct en français.
"Nous avons découvert au cours des négociations que les Américains veulent détruire nos grandes industries, notamment l'automobile, l'acier et l'aluminium", a déclaré Carney. "C'était l'une des principales raisons pour lesquelles nous avons dit non. C'était un mauvais accord."