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L'économie circulaire : une opportunité à 4500 milliards de dollars ?

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Par Guy Shone, Laila Humairah & Cyril Fourneris
Publié le
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La masse de déchets générées par les entreprises les incite à revoir leur stratégie en matière de durabilité et à se lancer dans l'économie circulaire, une démarche qui peut être rentable. De grands acteurs nous livrent leur point de vue.

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L'économie circulaire est devenu l'un des termes les plus utilisés dans le monde des entreprises. Elle fait référence à des pratiques commerciales qui s'appuient sur le recyclage, la réduction des déchets et la création d'emplois durables. Une étude citée par le Forum économique mondial indique que l'économie circulaire représente une opportunité de 4500 milliards de dollars d'ici à 2030.

Le Bureau international du Travail estime que la transition vers une économie circulaire pourrait créer six millions d'emplois dans le monde entier, les entreprises s'attelant à remplacer les méthodes traditionnelles qui consistent à gagner de l'argent en extrayant, fabriquant, utilisant et jetant. Et qui dit circularité dit aussi rentabilité. Selon le cabinet de conseil Accenture, les constructeurs automobiles qui adoptent une approche circulaire dans leur méthodes de production pourraient bénéficier d'une augmentation de 150% de leurs profits.  

Mais la réalité justifie-t-elle le buzz autour de ce concept ? Dans cette édition de The Exchange (à voir dans le video player ci-dessus), nous discutons avec des acteurs qui pensent que l'économie circulaire est un moyen de créer une croissance durable et de générer des bénéfices, notamment Nestlé, la plus grande entreprise de produits alimentaires et de boissons au monde, pour savoir comment elle mène sa transformation mondiale en la matière. En France, nous visitons la première usine automobile entièrement circulaire d'Europe selon Renault, le groupe qui l'a développée. Nous nous entretenons également avec le responsable du programme Conception de la Fondation Ellen MacArthur, une organisation caritative qui s'efforce d'accélérer la transition vers une économie circulaire.

Nestlé : la quête d'un emballage qui ne dégrade pas l'environnement

L'une des entreprises célèbres qui s'engagent en matière de durabilité, c'est Nestlé. Le fabricant de Nespresso, San Pellegrino et KitKat. Ce groupe fondé il y a 150 ans compte plus de 250 000 employés, des centaines d'usines et vend des produits dans 186 pays. Mais comment peut-il s'assurer que ses activités menées à une échelle aussi gigantesque ne nuisent pas à l'environnement ? 

L'une des principales responsables de la circularité chez Nestlé, Jodie Roussell, souligne les progrès réalisés par son groupe. "Notre objectif est qu'aucun de nos emballages ne devienne un déchet ou finisse en décharge," dit-elle. "En termes de réduction, nous cherchons à limiter notre utilisation de plastique vierge et nous sommes en passe de la faire baisser d'un tiers d'ici à 2025," précise-t-elle.

Facteur qui encourage cette évolution selon Jodie Roussell : les avancées actuelles au niveau réglementaire dans l'Union européenne. "Il existe de très bonnes démarches lancées à l'heure actuelle dans l'UE où un exercice d'harmonisation a débuté sur l'étiquetage et les poubelles, ainsi que sur la mise en place d'objectifs communs," estime-t-elle. "Ces exemples de législation nous font espérer pouvoir simplifier la participation des consommateurs et la mise en conformité des entreprises," affirme-t-elle.

Renault veut avoir une longueur d'avance dans la circularité

Autre entreprise qui s'attelle à faire de la circularité, sa principale stratégie commerciale : le géant français Renault. Onze millions de voitures arrivent en fin de vie chaque année en Europe et l'industrie automobile déverse chaque année dans les décharges, d'énormes quantités de déchets, de produits chimiques et de métaux toxiques. Or 85% des matériaux utilisés pour fabriquer les voitures peuvent être recyclés.

Au sein de son usine baptisée Refactory en banlieue parisienne, Renault veut inverser la tendance. Le groupe présente ses installations comme le premier site européen d'économie circulaire dédié à la mobilité. Renault a lancé le projet Refactory il y a deux ans et espère qu'il générera 200 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2025.

Une partie du projet consiste en un nouvel atelier capable de remettre en état 150 vieilles voitures par jour. De la mécanique à la peinture, en moins d'une semaine, les voitures font peau neuve. Elles sont photographiées et de nouveau mises en vente.

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Dans sa Refactory de région parisienne, Renault remet 150 voitures en état en répondant aux mêmes exigences de qualité que le neufEuronews

Dans un autre bâtiment, 200 techniciens sont capables de réusiner plus de 1600 pièces automobiles différentes. "Non seulement nous produisons des moteurs et des boîtes de vitesses répondant aux mêmes exigences de qualité que leurs équivalents neufs en utilisant des matériaux reconditionnés provenant de vieux moteurs," indique François Evrard, directeur du projet Refactory au sein du groupe Renault. "Mais en même temps," renchérit-il, "cela nous permet, par la réduction des coûts dans la chaîne de valeur, de fournir à nos clients, une alternative 30% moins chère qu'un modèle neuf."

Pour fédérer un écosystème autour de sa marque, le groupe vient de lancer un hub de start-up dédié à l'économie circulaire. "L'idée de Renault et des start-up, c'est de réunir leurs compétences," explique Nathalie Rey, directrice du hub de la Refactory. "Renault délivre ses connaissances en matière industrielle et d'économie circulaire et les start-up apportent leur agilité et la façon dont elles veulent innover," décrit-elle.

Fondation Ellen MacArthur : penser circulaire dès la conception

L'une des principales manières d'appliquer efficacement la circularité, c'est de le faire dès la conception.
La Fondation Ellen MacArthur est une organisation caritative basée à Londres qui s'engage à promouvoir et à développer l'économie circulaire.

Joe Iles est responsable du programme Conception au sein de cette fondation. Il affirme que la circularité doit figurer en première ligne de chaque projet. "Tout ce qui nous entoure est le fruit d'une démarche de conception : ce que nous mangeons à nos vêtements, en passant par les bâtiments dans lesquels nous vivons et travaillons ou encore les systèmes qui fournissent toutes ces choses comme la nourriture, l'énergie, les solutions de mobilité ou les médicaments," rappelle Joe Iles. "Dans cette phase de conception, que l'on en ait conscience ou non, on prend des décisions sur la manière dont ces choses fonctionnent," insiste-t-il.

"Il ne s'agit pas uniquement de traiter les symptômes d'une économie ou de systèmes défaillants, mais de concevoir intentionnellement des produits, services et systèmes qui soient circulaires et qui se régénèrent," assure-t-il avant de conclure : "Quand on travaille à concevoir une chose, la première question à se poser devrait être selon moi : ce nouveau produit ou service s'inscrit-il dans une économie circulaire ?"

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