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L'Ouzbékistan améliore son irrigation agricole face au défi climatique

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Par Galina Polonskaya
Publié le Mis à jour
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Dans le sud de l'Ouzbékistan, région pauvre en eau, un vaste projet d'infrastructure récent a permis d'améliorer l'irrigation agricole en limitant les déperditions, mais aussi de réduire la consommation d'électricité et d'accroître le rendement des cultures.

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L'Ouzbékistan modernise son système d'irrigation régional à destination du secteur agricole. Dans le sud du Karakalpakstan, l'irrigation des champs se fait désormais grâce à la déclivité du terrain, plutôt qu'à l'aide de pompes électriques. Ce grand projet d'infrastructure récent permet aussi de réduire considérablement les pertes en eau, une ressource majeure.

Un canal bétonné pour réduire les pertes en eau

Le canal de Bustan est la principale artère d'acheminement de l'eau, celle-ci arrivant par le Canal de la Rive droite, depuis le réservoir de Tuyamuyun, situé sur le territoire du Turkménistan voisin. Avant sa reconstruction, le lit de l'ouvrage était en terre et les infiltrations constituaient un problème majeur. "Il y a des dunes et du sable tout autour, 50% de l'eau allait directement dans le sol : c'est pour cela que nous avons décidé de bétonner le canal," nous précise Azat Serjanov, responsable du projet.

Le canal de Bustan est relié à un réseau de canaux secondaires dont la longueur totale atteint plus de 800 km. Ils ont tous été reconstruits dans le cadre de ce projet qui couvre trois régions et 100 000 hectares de terres agricoles.

"Nous avons connu une grave pénurie de ressources en eau. 35 000 hectares de terres irriguées en étaient privées," fait remarquer Shavkat Khamrayev, ministre ouzbek des ressources en eau, avant d'évoquer l'ampleur du projet. "Nous bétonnons les canaux, diminuons les pertes par infiltration, augmentons l'efficacité des systèmes d'irrigation, économisons environ 300 millions de mètres cubes d'eau en réduisant les fuites et réapprovisionnons ces terres agricoles en eau," décrit-il.

La fin des pompes électriques

Pour limiter les pertes d'eau, le fond et les berges du canal de Bustan, long de 70 km, ont été bétonnés. Le béton a été placé sur une géomembrane, un matériau spécial qui permet de minimiser les fuites.

"La géomembrane est fabriquée en polyéthylène haute densité, son épaisseur est de 1 mm, c'est une couche 100% imperméable," explique Bahodir Kulumbetov, ingénieur projet. "Elle est utilisée dans les travaux hydrauliques comme couche d'étanchéité sous les canaux, ce qui permet d'économiser de l'eau," souligne-t-il.

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Le béton a été placé sur une géomembrane, un revêtement étanche spécifiqueEuronews

Auparavant, des pompes électriques servaient à acheminer l'eau jusqu'aux champs. Aujourd'hui, le fond du canal de Bustan est surélevé et donc, plus haut que le niveau des canaux secondaires et des champs irrigués. Grâce à la déclivité, l'eau s'écoule d'elle-même. Cela permet à l'État et aux agriculteurs, d'économiser environ 3 millions de dollars d'électricité par an."Nous enlevons plus de 400 pompes agricoles, ainsi que 20 petites et 3 grandes stations de pompage, qui fonctionnaient aux frais de l'État," indique le ministre Shavkat Khamrayev. "Ainsi, nous réduisons nos émissions de CO2, de 36 000 m³," affirme-t-il.

De meilleurs rendements agricoles

Nous nous rendons dans un verger de la région d'Ellikalla, irriguée par l'un des canaux secondaires, pour voir comment on exploite la déclivité des sols. Muzafar Saparboyev n'a qu'à ouvrir une vanne pour alimenter ses parcelles en eau. 1600 vannes de ce type ont été installées sur les canaux secondaires du sud du Karakalpakstan.

L'agriculteur indique que sa ferme a économisé 6 000 euros d'électricité en un an et souligne les avantages du projet. "Le terrain de notre exploitation a été nivelé au laser dans le cadre du projet," précise-t-il. "Ce qui nous a permis d'accroître notre productivité et nos revenus," se félicite-t-il. "La vitesse d'écoulement de l'eau a beaucoup augmenté par rapport à l'an dernier," assure-t-il.

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Muzafar Saparboyev ouvre la vanne qui alimente les parcellesEuronews

Une plus grande sécurité d'emploi

Le nivellement des terres permet d'économiser l'eau qui sinon, serait gaspillée dans des champs au sol inégal et d'augmenter les rendements. Il s'agit de l'un des éléments du vaste Projet d'amélioration de la gestion des ressources en eau du Sud du Karakalpastan, qui vise à accroître la productivité et la durabilité de l'agriculture dans cette région pauvre en eau, à proximité de la mer d'Aral.

Le coût total du projet mis en œuvre par le gouvernement avec le soutien de la Banque mondiale est de 374 millions de dollars. "Le projet a apporté une sécurité d'emploi à plus de 38 000 personnes qui travaillent directement dans l'agriculture irriguée et dans le même temps, de nombreux emplois indirects sont créés," déclare Azad Abdulhamid, spécialiste principal de la gestion des ressources en eau pour l'Ouzbékistan à la Banque mondiale. "L'emploi, l'adaptation au climat, l'utilisation efficace de l'eau, tout cela est extrêmement important et s'inscrit dans la stratégie du gouvernement et de la Banque mondiale," dit-il.

Le gouvernement ouzbek entend appliquer cette gestion modernisée des ressources en eau à l'ensemble du pays, dans l'idée de rendre l'agriculture, l'un des principaux secteurs d'emploi de l'Ouzbékistan, plus verte et plus résistante aux aléas du changement climatique.

Journaliste • Galina Polonskaya

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