Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

La Chambre américaine vote l'abrogation des droits de douane de Trump contre le Canada

Le président de la Chambre, Mike Johnson, prend la parole lors d'une conférence de presse au Capitole, le 10 février 2026.
Le président de la Chambre, Mike Johnson, s’exprime lors d’une conférence de presse au Capitole, le 10 février 2026. Tous droits réservés  AP/Jose Luis Magana
Tous droits réservés AP/Jose Luis Magana
Par Euronews with AP
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

Six élus républicains se sont joints aux démocrates pour bloquer les droits de douane, approuvés par 219 voix contre 211. Trump devrait opposer son veto au texte.

La Chambre des représentants des États-Unis a voté mercredi pour annuler les droits de douane imposés au Canada par le président Donald Trump, un désaveu rare de l’agenda de la Maison-Blanche.

Six élus républicains se sont joints aux démocrates pour bloquer ces tarifs douaniers, portant le résultat final à 219 voix contre 211.

Ce vote marque l’un des premiers moments où la Chambre, pourtant contrôlée par les républicains, s’oppose au président sur une mesure phare, suscitant des récriminations immédiates de la part de Trump lui-même.

« Tout républicain, à la Chambre ou au Sénat, qui vote contre les droits de douane en paiera durement le prix au moment des élections, primaires comprises ! », a écrit le président sur les réseaux sociaux.

Le texte vise à mettre fin à l’état d’urgence national que Trump a décrété pour imposer ces droits de douane, même si, dans les faits, revenir sur la mesure nécessite l’aval du président. Obtenir ce feu vert apparaît hautement improbable, ce qui rend le vote largement symbolique. La résolution doit désormais être examinée par le Sénat.

Trump croit au pouvoir des droits de douane pour forcer les partenaires commerciaux des États-Unis à revenir à la table des négociations. Mais, dans leurs circonscriptions, les élus font face au mécontentement des entreprises prises dans les guerres commerciales et de leurs électeurs confrontés à la flambée des prix.

« Le vote d’aujourd’hui est simple, très simple : allez-vous voter pour faire baisser le coût de la vie des familles américaines ou garder les prix élevés par loyauté envers une seule personne : Donald J. Trump ? », a déclaré le représentant de New York Gregory Meeks. Meeks est le chef de file démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre et l’auteur de la résolution.

Inquiétude quant à l’orientation de la politique

Ce moment décisif illustre le malaise qui règne à la Chambre face à la ligne suivie par le président, à l’approche des élections de mi-mandat, alors que les enjeux économiques trouvent un large écho auprès des électeurs.

Le Sénat a déjà voté, dans le cadre d’une autre résolution, pour rejeter les droits de douane de Trump visant le Canada et d’autres pays comme le Brésil.

Depuis l’Ontario, au Canada, le premier ministre Doug Ford a salué sur les réseaux sociaux le dernier vote comme « une victoire importante, mais il reste du travail à faire ». Il a remercié les élus des deux partis « qui se sont mobilisés en faveur du libre-échange et de la croissance économique entre nos deux grands pays ».

Trump a récemment menacé d’imposer un droit de douane de 100 % sur les biens importés du Canada en réaction au projet d’accord commercial de ce pays avec la Chine, intensifiant son bras de fer avec ce vieil allié des États-Unis et avec le premier ministre Mark Carney.

Auparavant, Trump avait instauré des droits de douane contre le Canada en affirmant que l’arrivée de drogues illicites en provenance de ce pays constituait une menace extraordinaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Ces droits s’appliquaient aux marchandises importées qui échappent à l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Les défections républicaines ont forcé la tenue du vote

Le président de la Chambre, Mike Johnson, a tenté d’éviter cette confrontation, en incitant les élus à attendre la décision de la Cour suprême dans un recours portant sur ces droits de douane.

Il avait mis au point une modification complexe du règlement pour empêcher que la question n’arrive en séance. Mais la stratégie de Johnson s’est effondrée tard mardi, lorsque des républicains ont fait défection lors d’un vote de procédure, permettant à l’initiative démocrate de progresser.

Tard mardi soir, on pouvait voir Johnson tenter de convaincre les élus républicains récalcitrants, tandis que l’équipe dirigeante du parti s’échinait à rallier des voix pendant un long vote de procédure, mais les chiffres jouaient contre lui.

« Nous sommes déçus », a déclaré mercredi matin aux journalistes Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche. « Le président veillera à ce qu’ils n’abrogent pas ses droits de douane. »

Le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, s’adresse à des journalistes à la Maison-Blanche. 11 fév. 2026.
Le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, s’adresse à des journalistes à la Maison-Blanche. 11 fév. 2026. AP/Evan Vucci

Coincés entre Trump et les droits de douane

Avant le vote, certains élus républicains ont fait part de leur malaise face au dilemme qui s’offrait à eux, alors que les démocrates – et quelques républicains frondeurs – insistaient auprès de leurs collègues sur la nécessité d’exercer leurs propres prérogatives, plutôt que de laisser le président contrôler seul la politique commerciale.

Le représentant républicain du Nebraska Don Bacon a indiqué qu’il n’était pas convaincu par l’appel de Johnson à attendre la décision de la Cour suprême sur la légalité des droits de douane de Trump. Il a voté en faveur du texte.

« Pourquoi le Congrès ne se tient-il pas sur ses deux jambes en affirmant que nous sommes un pouvoir indépendant ? », a lancé Bacon. « Nous devrions défendre nos prérogatives. J’espère que la Cour suprême le fera, mais si nous ne le faisons pas nous-mêmes, honte à nous. »

Bacon, qui a choisi de partir à la retraite plutôt que de se représenter, a également estimé que les droits de douane constituent une mauvaise politique économique.

D’autres républicains ont dû trancher rapidement après l’échec de la manœuvre de Johnson.

« Au bout du compte, nous allons devoir soutenir notre président », a déclaré Keith Self, représentant républicain du Texas.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Producteurs inquiets : pourquoi les prix de l’huile d’olive baissent-ils dans l’UE ?

Milan-Cortina 2026 : quel impact économique pour les Jeux d'hiver ?

Les revenus pétroliers russes chutent sous l'effet des sanctions et plombent l'économie