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La Banque d'Angleterre maintient son taux directeur à 3,75 % alors que l'inflation se stabilise

ARCHIVES. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, arrive à la conférence de presse sur le rapport de politique monétaire à Londres, le 30 avril 2026
ARCHIVES. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey arrive pour une conférence de presse sur la politique monétaire, à Londres, le 30 avril 2026 Tous droits réservés  AP Photo/Kirsty Wigglesworth, Pool
Tous droits réservés AP Photo/Kirsty Wigglesworth, Pool
Par Quirino Mealha
Publié le Mis à jour
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La Banque d'Angleterre maintient son taux directeur à 3,75 % pour la 4e fois d'affilée, l'inflation restant stable et le marché du travail se calmant.

La Banque d’Angleterre a maintenu jeudi son taux directeur à 3,75 %, prolongeant la pause entamée en décembre 2025, alors que les responsables monétaires mettaient en balance les retombées inflationnistes de la guerre en Iran et les signes de résilience observés par ailleurs dans l’économie.

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Le gouverneur Andrew Bailey et les autres membres du Comité de politique monétaire étaient largement attendus sur un statu quo et sur le maintien d’une position globalement neutre quant à l’orientation future de la politique monétaire.

Cette décision est intervenue au lendemain de la publication de chiffres officiels montrant une inflation britannique stable. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,8 % sur un an en mai, un rythme inchangé par rapport à avril et inférieur aux 3,0 % attendus par les économistes, ce qui maintient l’inflation globale à son plus bas niveau depuis le début de 2025.

Ce chiffre globalement stable masque toutefois des évolutions contrastées. Les coûts de transport ont nettement accéléré, à 6,8 %, sous l’effet de la hausse des prix des carburants et des billets d’avion, tandis que l’inflation alimentaire a ralenti à 2,2 % et que les coûts liés au logement ont poursuivi leur modération.

Même si l’inflation reste supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la Banque, ces données nourrissent l’espoir que les pressions haussières sur les prix, liées à la flambée du pétrole et du gaz depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, aient été moins fortes qu’anticipé.

Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque, a jugé la récente baisse des cours du pétrole « encourageante », tout en soulignant qu’ils demeurent au-dessus de leur niveau d’avant-guerre.

« Quoi qu’il se passe à l’avenir, la hausse des prix de l’énergie observée ces quatre derniers mois signifie qu’une partie des pressions inflationnistes est déjà engagée, a-t-il déclaré. La mission de la Banque est de faire en sorte que cela ne se traduise pas par une inflation durablement supérieure à notre cible de 2 %.

Les analystes ont également averti que l’inflation pourrait encore accélérer plus tard dans l’année, à mesure que la hausse des factures d’énergie des ménages se répercutera sur les prix. Lindsay James, stratégiste d’investissement chez Quilter, a déclaré : « Si l’inflation a été inférieure aux attentes en mai et se situe pour l’instant sous les 3 %, elle devrait néanmoins se rapprocher de 4 % plus tard dans l’année sous l’effet à venir d’un plafond plus élevé des prix de l’énergie. »

James a ajouté que, si les prix du pétrole ont reflué par rapport à leurs récents sommets, ils demeurent supérieurs à ceux de l’an dernier, ce qui suggère que les pressions inflationnistes sous-jacentes n’ont pas complètement disparu.

La décision de maintenir le taux directeur n’a pas fait l’unanimité : deux des neuf membres du Comité de politique monétaire ont voté pour une hausse d’un quart de point, signe de leurs craintes de voir la hausse des coûts de l’énergie se diffuser encore dans l’inflation globale.

Le marché du travail ralentit

La publication de jeudi sur le marché du travail a dressé un tableau contrasté.

Le taux de chômage a reculé de façon inattendue à 4,9 % sur les trois mois achevés fin avril, contre 5,0 % au premier trimestre. Mais, dans le même temps, le nombre de salariés déclarés sur les feuilles de paie a diminué, signe d’un essoufflement sous-jacent malgré l’amélioration apparente du chômage.

La progression des salaires, un indicateur que la Banque d’Angleterre surveille de près pour y déceler des pressions inflationnistes persistantes, est restée soutenue, la rémunération hors primes augmentant de 3,4 % sur un an.

« Le marché du travail continue de perdre de son dynamisme, les derniers chiffres montrant un nouveau refroidissement », a déclaré Richard Carter, directeur de la recherche sur les taux d’intérêt chez Quilter Cheviot.

Sanjay Raja, économiste en chef pour le Royaume-Uni chez Deutsche Bank, a tenu un discours similaire, avertissant qu’« il est clair que le marché du travail est loin d’être tiré d’affaire », tout en ajoutant que ces données mitigées offrent au comité un surcroît de temps pour observer l’évolution de la conjoncture.

La combinaison d’une inflation globale en reflux, d’un marché de l’emploi qui se tasse et d’une croissance des salaires toujours solide illustre le dilemme auquel est confronté le comité. La vigueur des rémunérations entretient le risque de ce que l’on appelle les effets de second tour, lorsque la hausse des salaires se répercute à son tour sur les prix, alors même que les embauches ralentissent.

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