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Canicules: pourquoi votre budget courses pourrait augmenter l’an prochain

Photo d'archives - Des tiges de maïs se détachent en ombre chinoise sur le soleil couchant, vendredi 22 juillet 2016, à Pleasant Plains, Illinois, États-Unis.
Des tiges de maïs se détachent en ombre chinoise sur le soleil couchant, le vendredi 22 juillet 2016, à Pleasant Plains, dans l’Illinois, États-Unis. Tous droits réservés  AP Photo/Seth Perlman
Tous droits réservés AP Photo/Seth Perlman
Par Doloresz Katanich
Publié le Mis à jour
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Alors que l’inflation alimentaire recule en zone euro, pour des économistes la chaleur extrême de l’été menace plus les prix des supermarchés l’an prochain que la guerre en Iran.

L'inflation alimentaire commence enfin à se modérer dans l'ensemble de la zone euro, offrant un peu de répit aux ménages après des années de flambée des prix dans les supermarchés.

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Mais les économistes préviennent que ce répit pourrait être de courte durée.

Ce n'est plus la récente guerre impliquant l'Iran, mais les températures extrêmes de cet été qui apparaissent désormais comme le principal risque pesant sur les prix alimentaires l'an prochain, les sécheresses et vagues de chaleur menaçant les récoltes en Europe et au-delà.

« Nous pensons que les vagues de chaleur de cet été seront un moteur de hausse des prix alimentaires plus puissant l'an prochain que la guerre », a déclaré Tomas Dvorak, économiste senior chez Oxford Economics, dans un nouveau rapport.

Le signal d'alarme est lancé alors même que l'on redoutait encore, en début d'année, que la hausse des prix du pétrole et des engrais provoquée par le conflit entre Israël et l'Iran se répercute rapidement dans les rayons des supermarchés.

Ces inquiétudes se sont atténuées, les prix du pétrole et des engrais ayant reculé après le cessez-le-feu. Les économistes soulignent toutefois que les chocs sur les matières premières mondiales mettent généralement environ un an à se transmettre aux consommateurs, ce qui signifie que la flambée précédente pourrait encore exercer une légère pression à la hausse sur les prix alimentaires en 2027.

Les économistes d'Oxford Economics et de Deutsche Bank s'attendent à ce que l'inflation des prix alimentaires reparte à la hausse l'an prochain, à mesure que la remontée des prix des matières premières se diffusera le long de la chaîne d'approvisionnement.

Le renchérissement de l'énergie et des engrais se répercute sur les prix alimentaires par deux principaux canaux. D'abord, l'énergie est utilisée à tous les stades de la chaîne alimentaire, des tracteurs et du transport jusqu'à la transformation, l'emballage et la réfrigération, ce qui renchérit les coûts de production. Ensuite, le prix des engrais augmente avec celui du gaz naturel, alourdissant les charges des agriculteurs. Ces coûts mettent du temps à parvenir jusqu'aux rayons : les prix de l'énergie peuvent influer sur ceux des engrais en quelques semaines, mais la baisse de l'utilisation d'engrais ou les changements dans les cultures plantées ne se traduisent en général par une hausse des prix alimentaires qu'après la récolte suivante.

Oxford Economics estime que l'effet combiné de la hausse des prix du pétrole, des engrais et des matières premières agricoles pourrait ajouter environ 0,5 point de pourcentage à l'inflation alimentaire dans la zone euro au cours de l'année à venir. Cet impact devrait se renforcer progressivement, touchant d'abord les produits frais avant les denrées transformées.

Mais la principale inconnue désormais reste la météo. Des températures élevées et des épisodes de sécheresse peuvent réduire les rendements, ce qui renchérit le prix des fruits, des légumes, des céréales et d'autres produits agricoles. Oxford Economics estime que l'effet météorologique à lui seul pourrait ajouter jusqu'à un point de pourcentage à l'inflation alimentaire l'an prochain, contribuant à porter l'inflation alimentaire de la zone euro à environ 3 % en 2027.

Le cabinet estime que l'effet lié aux conditions météorologiques pourrait, à lui seul, ajouter jusqu'à un point de pourcentage à l'inflation alimentaire l'an prochain.

Les économistes de Deutsche Bank ont constaté que, malgré la baisse des prix du pétrole et des engrais par rapport à leurs sommets, le choc sur les matières premières survenu entre mars et juin pourrait encore entraîner une hausse des prix alimentaires d'environ 1,3 % au Royaume-Uni et de 0,8 % dans la zone euro au cours de l'année à venir. Cela ajouterait environ 0,1 à 0,15 point de pourcentage à l'inflation globale.

Pourquoi l'inflation alimentaire continue de ralentir

L'inflation alimentaire dans la zone euro est passée de 2,5 % sur un an en décembre 2025 à 1,6 % en juin 2026, selon l'estimation rapide d'Eurostat. Il s'agit du niveau le plus bas pour l'inflation harmonisée des produits alimentaires depuis la mi-2021.

Les indicateurs avancés laissent penser que l'inflation des prix alimentaires pourrait rester contenue jusqu'à la fin de l'année. Ce ralentissement a été favorisé par une excellente récolte de céréales en 2025 et par une surabondance de lait cru, qui a pesé sur les prix des produits laitiers.

Les précédents chocs mondiaux se sont également atténués, les prix du chocolat, du cacao et du café s'étant stabilisés après leur envolée de 2025. Parallèlement, les prix de l'huile d'olive poursuivent leur baisse depuis les records atteints en 2022, tandis que le recul des coûts de l'énergie a allégé les dépenses de transformation alimentaire.

Oxford Economics prévoit que ces facteurs continueront de contenir l'inflation alimentaire dans les prochains mois et a abaissé sa prévision d'inflation pour les produits alimentaires, les boissons alcoolisées et le tabac à 2,1 % en 2026. « Mais nous pensons que l'inflation des prix alimentaires reste appelée à accélérer, simplement avec un décalage plus long que ce que nous anticipions auparavant », indique le rapport.

Les économistes de Deutsche Bank évoquent eux aussi un desserrement des pressions sur les prix. Les marchés à terme laissent entrevoir une baisse progressive des prix de l'énergie dans les prochains mois, tandis que les prix mondiaux des denrées alimentaires et des engrais se sont en grande partie stabilisés. Les prix à la sortie de la ferme et au niveau de la vente en gros continuent eux aussi d'indiquer une inflation alimentaire modérée.

Ils avertissent toutefois qu'un regain de tensions géopolitiques pourrait inverser cette tendance.

Pourquoi les vagues de chaleur de cet été pourraient faire grimper les prix alimentaires l'an prochain

Les vagues de chaleur et des conditions exceptionnellement chaudes et sèches cet été pourraient peser davantage sur les prix alimentaires que le choc sur les matières premières lui-même. Les dommages subis par les cultures sont déjà jugés inévitables et de nouvelles vagues de chaleur pourraient encore réduire les récoltes, alimentant une inflation alimentaire plus élevée en 2027.

Un épisode El Niño particulièrement intense pourrait également accentuer ces phénomènes météorologiques extrêmes, augmentant le risque de nouvelles perturbations.

« L'impact des conditions météorologiques défavorables pourrait se renforcer encore en raison du caractère particulièrement marqué d'El Niño cette année. Nous estimons qu'il ajoutera jusqu'à 1 point de pourcentage à l'inflation alimentaire l'an prochain, et nous relèverons notre prévision pour 2027 à environ 3 % », indique Oxford Economics.

Cette hausse attendue des prix devrait se matérialiser au premier semestre 2027, avant de s'atténuer progressivement au second semestre.

Le coût à long terme des vagues de chaleur

Oxford Economics s'appuie sur un document de travail de la BCE publié en 2023, qui conclut que la hausse des températures continue de tirer les prix alimentaires et l'inflation globale vers le haut au fil du temps, avec un impact particulièrement marqué sur l'alimentation. L'étude montre également que des températures plus élevées peuvent influencer l'inflation pendant jusqu'à douze mois après le choc météorologique initial.

Ce document de travail de la BCE estime que, d'ici 2035, le réchauffement climatique pourrait augmenter l'inflation alimentaire annuelle moyenne mondiale de 0,92 à 3,23 points de pourcentage, selon le scénario climatique retenu. Il conclut par ailleurs que la vague de chaleur de 2022 en Europe a relevé l'inflation alimentaire européenne de 0,67 point de pourcentage et celle de la zone euro de 0,78 point, avec des effets particulièrement prononcés dans le sud du continent.

Mais les vagues de chaleur à venir pourraient avoir un impact encore plus important sur les prix alimentaires. Avec la poursuite du réchauffement, l'effet inflationniste des étés extrêmes devrait s'amplifier. La BCE estime que si une vague de chaleur comparable à celle de 2022 survenait dans les conditions climatiques attendues pour 2035, elle augmenterait l'inflation alimentaire européenne d'environ un point de pourcentage, contre 0,67 point aujourd'hui. Les chercheurs expliquent qu'avec le réchauffement du climat, les cultures deviennent plus vulnérables au stress thermique, de sorte qu'une vague de chaleur identique est susceptible de provoquer des pertes de récolte plus importantes et des pressions accrues sur les prix alimentaires.

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