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La Biennale de la danse de Lyon 2021 fait place aux jeunes

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Par Andrea Bolitho

Elle ne fabrique plus des machines à laver, mais l'usine Fagor à Lyon tourne encore à plein régime. À l'occasion de la Biennale de la danse, des chorégraphes ont été invités par le festival à mener des projets gratuits, ouverts au public et en particulier aux jeunes.

"C'était pour moi une innovation artistique et sociale d'autant que toutes les œuvres sont "performées" par de jeunes Lyonnais qui ont entre 15 et 25 ans," reconnaît Dominique Hervieu, directrice artistique de la Biennale de la danse de Lyon. "Et quand je vois l'accueil de tout cela," poursuit-elle, "je me dis qu'il faut qu'on continue absolument."

Le projet I-Dance de Pierre Giner est un dancefloor numérique que l'on peut rejoindre après avoir créé son avatar, puis c'est le logiciel qui nous fait entrer dans la danse.

Altérité et mouvements du quotidien

Lors de cette Biennale, le duo formé de Rauf "Rubberlegz" Yasit et Brigel Gjoka ont interprété pour la première fois en France, "Neighbours Part 1", en collaboration avec William Forsythe. La version intégrale sera présentée au Sadler's Wells à Londres l'an prochain.

"C'est une pièce qui traite de la relation entre deux personnes, deux danseurs," explique Brigel Gjoka, danseur et chorégraphe, "aux parcours différents, aux cultures différentes qui se rencontrent et qui partagent leur expérience sur scène."

Son partenaire Rauf "Rubberlegz" Yasit, danseur et chorégraphe, renchérit : "C'est un processus très difficile, on a dû trouver un terrain commun, développer de nouveaux outils pour créer. Et c'est ce qu'on se disait l'autre jour," précise-t-il, "il ne s'agit pas de travailler sur ce qu'on aurait fait chacun individuellement pour une pièce solo, mais de construire ensemble un langage totalement nouveau pour communiquer."

Noé Soulier, de son côté, a recréé sa pièce "Removing" pour 40 danseurs issus des écoles de danse de Lyon et d'Angers. Il voulait y créer un nouveau vocabulaire physique en explorant les mouvements du quotidien.

"C'est une pièce qui s'appuie sur des buts pratiques très simples - frapper, éviter et lancer - et ce sont ces buts que j'utilise pour chorégraphier et créer les mouvements," indique Noé Soulier, chorégraphe et directeur du Centre national de la danse d'Angers. "Mais ils sont faits par rapport à des objets imaginaires et il y a toujours quelque chose qui est détourné, il y a toujours une distorsion : par exemple, on va frapper avec une partie fragile du corps comme la cage thoracique ou la gorge," dit-il.

Jeunesse et espace urbain

Dans "Entropic Now", le chorégraphe Christophe Haleb s'est inspiré de récits de jeunes pour questionner leur place dans l'espace public urbain et explorer leurs aspirations pour l'avenir. Immersion multi-sensorielle, sa performance multimédia place le public au plus près des danseurs.

"Cela m'a donné envie de questionner la ville à travers la jeunesse et sa manière de s'engager, de s'impliquer, de se rassembler dans l'espace public urbain et de le pratiquer avec les sports urbains, les danses urbaines, les rassemblements, la mode," décrit Christophe Haleb, chorégraphe et réalisateur.

L'un des principaux objectifs de la Biennale de la Danse, c'est d'impliquer la prochaine génération de danseurs et d'amateurs de danse. C'est justement ce qui se passe à l'Expérience Fagor : un programme dense d'ateliers et de performances y réunit de jeunes danseurs amateurs et des chorégraphes mondialement connus.

Journaliste • Andrea Bolitho