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Tashkent accueille le meilleur du cinéma mondial et régional

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Par Paul Hackett

Après avoir fait son retour l'an dernier après une longue pause, le Festival international du Film de Tachkent 2022 a attiré quelque 300 personnalités du monde du cinéma originaires d'Asie centrale et d'ailleurs.

L'Ouzbékistan n'est peut-être pas le premier pays auquel on pense quand il s'agit de cinéma, mais pour les professionnels du secteur, ce pays se révèle être de plus en plus, un foyer de talents.

"Ce festival appelé "La Perle de la Route de la Soie" est très connu," souligne Gabrielle Kelly, réalisatrice et présidente du jury. "J'aime être dans un endroit comme celui-ci parce que l'on y trouve des histoires inédites, auxquelles on n'a pas été tellement exposés, donc il y a une énergie qui est merveilleuse," fait-elle remarquer.

Le festival organise une compétition internationale destinée aux cinéastes débutants. Tous les courts métrages en lice pour le Grand Prix sont tournés en Ouzbékistan en cinq jours seulement.

Cette année, le premier prix a été attribué au réalisateur, acteur et scénariste ouzbek Timur Murodov dont le film "Casseta" est centré sur un vieil homme qui vit seul et doit s'adapter à la vie moderne.

"On a tourné à Boukhara et Akrom Shakhnazarov est le réalisateur du film," précise-t-il. Akrom Shakhnazarov lui-même renchérit : "Tourner un film en cinq jours, c'est difficile, mais c'était extraordinaire, on a adoré le faire."

Des masterclass avec de grandes pointures comme Luc Besson

Encourager les jeunes talents créatifs est l'un des maîtres-mots du festival. Ils sont ainsi invités à assister à plusieurs dizaines de masterclass organisées sur plusieurs jours.

De grands noms du métier comme le réalisateur français Luc Besson y partagent leurs compétences.

"Nous créons une grande plateforme avec nos programmes destinés aux jeunes," explique Firdavs Adbukhalikov, directeur du festival. "Nous demandons à tous nos invités qui d'ailleurs, viennent du monde entier, d'enseigner, de tenir des séminaires, des masterclass, des formations," énumère-t-il avant d'ajouter : "C'est important car ce sont les jeunes cinéastes qui produiront les films de demain en Ouzbékistan."

L'Ouzbékistan, "carrefour culturel"

Le dernier projet d'animation du célèbre réalisateur russo-kazakh Timur Bekmambetov, "Hodja" a été projeté lors du festival. Ce film dont la sortie est prévue en 2024 est le fruit du travail de quinze diplômés de l'école d'animation créée l'an dernier à Tachkent par le réalisateur en collaboration avec l'Agence cinématographique d'Ouzbékistan.

Il raconte l'histoire d'un âne qui rêve d'une vie tranquille, mais se retrouve entraîné dans les aventures d'un personnage issu du folklore régional, Hodja Nasreddin.

"Historiquement, l'Ouzbékistan est un carrefour entre la Chine, l'Europe, l'Iran et la Russie et le peuple ouzbek a le sens de l'accueil," affirme Timur Bekmambetov.

"Le cinéma a une mission importante qui consiste à unir les gens, à rapprocher les cultures et dans le monde d'aujourd'hui, c'est vraiment important," insiste-t-il.

"Hodja" / Timur Bekmambetov
Une image du film d'animation "Hodja" du réalisateur Timur Bekmambetov"Hodja" / Timur Bekmambetov

Coproductions régionales

"Hodja" n'est que l'une des quelque 30 coproductions régionales que le festival contribue à mettre sur pied, dans l'idée de stimuler l'essor de l'industrie cinématographique en Ouzbékistan et dans la région.

Une initiative qui n'échappe pas à ceux qui ont davantage l'habitude du glamour d'Hollywood comme l'acteur Armand Assante"Quand on regarde le niveau des personnes qu'ils ont invitées, on se dit que ce sont des gens très sérieux, qui veulent une place au sein de l'industrie du cinéma," estime-t-il avant de conclure : "À en juger par le niveau des directeurs de la photographie qu'il y a ici, les résultats sont là."