Tous le mois de février, Angelin Preljocaj fait revivre "Le Parc", son chef-d’œuvre créé il y a 32 ans, avec les jeunes danseurs de l’Opéra de Paris. Chuchotements, regards et pas de deux sensuels plongent le public au cœur des jeux de l’amour et du désir.
Des regards complices, des chuchotements, des scènes de séduction, tous le mois de février, "Le Parc", le ballet emblématique du chorégraphe Angelin Preljocaj, renaît à l’Opéra National de Paris.
Créée pour le Ballet de l’Opéra en 1994, cette pièce en trois actes, considérée par beaucoup de critiques et d'admirateurs comme un chef-d’œuvre, explore avec légèreté et sensualité les jeux de l’amour, porté par la musique de Mozart.
Travailler Le Parc, c’est "sentir le texte de Mozart prendre vie dans chaque pas", explique Angelin Preljocaj.
Le chorégraphe replonge dans son passé avec émotion :
"C’est tellement une chance pour les artistes de pouvoir faire ce qu’ils aiment : continuer à inventer, créer, fantasmer, rêver. C’est comme si l’on n’avait jamais quitté le territoire de l’enfance, d’une certaine manière, et je trouve ça très beau. Vieillir, mûrir, tout en gardant cette part d’enfant émerveillé, c’est magnifique", déclare Angelin Preljocaj.
« Ce qui est fascinant avec Le Parc, poursuit-il, « c’est que chaque génération y apporte sa propre sensibilité », soulignant comment les jeunes danseurs de l’Opéra, découvrant pour beaucoup ces rôles pour la première fois, redéfinissent les rapports hommes‑femmes représentés sur scène : "un ballet à la fois sensuel, malicieux et profondément humain. "
Ces jeunes danseurs y apportent en effet une énergie nouvelle, leurs émotions et leur complicité sur scène, rendant chaque scène unique, presque palpable pour le public.
Où Preljocaj puise-t-il son inspiration ?
"Personnellement, quand je crée une pièce, j’ai trois questions qui tournent en permanence, liées au texte, au prétexte et au contexte. Le texte, c’est ma danse, c’est mon écriture chorégraphique. Le prétexte, c’est : est-ce que c’est le lac des Cygnes , un conte de fées , ou bien une réflexion sur la gravité ? Voilà, ça, c’est le prétexte. Et ensuite, le contexte, c’est notre époque ", explique le chorégraphe.
Et il ajoute, "Ce qui a changé dans le contexte, c’est qu’il y a une redéfinition des rapports hommes-femmes et même des relations amoureuses en général. Autrement dit, certaines choses que nos ancêtres, hommes des cavernes, ou même il y a 20, 30 ou 40 ans, pouvaient faire ne sont plus acceptables aujourd’hui, et c’est normal, car il existait alors un état d’esprit qui, à mon sens, était complètement illégitime."
Le ballet est joué à l'Opéra national de Paris jusqu'au 25 février 2026.