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Jesse Jackson, militant des droits civiques et ex-candidat à la Maison-Blanche, est mort à 84 ans

FILE: Le dirigeant des droits civiques américain, le révérend Jesse Jackson, arrive au Caire pour des entretiens avec le président égyptien Anouar el-Sadate, 30 septembre 1979
ARCHIVES - Le leader des droits civiques américain, le révérend Jesse Jackson, arrive au Caire pour des entretiens avec le président égyptien Anouar el-Sadate, 30 sept. 1979 Tous droits réservés  AP Photo/Bill Foley
Tous droits réservés AP Photo/Bill Foley
Par David Mouriquand avec AP
Publié le
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Le révérend Jesse Jackson, figure majeure du mouvement des droits civiques, a brigué l'investiture démocrate à la présidentielle en 1984 et 1988.

Le révérend Jesse Jackson, figure du mouvement des droits civiques aux États-Unis et deux fois candidat à la présidence, est mort à l’âge de 84 ans.

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Sa famille a confirmé la nouvelle, précisant qu’il est décédé paisiblement, entouré de ses proches.

« Son engagement indéfectible en faveur de la justice, de l’égalité et des droits humains a contribué à façonner un mouvement mondial pour la liberté et la dignité », a indiqué la famille Jackson. « Infatigable artisan du changement, il a fait entendre la voix des sans-voix, de ses campagnes présidentielles dans les années 1980 à la mobilisation de millions de personnes pour s’inscrire sur les listes électorales, laissant une empreinte indélébile dans l’histoire. »

« Notre père était un dirigeant au service des autres – non seulement pour notre famille, mais aussi pour les opprimés, les sans-voix et les oubliés à travers le monde. Nous l’avons partagé avec le monde, et en retour, le monde est devenu une partie de notre famille élargie. »

Le communiqué ajoute : « Sa foi inébranlable en la justice, l’égalité et l’amour a porté des millions de personnes, et nous vous demandons d’honorer sa mémoire en poursuivant le combat pour les valeurs qui ont guidé sa vie. »

La cause de son décès n’a pas été précisée dans l’immédiat, mais Jackson avait été hospitalisé en novembre pour un traitement visant à réguler sa tension artérielle, alors qu’il était suivi pour une progressive supranuclear palsy (PSP), « un trouble neurologique rare qui affecte les mouvements du corps, la marche et l’équilibre, ainsi que les mouvements des yeux », selon l’Institut national américain des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux.

Il avait annoncé en 2017 qu’on lui avait diagnostiqué la maladie de Parkinson.

Le candidat démocrate à la présidentielle Jesse Jackson avec son épouse, Jacqueline, à Chicago - mercredi 10 mars 1988
Le candidat démocrate à la présidentielle Jesse Jackson avec son épouse, Jacqueline, à Chicago - mercredi 10 mars 1988 AP Photo

Né le 8 octobre 1941 à Greenville, en Caroline du Sud, Jackson s’est imposé dans les années 1960 comme l’un des dirigeants de la Southern Christian Leadership Conference de Martin Luther King.

En 1965, il rejoint la marche pour les droits de vote menée par King entre Selma et Montgomery, en Alabama. King l’envoie ensuite à Chicago pour lancer Operation Breadbasket, une initiative de la Southern Christian Leadership Conference visant à faire pression sur les entreprises pour qu’elles embauchent des travailleurs noirs.

Jackson se trouve aux côtés de King le 4 avril 1968, lorsque le leader des droits civiques est assassiné au Lorraine Motel de Memphis, dans le Tennessee. Selon le récit qu’en fait Jackson, King est mort dans ses bras.

Il a fondé deux organisations de justice sociale et de militantisme : Operation PUSH (initialement baptisée People United to Save Humanity) en 1971, puis, quelques années plus tard, la National Rainbow Coalition. Il a défendu, aux États-Unis comme à l’étranger, la cause des pauvres et des personnes sous-représentées, sur des questions allant des droits de vote et de l’accès à l’emploi à l’éducation et aux soins de santé.

Il a remporté plusieurs succès diplomatiques auprès de dirigeants du monde entier et, à travers sa Rainbow/PUSH Coalition, il a porté les revendications de fierté noire et d’autodétermination jusque dans les conseils d’administration des grandes entreprises, pressant les dirigeants de faire des États-Unis une société plus ouverte et plus équitable.

Jesse Jackson, troisième jour de la convention nationale démocrate à Philadelphie - 27 juillet 2016
Jesse Jackson, troisième jour de la convention nationale démocrate à Philadelphie - 27 juillet 2016 AP Photo

Lorsqu’il proclamait « I am Somebody », refrain d’un poème qu’il répétait souvent, il cherchait à toucher des personnes de toutes origines.

« Je suis peut-être pauvre, mais je suis quelqu’un ; je suis peut-être jeune, mais je suis quelqu’un ; je vis peut-être de l’aide sociale, mais je suis quelqu’un », scandait Jackson. Un message qu’il prenait au pied de la lettre et très à cœur, lui qui était passé de l’ombre du Sud ségrégué au statut de militant des droits civiques le plus connu d’Amérique depuis King.

Malgré les problèmes de santé de ses dernières années, Jackson a continué à protester contre l’injustice raciale jusque dans l’ère du mouvement Black Lives Matter.

« Même si nous gagnons, expliquait-il aux manifestants à Minneapolis, avant la condamnation pour meurtre du policier dont le genou avait empêché George Floyd de respirer, ce sera un soulagement, pas une victoire. Ils continuent à tuer les nôtres. Arrêtez la violence, sauvez les enfants. Gardez l’espoir vivant. »

Donald Trump avait réagi à ces protestations – le plus important mouvement de troubles sociaux aux États-Unis depuis les années 1960 – en menaçant d’envoyer l’armée. Jackson avait averti que cela ne ferait que provoquer « une riposte massive ».

« Nous devrons aller en prison, nous résisterons », confiait-il alors à Euronews. « Notre démocratie ne peut pas céder la place à un État policier. »

En 2024, il est apparu à la convention nationale démocrate à Chicago et à une réunion du conseil municipal pour soutenir une résolution appelant à un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hamas.

Le révérend Jackson laisse dans le deuil son épouse, Jacqueline, leurs enfants – Santita, Jesse Jr., Jonathan, Yusef, Jacqueline et leur fille Ashley Jackson – ainsi que leurs petits-enfants.

Nos journalistes travaillent à cette information de dernière minute.

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