Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

"Remarquable" et "inhabituel" : cinq nouvelles sépultures de gaulois "assis" trouvées à Dijon

Cinq nouvelles tombes de Gaulois enterrés assis découvertes à Dijon
Cinq nouvelles tombes de Gaulois enterrés assis découvertes à Dijon Tous droits réservés  Capture d'écran d'une vidéo d'Agence France Presse
Tous droits réservés Capture d'écran d'une vidéo d'Agence France Presse
Par Célia Gueuti
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article : Copy to clipboard Lien copié

Les archéologues de l'Inrap ont découvert cinq nouvelles sépultures de gaulois "assis" sur un site de fouille dans le centre-ville de Dijon. Alors qu'à peine 75 squelettes dans cette position ont été trouvés dans le monde, 20 se trouvent dans la ville de Dijon.

C’est un trou dans la terre sans aucune forme d'ornements. Un gaulois jeune, jambes recroquevillées, tête baissée, dort. Au côté de cinq autres squelettes, sa forme assise attire l'œil des écoliers curieux. Car dans la cour de récréation de l'école primaire du groupe Joséphine Baker de Dijon, les archéologues s'agitent depuis janvier 2025. Sous le bitume où, quelques mois auparavant, des enfants jouaient, cinq ou six sépultures de l'époque gauloise ont été trouvées.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Toutes les sépultures contiennent des hommes âgés de 40 à 60 ans, de tailles s'échelonnant entre 1,62 et 1,82 m. En relative bonne santé, ces corps sont marqués par l'activité physique et une bonne dentition.

La découverte est exceptionnelle du fait de leurs positions et du bon état des squelettes. Chacun est assis au fond d’une fosse d’un mètre de circonférence et d’une quarantaine de centimètres de profondeur. Leurs bras descendent le long du buste, les mains sont posées à proximité du bassin, le dos repose contre la paroi orientale, le regard portant vers l’ouest.

Dans les tombes, il n'y a aucun objet funéraire, aucun mobilier ni parures. Seul un brassard en roche noir à permis aux archéologues de l'Institut National de Recherche Archéologiques Préventives (Inrap) de dater les tombes à l'époque gauloise.

"Encore plus inhabituel," écrit l'institut. "Cinq à six d'entre-eux portent des marques de violence, non cicatrisées, sans doute révélatrices d'une mise à mort intentionnelle : des entailles sur l'humérus. L'un d'entre-eux a reçu deux coups d'un objet tranchant sur le crâne."

Il est dur pour les archéologues de déterminer à quoi correspondent ces sépultures, et les spéculations vont bon train. Ont-ils été tués avant d'être enterrés ? Leur position était-elle une marque de respect ou de honte posthume ? L'Inrap n'a pour l'instant pas de piste d'explication privilégiée. La seule conclusion qui se dégage pour les archéologues est que ces sépultures font partie d'un ensemble plus grand.

Dijon, ville gauloise

Les squelettes ne sont en effet pas une découverte fortuite d'enfants curieux qui auraient creusé leur cour de récréation, mais une recherche prévue par les équipes de l'Institut National de Recherche Archéologiques Préventives.

En France, tous travaux d'aménagement doivent être précédés du passage d'un archéologue. Si celui-ci aperçoit des signes que du matériel archéologique est présent dans les sols, une équipe de l'Inrap est déléguée durant plusieurs mois pour les répertorier, étudier et exhumer afin que les travaux ne fassent pas disparaitre des traces du passé.

Depuis plus de 30 ans, les fouilles préventives menéesdans Dijon ont souvent révélé une forte occupation du peuple Gaulois. Une mine d'or pour les archéologues, car si le nom de ce peuple celte est connu par la plupart des français, que ce soit grâce à la bande dessinée Astérix et Obélix ou aux cours d'Histoire, nombreuses de leurs coutumes sont toujours un mystère pour les historiens et archéologues.

De nombreuses connaissances sur les gaulois viennent en effet des écrits de César sur sa conquête des Gaules, dont l'objectivité et la recherche anthropologique n'était pas le but premier.

Une "occupation gauloise structurée"

Ce quartier de Dijon autour du groupe scolaire Joséphine Baker regorge de ces signes. Quelques mois auparavant, 13 squelettes gaulois avaient été découverts sur le même site, à peine 20 mètres plus loin. Dans les années 90, des travaux dans le quartier proche de Sainte-Anne avaient également révélé des sépultures similaires à celles trouvées dans la cour de l'école Joséphine Baker.

Selon l'Inrap, la découverte de cette année pourrait cependant prouver l'existence d'une occupation gauloise structurée sur les lieux, dont les traces sont aujourd'hui enterrées au plein cœur de la ville de Dijon.

L'ensemble des fouilles ont en effet révélé un imposant fossé défensif, un axe de circulation bordé par une zone dédiée à l’ensevelissement d’animaux datant de la fin de la période gauloise, autour du 1er siècle avant JC.

Au total, cette petite zone dijonnaise contient une vingtaine de tombes de Gaulois assis, sur les 75 que l’on recense actuellement dans le monde (France, Suisse et Grande-Bretagne).

"Une douzaine de sites archéologiques seulement livrent une cinquantaine de défunts "assis" dont les fosses sont placées à proximité d’habitats aristocratiques, voire de sanctuaires ou de lieux de culte, à l’écart des nécropoles," précise l'Inrap. "Cette découverte de la rue Turgot est particulièrement remarquable par le nombre d’inhumations mises au jour et le bon état de conservation des squelettes."

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

L’archéologie numérique et la science ouverte pour préserver le patrimoine en Chine et en Europe

Archéologie : la plus ancienne colonie d'Europe trouvé près du lac d'Ohrid

"Remarquable" et "inhabituel" : cinq nouvelles sépultures de gaulois "assis" trouvées à Dijon