De flamboyants costumes semblables à ceux de 1961, une mise en scène reconstituée grâce aux cahiers et photos de l’époque : "Médée", l’opéra qui valut un triomphe à Maria Callas, ressuscite dans le théâtre antique grec d’Epidaure.
La "Médée" de Luigi Cherubini, que l’Opéra national grec a présentée au théâtre antique d’Épidaure samedi 20 juin, a été ovationnée. Dix mille spectateurs ont applaudi cette recréation d’une grande exigence esthétique de la production historique de "Médée", que Maria Callas avait chantée en 1961 au même endroit. Les billets étaient déjà épuisés dès le mois de février pour cette grandiose résurrection. La soprano italienne Anna Pirozzi a tenu le rôle-titre et a été chaleureusement applaudie pour sa performance vocale et scénique :
"Ce rôle est très difficile, entre autres parce qu’il faut l’interpréter. Il ne suffit pas simplement de le chanter. Il faut l’interpréter. Il faut vivre la femme qu’est Médée, la magicienne, et l’horrible meurtre qu’elle commet à la fin en tuant ses enfants. Il faut donc vraiment se mettre à sa place, vivre à 100 % le caractère de Médée. C’est très difficile, surtout ici, dans ce lieu où Maria Callas a interprété ce rôle de manière sublime."
La mise en scène du spectacle de 1961 était signée Alexis Minotis, les costumes et les décors, Yannis Tsarouchis, et la chorégraphie, Maria Hors. La production avait entamé sa tournée triomphale en 1958 à l’Opéra de Dallas, s’était poursuivie en 1959 au Royal Opera House de Londres, avait laissé une empreinte inégalée en 1961 au théâtre antique d’Épidaure et avait achevé son parcours en 1962 à la Scala de Milan.
Ce nouveau projet était particulièrement difficile, car il n’existe aucune captation de ce spectacle. La recréation de "Médée" est le fruit de longues années d’étude des archives conservées aux Archives historiques de l’Opéra national grec, à la Fondation culturelle de la Banque nationale de Grèce, ainsi que dans des archives et collections privées :
"Nous n’avons que des images de ce spectacle, en noir et blanc. Ces images nous ont aidés à reproduire le décor. Ce n’était pas la même chose pour les costumes, car nous disposions d’environ 150 costumes de Yannis Tsarouchis de l’époque. Quand on voit aujourd’hui le résultat, on ne distingue pas la différence entre l’original et ce que nous avons recréé." a souligné le directeur artistique de l’Opéra national grec, Giorgos Koumendakis.
La représentation de "Médée" à Épidaure s’inscrivait dans l’axe thématique de cette saison de l’Opéra national grec, "L’opéra du futur à travers la matrice du passé".