Le Pitt Rivers Museum dit travailler en étroite collaboration avec le peuple naga pour fixer la date d'une cérémonie de restitution, après laquelle une délégation naga accompagnera les restes chez eux.
Un musée au Royaume-Uni a accepté de restituer à la communauté naga, dans le nord-est de l'Inde, une collection de restes humains prélevés pendant la période coloniale britannique.
Le Pitt Rivers Museum de l'université d'Oxford, qui abrite la plus grande collection au monde d'objets nagas, doit rapatrier les restes de 39 membres de la communauté naga après des années de négociations.
Une grande partie des artefacts nagas conservés au musée ont été collectés par des administrateurs coloniaux au début du XXe siècle. L'établissement affirme avoir retiré de ses salles d'exposition tous les restes humains en 2020.
Cela fait suite à une demande de restitution adressée à l'université d'Oxford en février 2026 concernant 40 ensembles de restes ancestraux conservés au musée. En juillet, l'université a accepté d'en rendre 39, expliquant que le dernier ensemble "ne présentait pas une provenance naga clairement établie".
Dans une déclaration à Euronews, la directrice du musée, la professeure Laura Van Broekhoven, a indiqué qu'il avait été "une leçon d'humilité" de prendre part au processus visant à la restitution des restes.
"Je suis honorée d'avoir cheminé aux côtés de nos partenaires pour trouver la voie du retour pour ces 39 ancêtres nagas, qui sont loin de leur terre natale depuis beaucoup trop longtemps", a-t-elle ajouté.
Le musée explique qu'il "travaille en étroite collaboration" avec les Nagas pour fixer la date d'une cérémonie de remise, à l'issue de laquelle une délégation naga doit accompagner les restes jusqu'à leur terre d'origine.
Le Forum for Naga Reconciliation (FNR) et d'autres groupes nagas ont salué cet accord.
"Pour les Nagas, la rapatriation ne consiste pas seulement à ce que des os et des restes ancestraux retrouvent leur terre, mais surtout à ce que la mémoire revienne là où est sa place", ont déclaré le FNR et d'autres organisations nagas dans un communiqué adressé à l'agence AFP.
Selon le site du Pitt Rivers Museum, le musée a reçu pour la première fois des restes ancestraux nagas il y a plus de cent ans, de la part de John Henry Hutton, anthropologue et administrateur colonial au sein de l'Indian Civil Service.
Hutton et un autre administrateur, James Philip Mills, auraient fourni au musée la plupart des restes nagas de sa collection entre environ 1910 et 1940.
"Leur 'collecte' n'était pas l'activité neutre et savante que suggère ce terme", précise le musée, ajoutant que "les restes et les objets étaient fréquemment confisqués lors d'expéditions militaires punitives, plutôt que donnés librement".
Au total, la collection naga du Pitt Rivers compte des milliers d'objets.
"En son sein, 219 pièces sont répertoriées comme des restes humains nagas : 39 restes humains ancestraux (principalement des crânes) et 178 objets qui contiennent ou peuvent contenir des cheveux humains. La restitution en cours concerne les 39 ancêtres", indique le musée.