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"Les microplastiques se retrouvent dans le sang humain", les scientifiques alertent

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Dr Sandra Ramos, chercheuse en écologie marine à CIIMAR
Dr Sandra Ramos, chercheuse en écologie marine à CIIMAR   -   Tous droits réservés  euronews
Par Denis Loctier

Les déchets plastiques font partie des plus grandes préoccupations écologiques de notre époque.

Selon une étude publiée dans la revue Microplastics and Nanoplastics, il y aurait 24,4 milliards de milliards de particules de microplastiques dans les océans. Ce chiffre est cinq fois plus important que les précédentes estimations.

Résultats de la dégradation d’objets en plastique, les microplastiques pullulent dans les eaux de la planète jusqu'à se retrouver ingérés par la faune marine et terminer leur chemin dans nos assiettes.

Les microplastiques, un danger pour la santé humaine

De récentes études récentes ont également révélé la présence de particules de plastique microscopiques dans les organes internes et le sang des femmes et hommes. Ce qui soulève de nouvelles inquiétudes quant aux impacts potentiels des microplastiques sur la santé humaine et sur la vie marine.

Pour l'émission Ocean, Euronews s'est entretenu avec la Dr Sandra Ramos, chercheuse en écologie marine au Centre interdisciplinaire de recherche marine et environnementale de l'Université de Porto au (CIIMAR).

Spécialiste de l'écologie marine, Sandra Ramos tire la sonnette d'alarme : "Les microplastiques sont absolument partout, vraiment partout ! Il suffit simplement d'observer. Si par exemple vous allez à une rivière, vous trouverez sans aucun doute des microplastiques, c’est quasiment sûr à 100%. En réalité, vous trouverez des microplastiques dans presque tous les eaux et sédiments."

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Un microplastique est une particule de plastique dont la taille est inférieure à 5 mmeuronews

Selon la scientifique, ces particules de plastiques propagées partout dans l'océan ont des effets dévastateurs du plus petit aux plus grandes espèces marines :

"Le problème, c'est que ces microplastiques peuvent nuire de différentes manières. Par exemple, pour les micro-organismes, s'ils ingèrent un peu de ces substances, cela peut interrompre et bloquer leurs organes vitaux, ils mourront. Chez les plus grandes espèces, les nanoplastiques peuvent traverser leur intestin, pénétrer dans certains organes et affecter toute la physiologie naturelle de l'animal".

Sandra Ramos explique aussi que l'homme qui se trouve en haut de la chaine alimentaire est directement impacté par la pollution du plastique :

"Nous savons déjà, grâce à d'autres recherches, que des microplastiques ont été retrouvés dans le sang humain. Il existe donc des preuves que ces nouveaux contaminants peuvent pénétrer dans le corps humain. Cela conduit donc à des infections, car il s'agit d'une particule étrangère à l'intérieur de l'organisme, et le système immunitaire va nécessairement répondre. Nous sommes actuellement en phase de recherche, nous progressons lentement dans ce domaine. Nous devons continuer à travailler pour mieux comprendre les impacts des microplastiques"