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Éolien en mer : la biodiversité nage dans l'inconnu

Parc éolien marin dans l'État de New York aux États-Unis
Parc éolien marin dans l'État de New York aux États-Unis   -   Tous droits réservés  Sean D. Elliot/The Day via AP Photos
Par Valentine Hullin

Un vent d'enthousiasme souffle depuis quelque temps sur les éoliennes offshores. À l'occasion de la journée européenne de la mer, Euronews s'est interrogé sur les effets de ces colosses à pales sur l'écosystème marin.

Ils veulent faire de la Mer du Nord "la centrale électrique verte de l'Europe". Ce mercredi l'Allemagne, la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas ont annoncé leur intention de décupler l'usage des éoliennes en mer par quatre d'ici 2030 et dix d'ici 2050. 

La France, en retard sur ses voisins européens, compte à ce jour, une unique éolienne. Installé à quinze kilomètres des côtes du port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), la ferme en accueillera, fin 2022, 80 au total.  

Oiseaux, cétacés et autres animaux marins assistent à l'installation des parcs. Chercheurs et défenseurs de la nature craignent pour la sécurité des espèces et appellent à la vigilance. 

“On fait peser un mille-feuille de pression sur la faune sauvage"

Emeline Pettex, chercheuse en écologie maritime au sein de Cohabys et à l'Université de La Rochelle, rappelle et souligne : "dès lors que l'on introduit une infrastructure artificielle dans un milieu naturel, il y a un impact". 

Les animaux peuvent être perturbés lors des opérations de maintenance ou des phases de construction, par le forage, les allers-retours des bateaux, les nuisances sonores etc. Les éoliennes peuvent aussi constituer un danger une fois installées. Les oiseaux, en particulier, encourent des risques de collision avec les pales des engins. 

"Le milieu étant déjà très impacté" par les conséquences de la surpêche, la pollution et autres effets de l'activité humaine, "o_n fait peser un mille-feuilles de pression sur la faune sauvage_" insiste la scientifique. 

Retour d'expérience

La Belgique, leader mondial de l'industrie éolienne offshore, surveille de près l'impact environnemental de ses parcs. Une étude menée par le Muséum de sciences naturelles belge ne pointe aucun problème majeur et identifie même plusieurs effets positifs sur la biodiversité locale, à commencer par "l'effet récif". Les infrastructures immergées deviennent un nouvel habitat où la faune marine peut se développer. 

Tweet du compte du futur parc éolien en mer des îles d'Yeu et de Noirmoutier

La spécialiste des oiseaux et animaux marins, Emeline Pettex, complète : "Nous n’avons pas remarqué de chute massive de la démographie dans les pays qui ont déjà recourent à l’éolien offshore, en mer du Nord".  Elle ajoute, "les problèmes de protection de la faune marine était antérieurs à l'installation desinfrastructures". 

Jeu d'équilibre

Si l'expérience belge paraît enthousiasmante, Emeline Pettex, appelle à la prudence : “ne jouons pas aux apprentis sorciers”. Les conséquences, en particulier en zone marine, sont difficiles à quantifier. 

Dans le contexte du changement climatique, la chercheuse est plutôt favorable à l'usage des éoliennes offshore. Elle invite toutefois à poursuivre et multiplier les recherches pour déterminer les zones où il est possible d'y installer des fermes et celles qu'ils faut à tout prix protéger. “_C’est un jeu d’équilibriste donc on sort en faisant un maximum de mesures et d'études en amont et en temps réel_”. 

L'écologue finit par rappeler : "il est capital d'être vigilant à propos de cette nouvelle activité marine mais il faut continuer de questionner celles qui existent déjà".