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Micro-organismes marins : le navire de recherche Tara est de retour, après deux ans de mission

La goélette Tara au large du Brésil, dans le cadre de la mission microbiomes
La goélette Tara au large du Brésil, dans le cadre de la mission microbiomes   -   Tous droits réservés  CARL DE SOUZA/AFP   -  
Par Margaux Racaniere

Ils étaient nombreux ce samedi après-midi sur les quais de Lorient, venus acclamer l'arrivée de la goélette Tara. L'embarcation scientifique revient d'un long périple de deux ans, où elle a parcouruplus de 70 000 kilomètres, le long des cotes sud-américaines et ouest-africaines, en passant par l'Antarctique pour analyser les micro-organismes marins. 

En tout près de 80 chercheurs et 15 marins se sont relayés à bord du navire de 36 mètres de long et 27 de haut, depuis son départ en 2020.

À la conquête du microbiome océanique, qui fournit la moitié de l'oxygène sur terre.

On peut définir le microbiome océanique comme la communauté des microbes de l'océans. Cela comprend la plupart des organismes qui dérivent au gré des courants, comme le plancton, la nourriture de base de nombreux mollusques et autres habitants des océans.

Les scientifiques de la mission Tara définissent ces micro-organismes comme le "peuple invisible" de la mer. Méconnus, ils sont pourtant un maillon indispensable de la vie, dans la mer comme sur terre. Ils fournissent plus de la moitié de l'oxygène que nous respirons et captent plus de CO2 que toutes les forêts terrestres. 

La goélette Tara a déjà réalisé une importante mission entre 2009 et 2013 pour identifier et catégoriser les micro-organismes marins. La mission "microbiome", cherchait, elle, plutôt à identifier la manière de fonctionner de ces êtres invisibles des fonds marins.

"Contrairement aux missions précédentes qui réalisaient un échantillonnage uniforme partout où passait le bateau pour révéler : Qui est là ?, nous avons adapté les protocoles pendant la mission Microbiomes pour comprendre : Comment ça marche ?" précise Colomban de Vargas, chercheur au CNRS/Sorbonne (site de la fondation Tara océan).

Cette expédition microbiome fait partie du projet de recherche AtlanEco financé à hauteur de près de 11 millions d'euros par la Commission européenne.  

De nouveaux antibiotiques

Les scientifiques présents à bord ont prélevé près de 25 000 échantillons, stockés à -180°C, qui ont été envoyés aux quelques 42 structures de recherches impliquées. Les premiers résultats devraient arriver d'ici deux à trois ans.

On cherche à identifier de nouveaux usages de ces microalgues, comme par exemple dans le domaine médical : "On sait que ce microbiome marin utilise aussi des antibiotiques pour combattre d’autres micro-organismes qui sont en présence, décrit le chercheurs du CNRS Samuel Chaffront, et donc on peut, en étudiant ce microbiome, découvrir de nouvelles molécules antibiotiques".

Pour les résultats de l'expédition, rendez-vous à partir de 2024.