Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Les 1 % les plus riches ont déjà épuisé leur budget carbone 2026 en 10 jours, selon des experts

Un manifestant tient une pancarte où l’on peut lire « Les riches sont mûrs pour la destruction ».
Un manifestant brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « Les riches sont mûrs pour la destruction ». Tous droits réservés  Patrick Perkins via Unsplash.
Tous droits réservés Patrick Perkins via Unsplash.
Par Liam Gilliver
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

Les gouvernements sont sous pression pour interdire les biens de luxe à forte intensité carbone et taxer les profits du secteur des énergies fossiles afin d’atteindre les objectifs climatiques.

Les ultra-riches attisent la crise climatique par une « irresponsabilité carbone flagrante » alors que les appels à renforcer l’impôt sur la fortune se font de plus en plus pressants.

Une nouvelle analyse d’Oxfam révèle que le 1 % le plus riche a déjà épuisé son budget carbone annuel dix jours à peine après le début de 2026. Cela correspond au moment où les émissions de CO2 dépassent les limites destinées à maintenir le monde à 1,5 °C de réchauffement. On parle souvent de « Jour des Pollutocrates ».

Oxfam a également constaté que les 0,01 % les plus riches ont dépassé leur plafond carbone dans les 72 premières heures de la nouvelle année (3 janvier) et avertit que les ultra-riches doivent réduire leurs émissions de 97 % d’ici 2030 pour respecter les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris, juridiquement contraignant.

Comment les riches affectent-ils le climat ?

Si les ultra-riches sont depuis longtemps critiqués pour l’usage inconsidéré des jets privés et des superyachts, l’analyse révèle que leur mode de vie n’est pas le seul problème. Les personnes et entreprises les plus fortunées disposent aussi d’un pouvoir et d’une influence disproportionnés, beaucoup investissant dans les industries les plus polluantes du monde.

Par exemple, le nombre de lobbyistes issus desentreprises de combustibles fossiles présents au récent sommet de la COP30 au Brésil l’an dernier dépassait celui de toute délégation hormis celle du pays hôte, avec pas moins de 1 600 participants.

« L’immense pouvoir et la richesse des individus et des entreprises ultra-riches leur ont également permis d’exercer une influence injuste sur l’élaboration des politiques et d’édulcorer les négociations climatiques », déclare Nafkote Dabi, responsable des politiques climatiques d’Oxfam.

Les recherches de l’ONG montrent qu’en moyenne, chaque milliardaire détient un portefeuille d’investissements dans des entreprises qui produiront 1,9 million de tonnes de CO2 par an, ce qui, selon elle, « enfermera encore davantage le monde dans le dérèglement climatique ».

Toujours selon son analyse, les émissions du 1 % le plus riche générées en une seule année provoqueront, d’ici la fin du siècle, environ 1,3 million de décès liés à la chaleur et entraîneront des « dommages économiques significatifs » dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur. Oxfam estime que ces pertes pourraient atteindre jusqu’à 44 000 milliards de dollars (environ 37 000 milliards d’euros) d’ici 2050.

Des appels à un impôt sur la fortune

Oxfam appelle désormais les gouvernements à réduire drastiquement les émissions des ultra-riches et à faire payer les riches pollueurs via une hausse des impôts sur le revenu et sur la fortune.

Une « taxe sur les profits des riches pollueurs » appliquée à 585 entreprises du pétrole, du gaz et du charbon pourrait rapporter jusqu’à 400 milliards de dollars (environ 343,5 milliards d’euros) la première année. Oxfam indique que cela équivaut au coût des dommages climatiques dans le Sud global, qui en subit les effets de manière disproportionnée.

L’ONG plaide aussi pour une interdiction ou une taxation punitive des « biens de luxe à forte intensité carbone », tels que les superyachts et les jets privés. L’empreinte carbone d’un Européen ultra-riche, accumulée en près d’une semaine d’utilisation de ces moyens de transport gourmands en carburant, équivaut à l’empreinte carbone sur toute une vie d’une personne appartenant au 1 % le plus pauvre du monde.

« À maintes reprises, les recherches montrent que les gouvernements disposent d’une voie très claire et simple pour réduire drastiquement les émissions de carbone et lutter contre les inégalités : en ciblant les pollueurs les plus riches », ajoute Dabi.

« En s’attaquant à l’irresponsabilité carbone flagrante des ultra-riches, les dirigeants mondiaux ont l’occasion de remettre le monde sur la voie des objectifs climatiques et de dégager des bénéfices nets pour les populations et la planète. »

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Pourquoi les scientifiques redoutent une nouvelle fonte du dôme de glace de Prudhoe, au Groenland

Une baleine rare connaît un regain de naissances, mais pourrait disparaître selon des scientifiques

« Attaque directe » : Trump a sapé les progrès climatiques en dix jours début 2026