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Energy Observer, le "bateau du futur", fait escale à Londres

Energy Observer, naviguant sur la Tamise à Londres, le 3 octobre 2019
Energy Observer, naviguant sur la Tamise à Londres, le 3 octobre 2019 -
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Tolga Akmen / AFP
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Energy Observer a bouclé la dernière escale de son périple en Europe du Nord. Ce catamaran, véritable "laboratoire flottant" conçu pour naviguer en autonomie énergétique totale, a pris ses quartiers dans la capitale britannique, après avoir parcouru des dizaines de milliers de milles nautiques depuis son départ de Saint-Malo en 2017. Il resté amarré sous le Tower Bridge quelques jours avant de quitter Londres pour rallier ce lundi Dunkerque avant de rejoindre la cité corsaire, son port d'attache, où il est attendu à partir du 20 octobre.

Retour en France avec Victorien Erussard

🔴Live from #EnergyObserver, avec notre capitaine Victorien Erussard, très satisfait des performances énergétiques du bateau pendant cette navigation vers les côtes françaises. Amarrage imminent au port de #Dunkerque ! 🔴Live from #EnergyObserver, with our captain Victorien Erussard, very satisfied with the boat's energy performance during this navigation to the French coast. Imminent docking at the port of #Dunkirk!

Publiée par ENERGY OBSERVER sur Lundi 14 octobre 2019

L'équipe, qui a développé ce grand catamaran de 30 mètres de long et 13 de large, avait pour objectif de mettre au point le premier bateau à hydrogène visant l’autonomie énergétique. Des solutions favorisant la transition écologique sont ainsi testées à bord. Il combine les énergies éolienne, solaire et à hydrogène pour se déplacer et recharger ses batteries. L'Energy Observer n'émet ni CO2, ni particules fines.

Pour ce faire, sa coque est couverte de 168 mètres carrés de panneaux solaires. Pour naviguer à la force du vent, le navire est équipé d'un gréement optimisé, des ailes de 12 mètres de haut baptisées "Oceanwings". Ses hélices sont également mises à profit pour exploiter l'énergie des vagues pour produire de l'électricité.

La pièce maîtresse d'Energy Observer est sans conteste son système de propulsion à hydrogène, utilisé lorsque les conditions ne permettent pas de naviguer avec les énergies renouvelables. Le bateau est capable de produire son propre hydrogène en pompant de l'eau de mer. Un dispositif réalise l'électrolyse de l'eau en la décomposant en ses éléments simples ; l'oxygène est séparé de l'hydrogène qui alimente alors une pile à combustible produisant l'énergie électrique nécessaire.

Depuis le début de son périple en 2017, le catamaran a parcouru 18 000 milles nautiques, jetant l'ancre dans 25 pays. L'équipage de l'Energy Observer a pu directement observé l'impact du changement climatique lors des étapes arctiques, notamment lors de la navigation vers l'île du Spitzberg, dans l'archipel norvégien du Svalbard.

"Nous avons pu observer les effets du réchauffement climatique à travers la fonte des glaciers, en comparant des clichés pris il y a 100 ans et à d'autres pris aujourd'hui" explique le capitaine Victorien Erussard.

A 6 millions d'euros, la technologie à l'hydrogène n'est pas encore abordable pour une grande partie de l'industrie maritime. Cela changera un jour ou l'autre affirme pourtant Victorien Erussard.

"C'est comme toutes les nouvelles technologies. Au début, les poste de télévision étaient très chers. Mais dès que la demande en téléviseurs a été forte, les prix ont baissé", indique-t-il.

"Avec l'hydrogène, c'est la même chose. Cette technologie est actuellement deux à quatre fois plus chère que les moteurs thermiques. Mais je pense que dans quelques années, cet écart se réduira." conclue ainsi le capitaine du bateau.

Energy Observer a été développé et financé par un groupe d'acteurs publics et privés, dont les groupes français Engie et Air Liquide, ainsi que constructeur automobile japonais Toyota. Ce catamaran est un ancien bateau de course reconditionné. Il a été construit en 1983 au Canada et baptisé "Formule Tag" avec le skipper Mike Birch à sa barre. Lorsque le bateau sera de retour à Saint-Malo, il "subira" une remise à jour technologue avant de reprendre la mer en 2020 avec le Pacifique comme nouvel horizon.

REUTERS/Eva Plevier
Energy Observer, photographié à Amsterdam, le 20 avril 2019REUTERS/Eva Plevier
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