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Royaume-Uni : les enfants grandissent avec l’obésité, quelle situation en Europe ?

Une personne en surpoids mange à Londres, le mercredi 17 octobre 2007.
Une personne en surpoids mange à Londres, le mercredi 17 octobre 2007. Tous droits réservés  Kirsty Wigglesworth/AP2007
Tous droits réservés Kirsty Wigglesworth/AP2007
Par Servet Yanatma
Publié le
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Royaume-Uni : la taille moyenne augmente, les chercheurs l’attribuent à l’essor de l’obésité infantile, record en Europe

La taille moyenne des enfants en Grande-Bretagne a augmenté ces vingt dernières années, selon une récente étude. Mais les raisons de cette évolution ont de quoi inquiéter. Ces gains ne sont pas liés à une amélioration de la santé des enfants. Selon les chercheurs, la hausse de la taille moyenne est étroitement associée à l’augmentation de l’obésité infantile parmi les enfants les plus défavorisés et à l’aggravation des inégalités socio-économiques.

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Le taux d’obésité chez les enfants et les adolescents augmente-t-il au Royaume-Uni ? Quels pays affichent la plus forte prévalence d’obésité chez les 5–19 ans en Europe ?

Des chercheurs de l’université d’Oxford et de l’University College London ont constaté que les enfants d’Angleterre, d’Écosse et du pays de Galles grandissent. L’étude (source en anglais) menée par Andrew Moscrop et ses collègues, publiée dans le Journal of Epidemiology & Community Health, souligne que ces résultats contredisent de récents articles parus dans les médias britanniques.

L’étude montre que la taille moyenne, standardisée selon l’âge, des garçons de 11 ans en Angleterre est passée de 145 cm durant l’année scolaire 2009/10 à 145,7 cm en 2019/20. Elle a ensuite augmenté plus nettement pour atteindre 146,5 cm en 2020/21, pendant la pandémie de Covid-19, avant de redescendre légèrement à 146,4 cm en 2023/24.

La taille moyenne est plus élevée chez les filles du même âge, mais la tendance est très similaire. Elle est passée de 145,8 cm en 2009/10 à 146,6 cm en 2019/20. Elle a ensuite atteint 148 cm pendant la pandémie, avant de s’établir à 147,5 cm en 2023/24.

Cependant, ces gains de taille ne témoignent pas d’une meilleure santé des enfants. Les hausses de taille moyenne sont au contraire associées à une progression de l’obésité infantile chez les enfants les plus pauvres et à un creusement des inégalités socio-économiques.

Les chercheurs soulignent que la fermeture des écoles et le confinement à domicile pendant la pandémie de Covid-19 ont réduit les possibilités d’activité physique et entraîné une alimentation moins saine chez les enfants britanniques, en particulier ceux issus des milieux les plus défavorisés.

Résultat : l’obésité infantile progresse dans les zones défavorisées. Les enfants des communautés les plus pauvres grandissent en moyenne davantage, et les chercheurs estiment que cela est lié à la hausse des taux d’obésité.

Par exemple, la taille moyenne des garçons de 11 ans vivant dans les zones les plus défavorisées d’Angleterre a augmenté de 1,7 cm entre 2009/10 et 2023/24. Sur la même période, la part des enfants en surpoids ou obèses est passée de 37,7 % à 43,3 %.

Les inégalités de taille diminuent

L’étude met aussi en évidence une réduction des écarts de taille, et, chez les filles, un renversement de la tendance. Chez les garçons, l’écart de taille entre les déciles les plus et les moins défavorisés se réduit au fil de la période étudiée. Les enfants du groupe le moins défavorisé restent toutefois en moyenne les plus grands.

L’évolution est plus marquée chez les filles. Si l’écart lié au niveau de privation a toujours été plus faible pour les filles que pour les garçons, il s’est complètement résorbé pendant la pandémie et s’est même, brièvement, inversé : les filles du décile le plus défavorisé dépassaient alors celles du décile le moins défavorisé.

Qu’est-ce que le décile de privation ?

La « privation » renvoie aux besoins non satisfaits des populations. Les chercheurs ont utilisé l’Index of Multiple Deprivation, une mesure gouvernementale qui combine des facteurs tels que le revenu, l’emploi, l’éducation, la santé, la criminalité et le logement en un score unique pour chaque petite zone. Les diviser en dix groupes égaux, ou déciles, permet de comparer les 10 % de quartiers les plus défavorisés aux 10 % les moins défavorisés.

Interrogé sur le blog de l’université d’Oxford, Moscrop les décrit simplement comme des quartiers « plus pauvres » et « plus riches ».

« Les enfants des quartiers plus pauvres sont exposés à davantage de points de vente d’aliments malsains et à moins de sources d’aliments sains », explique-t-il.

L’obésité infantile, un problème en pleine expansion

Les données de l’OMS montrent que l’obésité infantile augmente régulièrement en Europe.

Dans la région Europe de l’OMS, qui couvre une cinquantaine de pays, dont la Russie, la Turquie et plusieurs États d’Asie centrale, la prévalence chez les 5–19 ans a doublé, passant de 3,8 % en 1990 à 8 % en 2022.

Le Royaume-Uni a connu une hausse encore plus marquée, de 4,5 % à 11,3 % sur la même période.

En 2022, il s’agissait du taux le plus élevé parmi les cinq plus grandes économies européennes, devant l’Espagne (10,5 %), l’Italie (9,6 %) et l’Allemagne (8,5 %). La France affichait le taux le plus bas des cinq, à seulement 4,1 %.

Parmi la quarantaine de pays européens inclus dans les données de l’OMS, la Hongrie présentait en 2022 le taux d’obésité infantile le plus élevé, avec 14,8 %, suivie de Chypre (14,1 %) et de la Finlande (12,7 %).

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