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La Commission européenne évalue la mise en œuvre d’un salaire minimum dans tous les Etats membres

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Par Elena Cavallone
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La Commission européenne évalue la mise en œuvre d’un salaire minimum dans tous les Etats membres
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Employés de supermarché, agent de nettoyage, livreurs, toutes ces activités se sont poursuivies malgré le confinement. Ces travailleurs ont souvent comme point commun de toucher de faibles revenus.

La pandémie a révélé au grand jour les inégalités salariales et le sort des travailleurs pauvres. La Commission européenne a donc lancé mercredi une consultation avec les partenaires sociaux sur la mise en place d’un salaire minimum dans tous les Etats membres. Pour secrétaire générale adjointe de la Confédération européenne des syndicats (CES), Esther Lynch, il faut "renforcer la demande" et permettre aux bas salaires de pouvoir consommer. De son côté le patronat n’a pas souhaité s’exprimer sur cette question.

Selon la Commission le projet n’est pas d’établir un salaire minimum commun à tous les Etats membres. Il s’agit davantage d’un ensemble de conditions à remplir pour mettre en œuvre cette mesure à l’échelle nationale.

Les disparités sont en effet fortes entre les Etats membres. Le salaire minimum atteint 286 euros en Bulgarie. Au Luxembourg ce montant est à presque 2 000 euros. Les pays scandinaves sont assez réticents car selon leur système le revenu minimum doit être le résultat d’une négociation sociale. L’eurodéputée libérale Yana Toom veut balayer cet argument. "A chaque fois que vous touchez à quelque chose qui fonctionne dans les Etats membres il y a la crainte de voir le régulateur européen diminuer ces standards. Mais ce n’est pas le cas (…) si vous voulez payer vos travailleurs disons 70% du salaire médian c’est votre choix, mais pas mois de 60%", donne comme exemple la rapporteure du texte au Parlement européen.

La Commission s’interroge sur la nécessité de rendre cette législation obligatoire pour être certaine de voir tous les gouvernements appliquer cette mesure. Selon Yana Toom "il n’est pas nécessaire de continuer à établir des recommandations que personne n’applique. Il faut que cela soit obligatoire et il est absolument clair qu’un salaire minimum doit permettre des conditions de travail décentes".

La consultation se poursuivra jusqu’en septembre. Toutefois beaucoup craignent que la mise en œuvre d’une telle mesure prenne beaucoup trop de temps.

Journaliste • Grégoire Lory