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Les sanctions européennes contre la Russie marquent un nouveau pas vers l'intégration entre les 27

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Par Grégoire Lory
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Pascal Lamy, ancien directeur de l'Organisation mondiale du commerce
Pascal Lamy, ancien directeur de l'Organisation mondiale du commerce   -   Tous droits réservés  Virginia Mayo/AP2010

Face à la force militaire russe en Ukraine, l'Union européenne privilégie la réponse économique. Les 27 ont adopté plusieurs paquets de sanctions particulièrement sévères. L'arme commerciale n'a rien de nouveau. L'embargo américain contre Cuba ou les sanctions internationales contre le régime de l'apartheid en Afrique du Sud soulignent la récurrence de cet outil.

Pour l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (l'OMC), Pascal Lamy, la situation actuelle avec la Russie est différente. "Cette fois-ci, c'est la proportion qui a changé parce que la Russie est un gros acteur sur un certain nombre de marchés, notamment énergétique et alimentaire, "confie-t-il. " Et les Occidentaux réagissent à l'agression militaire russe, en tapant sur le point faible de la Russie qui est son économie.Le mur de Berlin est tombé, parce que l'économie soviétique était trop faible. Et; je crois personnellement, que Poutine, dans cette affaire, prend un risque très important pour l'économie de son pays."

L'Union européenne se renforce à travers les sanctions contre la Russie

La Russie fait partie des trois premiers producteurs de pétrole. Elle dispose de 20% des réserves de gaz mondiales. Moscou est aussi une puissance agricole puisque le pays est le premier exportateur mondial de blé. Son poids sur ces marchés soulève des questions sur les conséquences liées aux sanctions. "On va s'apercevoir, que quand les marchés internationaux sont perturbés; cela coûte cher au consommateur. Il va falloir s'y préparer."

En prenant ces sanctions économiques, les Etats membres de l'UE construisent aussi un peu plus leur autonomie commerciale et stratégique. C'est l'analyse de Pascal Lamy."Petit à petit, l'Union européenne progresse vers, disons, les rivages de la puissance dont rêve un certain nombre d'Européens, pas tous d'ailleurs, y compris sur le plan de la politique commerciale. Petit à petit, en étoffant son arsenal de réplique à des sanctions commerciales, je crois que c'est le cas", précise celui qui est aussi le président émérite de l'Institut Jacques Delors. " Et puis par ailleurs il y a des mesures plus symboliques comme celle qui consiste à exporter des armes létales vers un pays en guerre. Symboliquement, c'est extrêmement important. Et je pense que là, on a effectivement franchi, une fois de plus, une étape vers ce qui commence à ressembler à une puissance européenne, même s'il y a encore beaucoup de chemin à faire."

Depuis 10 ans, l'Union européenne a fait sauter différents tabous avec par exemple l'intervention de la Banque centrale européenne pendant la crise des subprimes en 2008 ou encore la mise en commun d'une partie de la dette avec le plan de relance face à la pandémie de covid-19. Aujourd'hui les 27 poursuivent donc leur parcours vers une plus grande intégration.

Journaliste • Laura Vandormael

Video editor • Vassilis Glynos