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La Commission européenne veut renforcer la lutte contre les abus sexuels sur les enfants

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Par Grégoire Lory
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La Commissaire européenne aux Affaires intérieures présente ses propositions pour lutter contre les abus sexuels sur les enfants
La Commissaire européenne aux Affaires intérieures présente ses propositions pour lutter contre les abus sexuels sur les enfants   -   Tous droits réservés  Christophe Licoppe/ EU

Les chiffres sont effrayants. Pour l'année 2021 uniquement, 85 millions d'images ou de vidéos montrant des enfants victimes d'abus sexuels ont été signalées dans le monde. Pour lutter contre ce phénomène qui s'est aggravé avec la pandémie de covid-19 et les confinements, la Commission européenne a présenté mercredi des propositions pour renforcer sa législation.

La Commissaire européenne en charge des Affaires intérieures souligne l’ampleur de la tâche. "Les rapports sur les photos et les vidéos concernant les abus sexuels d'enfants liés à l'Union européenne ont augmenté de 6 000% en 10 ans. 90% des contenus d'abus sexuels sur enfants sont hébergés dans l'Union européenne", insiste Ylva Johansson.

Avec ses propositions la Commission veut passer d'un système de détection volontaire des contenus illégaux à une procédure obligatoire. Les fournisseurs et les plateformes devront surveiller les risques de détournement de leurs services. Les entreprises devront détecter puis signaler ces éléments auprès d'un nouveau Centre européen consacré à la lutte contre les abus sexuels sur les enfants. Ces contenus devront être retirés dans les plus brefs délais.

L’association de défense des droits de l'enfant Child Focus salue ces mesures car les dangers sont nombreux et surviennent toujours plus tôt.

"Nous voyons en Belgique, mais c'est la même tendance à l'échelle mondiale, qu'en quatre ans la moyenne d'âge du premier smartphone est passée de 12 à 8 ans. Cela a un impact énorme sur le rapport des enfants à Internet et il faut qu'ils puissent éviter les comportements à risque", explique Niels van Paemel, chargé des questions politiques de Child Focus.

Les fournisseurs et les plateformes soulèvent cependant des inquiétudes en matière de protection de la vie privée. Certains évoquent un système de surveillance excessif. A ces craintes la Commission demande l'utilisation d'outils les moins intrusifs possibles.