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Avenir de l'Europe : vers une nouvelle communauté politique européenne?

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Par Oceane Duboust  & Ophélie Barbier, Alexis Caraco, Quentin Maury
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Emmanuel Macron, président français, à la Conférence sur l'avenir de l'Europe le 9 mai 2022.
Emmanuel Macron, président français, à la Conférence sur l'avenir de l'Europe le 9 mai 2022.   -   Tous droits réservés  Jean-Francois Badias/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Le président français Emmanuel Macron, dont le pays assure la présidence du Conseil de l'Union européenne jusqu'au 30 juin 2022, a appelé à la création d’une communauté politique européenne, à l'occasion de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Mais quel est ce chantier espéré pour l’avenir européen ?

Au cours de sa prise de parole au parlement européen à Strasbourg le 9 mai dernier, le chef de l'Etat français s’est dit favorable à une révision des traités de l'Union européenne pour gagner en efficacité institutionnelle et créer, à la suite, une communauté politique européenne.

Le but de cette nouvelle structure serait de créer une coordination politique de solidarité et de coopération en termes d’énergie, de sécurité, de transport, d’infrastructures. Car, pour Emmanuel Macron, “l’Union européenne ne peut pas, à un court terme, être la seule façon de structurer le continent européen”.

Cette nouvelle communauté politique permettrait d’acquérir plus de stabilité avec d’anciens pays membres de l’Union européenne, comme le Royaume-Uni, mais aussi avec des pays qui souhaitent en faire partie, comme l’Ukraine.

L’Ukraine, pour son combat et son courage, est déjà membre de l’Europe, de notre famille, de notre Union.
Emmanuel Macron, Président de la république française

Aujourd’hui, seuls cinq pays ont candidaté officiellement à l'intégration de l'Union européenne : l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie et la Turquie. Pour le moment, l’Ukraine n’est pas officiellement candidate. La Commission européenne décidera de l'obtention de ce statut au mois de juin. Outre l'Ukraine, trois autres nations ont déposé leur candidature sans qu'elle soit encore acceptée par Bruxelles : la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et la Moldavie.

Au cours de son allocution, le président français a déclaré que “l’Ukraine, pour son combat et son courage, est déjà membre de l’Europe, de notre famille, de notre Union”. Pour autant, l’accès du pays à l’Union européenne prendra du temps : “nous savons tous très bien que le processus d’accession de l'Ukraine pourra prendre des années”

Suite à cette prise de parole, certains pays membres de l’Union européenne ont confié redouter une entrée trop rapide de l’Ukraine dans l’organisation européenne, qui engendrerait une remise en question des normes d’entrées dans l’union : une idée que le président français a rejetée. Pour le moment, l’Ukraine ne dispose que d’un accord d’association avec l’Union européenne.

Mais alors, quelles seraient les limites de cette structure, désirée par Emmanuel Macron ? Comme l’a expliqué le chef de l'Etat français à l’occasion de la conférence sur l’avenir de l’Europe, “joindre nos forces ne voudrait pas dire que vous ferez partie, dans le futur, de l’Union européenne. Et cette structure ne se limitera pas uniquement aux pays qui ont quitté l’Union”.

Ce projet d’Emmanuel Macron, qui crée débat, n'est pas nouveau : en 1989, après la chute du mur de Berlin, son prédécesseur François Mitterrand annonçait vouloir créer une Confédération européenne qui associerait tous les Etats du continent européen dans une organisation unique.

(Service photographique de l’Elysée / DR Institut François Mitterrand)
Allocution de François Mitterrand, ancien président français, au sommet organisé à Prague sur un projet de confédération européenne.(Service photographique de l’Elysée / DR Institut François Mitterrand)

Au mois d’avril 2022, le dirigeant du Parti démocrate italien Enrico Letta, a également proposé la création d’une confédération européenne similaire, unie sur un espace économique partagé et avec, peut-être, une cause commune à défendre.