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Qu'est ce que le projet de "communauté politique européenne" proposé par Macron ?

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Par euronews  avec AFP
Le président français, Emmanuel Macron, lors de la conférence sur l'avenir de l'Europe organisée à Strasbourg, le 9 mai 2022
Le président français, Emmanuel Macron, lors de la conférence sur l'avenir de l'Europe organisée à Strasbourg, le 9 mai 2022   -   Tous droits réservés  AP Photo/Jean-Francois Badias)

Salle d'attente ou porte de sortie ? Face à la délicate question de l'adhésion de nouveaux pays à l'Union européenne, le président français a ce lundi proposé la création d'une "communauté politique européenne". L'objectif de ce nouvel ensemble serait d'intégrer les pays candidats en attendant l'achèvement des très longues procédures d'adhésion, qui prennent parfois plusieurs "décennies" de l'aveu du locataire de l'Elysée. 

Cette idée, est toutefois susceptible de créer craintes et frustrations parmi les candidats déjà déclarés ou potentiels à une adhésion européenne, qui pourraient la considérer comme une sorte de "seconde division".  Ainsi, dans le cas l'Ukraine, cette proposition risque de doucher les espoirs d'adhésion rapide de Kyiv. 

Le chef de l'Etat français a dévoilée sa proposition lors de son premier discours sur l'Europe depuis a réélection, prononcé à Strasbourg où été organisée un grande conférence sur l'avenir du Vieux Continent à l'occasion de la "journée de l'Europe" célébrée chaque 9 mai. 

Cette "communauté politique européenne", dont Emmanuel Macron a précisé les contours dans la foulée lors d'une conférence de presse commune avec Olaf Scholz à Berlin, pourrait offrir une "autre forme de coopération", a-t-il dit. Le chancelier allemand a d'ailleurs jugé cette idée "très intéressante" lors de cette rencontre organisée dans la capitale allemande, quelques heures plus tard ce lundi, lors du premier déplacement international de président français depuis son investiture pour un second mandat.     

Cette organisation "permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération", a ainsi expliqué Emmanuel Macron. 

L'Ukraine, mais aussi des pays peu avancés sur la voie de l'adhésion, comme la Bosnie-Herzégovine. Le président français a aussi jugé que le Royaume-Uni, qui a quitté en 2020 l'UE, pourrait y avoir "toute sa place" dans cette nouvelle entité qui serait "peut-être un moyen de retrouver une stabilité et une autre forme de coopération". 

Il a aussi mentionné les pays "qui sont embarqués dans des questions d'adhésion (...) parfois depuis des décennies", dans une allusion apparente à la Turquie.

La proposition relance le débat, déjà ancien et controversé, sur l'éventualité d'une Union européenne organisée en plusieurs cercles concentriques avec des pays bénéficiant de niveaux d'intégration différents. 

Avis de l'UE en juin sur le statut de candidat officiel de l'Ukraine

Bien que cette proposition puisse apparaître comme un frein à la demande d'adhésion rapide de l'Ukraine à l'UE, le processus suit son cours. En effet, la Commission européenne compte donner en juin son avis sur l'obtention par l'Ukraine du statut de candidat officiel à l'UE, susceptible d'ouvrir la voie à un long processus de négociations nécessitant l'accord des Vingt-Sept, a annoncé Ursula von der Leyen ce lundi.

"Nous attendons avec impatience de recevoir les réponses (de l'Ukraine) au questionnaire d'adhésion à l'UE. La Commission européenne de l'UE a l'intention de rendre son opinion en juin", a ainsi tweeté la présidente de la Commission.

L'UE a lancé le 7 mars la procédure d'examen de la demande d'adhésion déposée par l'Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé le 18 avril l'espoir d'obtenir pour son pays ce statut de candidat "dans les semaines à venir". Il avait remercié Bruxelles de sa rapidité, notant qu'habituellement, l'obtention du statut de candidat à l'UE "prend des années".

Volodymyr Zelensky avait alors transmis à l'ambassadeur de l'UE en Ukraine, Matti Maasikas, deux volumineux dossiers constituant la demande d'entrée dans l'UE.

AP photo via le service de presse de la présidence européenne
Volodymyr Zelensky remettant à Matti Maasikas, la demande d'adhésion de l'Ukraine à l'UE, le 18 avril à KyivAP photo via le service de presse de la présidence européenne

A titre de comparaison, la Roumanie, qui a intégré l'UE en 2007, avait présenté sa candidature le 22 juin 1995 et l'avis de la Commission avait été rendu le 15 juillet 1997.

Une fois l'avis de la Commission exprimé, commencent des discussions entre le pays candidat et l'exécutif européen, avant l'ouverture de négociations officielles d'adhésion qui nécessitent un accord à l'unanimité des Vingt-Sept.

L'intégration à l'UE est un processus au long cours pour rapprocher la législation du pays candidat du droit européen. Il nécessite des négociations complexes sur de nombreux sujets et des critères difficiles à respecter pour un pays en guerre comme la stabilité politique et une économie de marché viable.

Cinq pays sont actuellement officiellement candidats à l'UE, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l'Albanie et la Turquie. Outre l'Ukraine, trois autres nations ont déposé leur candidature sans qu'elle soit encore acceptée par Bruxelles, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et la Moldavie. Enfin, le Kosovo qui, lui, n'a pas déposé de demande de candidature, jouit du statut de "candidat potentiel".