Sobriété énergétique : Strasbourg vs Bruxelles

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Par Vincenzo Genovese  & Euronews
La crise énergétique soulève la question du siège unique du Parlement européen
La crise énergétique soulève la question du siège unique du Parlement européen   -   Tous droits réservés  Genevieve ENGEL/ European Union 2019 - Source : EP

En pleine crise énergétique, les institutions de l’UE participent aussi à l'effort de sobriété. La Commission européenne a réduit de 2°C le chauffage, ainsi que l'humidification de ses bureaux. Ces décisions font suite à une baisse de 20% de la consommation totale d'énergie pour la période 2015-2021.

Le Parlement européen diminue lui aussi le thermostat et la lumière dans ses bâtiments, déjà équipés de panneaux photovoltaïques, de pompes à chaleur et d'unités de cogénération pour produire deux ressources énergétiques. L'hémicycle a d'ailleurs renoncé à 14 projets de travaux de rénovation pour pouvoir payer ses factures.

Toutefois la question de la consommation d'énergie du Parlement peut encore progresser pour de nombreux eurodéputés.

"Dans la situation actuelle je trouve totalement injustifié que le Parlement européen chauffe et éclaire deux lieux, que nous continuions à nous déplacer entre les deux sièges. Je pense que le temps de la crise énergétique nous devrions rester ici à Bruxelles", regrette l’eurodéputé écologiste Daniel Freund.

Selon les traités, Strasbourg est le siège du Parlement européen pour les sessions plénières, soit 12 fois par an. Les députés, qui mènent leurs travaux quotidiens à Bruxelles, se retrouvent cette semaine et pour la deuxième fois ce mois-ci dans la capitale alsacienne. La localisation de Strasbourg a des origines historiques mais qui apparaissent dépassées aujourd'hui pour certains élus.

"Je pense qu'en 2022, la relation entre l'Allemagne et la France est suffisamment forte pour se permettre un siège unique du Parlement européen", explique Daniel Freund.

Un rapport de la Cour des comptes européenne publié il y a plusieurs années estimait que maintenir les activités parlementaires à Bruxelles permettrait d'économiser 114 millions d'euros par an. Le document soulignait aussi que les déplacements à Strasbourg représentaient 19 000 tonnes de carbone supplémentaires.

Le souhait d’un seul siège n’a rien de nouveau mais la décision ne relève pas du Parlement. "Ce sont les gouvernements, en particulier le gouvernement français, qui nous empêchent de prendre cette décision. Si le Parlement pouvait décider de lui-même, je pense qu'il y aurait un siège unique ici à Bruxelles", souligne l’élu écologiste.

Dans une résolution adoptée en janvier 2020, le Parlement européen demandait aux Etats membres de s'entendre sur un siège unique, mais sans préciser lequel.