Des refoulements quasi systématiques aux frontières de l'UE

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Par Maria Psara  & Euronews
Selon le rapport "Le livre noir des refoulements", les expulsions illégales de migrants sont devenues quasi systématiques
Selon le rapport "Le livre noir des refoulements", les expulsions illégales de migrants sont devenues quasi systématiques   -   Tous droits réservés  Czarek Sokolowski/The AP

Les refoulements de migrants sont devenus systématiques aux frontières de l'Union européenne. C'est la conclusion des témoignages recueillis par le Réseau de surveillance des violences aux frontières et compilés dans la seconde édition du rapport intitulé "Le livre noir des refoulements".

L'organisation dénonce les actes de violence, de torture et les humiliations qui accompagnent souvent ces expulsions.

"Nous avons constaté une augmentation de pratiques assimilables à de la torture, ce qui inclut l'agression sexuelle d'une personne violée avec une branche d'arbre", souligne Hope Barker, co-autrice du rapport.

"Nous avons constaté une augmentation de l'usage des armes à décharge électrique, de personnes qui se font raser la tête ou qui se font raser des croix sur la tête et des formes de violence à caractère religieux", ajoute-t-elle.

Selon les auteurs du rapport, la Commission européenne ferme les yeux sur ces violations des droits de l'homme.

Si la politique migratoire relève de la compétence nationale, les eurodéputés soulignent que la question doit se régler à l’échelle de l’UE. Ils demandent à la Commission européenne d'ouvrir des procédures d'infraction à l'encontre des Etats membres impliqués.

"Nous avons des règles sur les procédures d'asile non seulement au Parlement, mais aussi dans les Etats membres. Ce sont donc des règles et c'est pourquoi la Commission doit agir", précise l’eurodéputée de la gauche radicale Cornelia Ernst.

L'étude rassemble plus de 1 600 témoignages de refoulements illégaux au cours des six dernières années dans 15 pays dont la Grèce, la Croatie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumaine.

Le rapport dénonce le choix par les autorités nationales d'ignorer les preuves de violations des droits de l'homme rassemblées par les ONG et le refus par les gouvernements d'ouvrir des enquêtes pour poursuivre les responsables.