Maintenir l'unité de l'UE sur la guerre en Ukraine "n'a pas toujours été facile"

Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell
Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell Tous droits réservés European Union, 2023.
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Par Efi KoutsokostaEuronews
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Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, reconnaît les difficultés politiques rencontrées par les 27 dans leur réponse à l'invasion russe. Mais il insiste sur la solidarité continue des Etats membres depuis le début de la guerre.

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Maintenir l'unité politique depuis l'invasion illégale de l'Ukraine par la Russie "n'a pas toujours été facile", admet le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Ses propos résument les mesures radicales et sans précédent prises par l'UE au cours de l'année écoulée, dont un grand nombre ont nécessité des négociations prolongées et difficiles.

"Cela n'a pas toujours été facile, mais jusqu'à présent nous avons réussi" à maintenir la solidarité, explique Josep Borrell à Euronews, après son intervention mercredi à Strasbourg devant Parlement européen.

"Certains (États membres) se sont plaints ; d'autres n'étaient pas d'accord, mais au final, nous avons maintenu l'unité dont nous avions besoin."

L'UE a adopté jusqu’à maintenant neuf trains de sanctions, dont une interdiction de grande envergure des importations de pétrole, des interdictions d’exportations pour plus de 35 milliards d'euros, l'expulsion des principales banques russes du système SWIFT et une longue liste noire de responsables de l'armée, d'oligarques et de propagandistes.

Un dixième train de sanctions est d’ailleurs en cours d'élaboration.

Dans son entretien avec Euronews, le responsable espagnol insiste sur l'efficacité des sanctions. C’est un "poison à action lente, mais certaine" qui gonfle le déficit budgétaire de la Russie et paralyse des secteurs industriels essentiels comme la construction automobile et l'aviation.

"Nous avons fait plus que ce que l'on pensait être possible", ajoute Josep Borrell.

"Ensuite, nous avons aussi la bataille diplomatique avec le reste du monde, où nous devons faire plus. Je ne dis pas que nous l'avons mal fait, mais nous ne l'avons sûrement pas assez bien fait."

"Et l'aide militaire (à l'Ukraine) doit augmenter et s'accélérer", poursuit-il, sans mentionner les avions de chasse que Kyiv réclame auprès de ses alliés.

"C'est ce que je demande aux États membres. La façon d'aider l'Ukraine, c'est maintenant et rapidement."

D’après Josep Borrell, la Russie a déployé environ 300 000 soldats - le double de ses forces par rapport à février dernier - et attend de lancer une attaque "si le temps le permet."

"Malheureusement, je crains que nous voyions cette guerre se poursuivre pendant encore un an", s’inquiète le chef de la diplomatie de l’UE. "La situation n'est pas facile et c'est pourquoi nous, Européens, devons continuer à faire la même chose" mais plus vite et plus fort.

En parallèle, il appelle l'UE à poursuivre "par tous les moyens" un accord de paix négocié, fondé sur le respect de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de la Charte des Nations Unies.

"Ce ne sont pas des choses contradictoires", estime-t-il.

Pour Josep Borrell, le sort de la guerre repose cependant sur les épaules d'un seul homme : le président russe.

Vladimir "Poutine a dit qu'il avait des objectifs militaires à remplir et tant qu'il ne l'aura pas fait, il ne sera pas disposé à arrêter la guerre", explique le diplomate.

"C'est lui qui a commencé la guerre et c'est lui qui doit l'arrêter."

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