Détention prolongée pour les eurodéputés Eva Kaili et Marc Tarabella

Les avocats d'Eva Kaili au palais de justice de Bruxelles
Les avocats d'Eva Kaili au palais de justice de Bruxelles Tous droits réservés Geert Vanden Wijngaert/AP
Par Efi Koutsokosta
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L’ancienne vice-présidente du Parlement européen, arrêtée en décembre, et le député européen belge sont soupçonnés de corruption dans l’hémicycle.

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L'ancienne vice-présidente du Parlement européen reste en prison. La détention d'Eva Kaili est donc prolongée pour au moins deux mois supplémentaires. La décision jeudi de la justice belge s'inscrit dans le cadre du scandale de corruption présumée au Parlement européen. Deux pays, le Qatar et le Maroc sont soupçonnés d'avoir cherché à influencer les décisions de l'institution.

L'avocat de l'eurodéputée grecque a demandé la libération sous condition de sa cliente ou qu'elle puisse quitter la prison avec un bracelet électronique, sans parvenir à convaincre les juges.

"Si quelqu'un devient simplement un symbole et que la détention est actée sur le symbolique de maintenir quelqu'un, parce qu'elle est connue, parce qu'elle est vice-présidente du Parlement Européen, je pense que ça n'a aucun sens", dénonce Me Sven Mary.

Les enquêteurs ont trouvé 150 000 euros dans l'appartement bruxellois d’Eva Kaili.

Son avocat grec dénonce les auditions de l'ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri, présenté comme le cerveau présumé de cette affaire de corruption. L'ex parlementaire a passé un accord avec la justice. L'Italien promet de tout révéler en échange d'une réduction de peine.

"La seule chose qu'il a dite est qu'il avait entendu dire qu'en 2019, le Qatar l'avait aidée (Eva Kaili) pour sa campagne électorale. C'est un mensonge, il a juste entendu cela, il n'a aucune preuve pour le justifier", insiste Me Michalis Dimitrakopoulos.

Pier Antonio Panzeri "est prêt à accuser n'importe qui afin de sauver sa famille et lui-même de la prison", ajoute-t-il.

Le même jour se déroulait la première audition d'un autre eurodéputé, Marc Tarabella. Le parlementaire belge a été arrêté la semaine dernière, quelques jours après la levée de son immunité.

Son avocat a demandé jeudi la récusation du juge d'instruction de l'affaire estimant que la présomption d'innocence n'avait pas été respectée.

"A notre sens, le dossier ne permet absolument pas de révéler la moindre trace d'argent suspect dans le chef de M. Tarabella", explique Me Maxime Töller

"Nous avons procédé à une analyse faite par un expert judiciaire. Nous avons déposé celle-ci aujourd'hui, elle aboutit au fait qu'il n'y a aucune trace du parachutage de 120 000 €ou 140 000 € sur le compte de M. Tarabella", poursuit-il.

Dans une lettre adressée à la présidente du Parlement européen, dix eurodéputés sociaux-démocrates dénoncent les conditions de détention dans la prison de Haren de leur ancienne collègue. Ils soulignent, entre autres, qu'après plus de deux mois d'incarcération Eva Kaili n'a pu voir que deux fois voir sa fille âgée de deux ans. La lumière de sa cellule est allumée en continu et l’eurodéputée n’aurait pas eu droit pendant deux jours au mois de janvier à un second un manteau pour se protéger du froid.

Les signataires estiment que si les faits sont avérés, ces conditions sont "incompatibles" avec l’Etat de droit. Ils demandent à la présidente du Parlement européen de prendre les mesures appropriées.

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