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L’agriculture au centre de la campagne électorale néerlandaise

L'agriculture est un thème central de la campagne électorale aux Pays-Bas
L'agriculture est un thème central de la campagne électorale aux Pays-Bas Tous droits réservés Peter Dejong/ AP
Tous droits réservés Peter Dejong/ AP
Par Vincenzo Genovese
Publié le Mis à jour
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Les élections législatives se dérouleront le 22 novembre aux Pays-Bas. L'agriculture est un thème central de la campagne. Le plan azote, présenté en juin 2022, a provoqué la colère des agriculteurs. Dans la foulée, le succès du Mouvement agriculteur-citoyen, BBB, a bousculé le paysage politique.

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Un Etat de 18 millions d'habitants et de plus de 116 millions d'animaux d'élevage. Les Pays-Bas sont le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et la moitié de son territoire est consacrée à l'agriculture, autrement dit, une superpuissance agricole malgré sa petite superficie.

Or, cette situation pourrait devenir problématique en termes d’émissions et de dépôts d'azote, un élément chimique qui, à forte concentration, est dangereux pour la nature et la qualité de l'eau. Presque toutes les activités humaines produisent ce corps gazeux. Mais aux Pays-Bas, c'est l'agriculture, à travers les déjections animales, qui en est la plus grande responsable, à hauteur de 50 % des émissions.

"Il y a deux grandes raisons pour lesquelles nous avons un problème d'azote pour la première fois, et c'est parce que nous sommes une région très densément peuplée et que nous avons la concentration de bétail la plus dense d'Europe", explique Daan Boezeman, de l’Agence néerlandaise d'évaluation environnementale.

"D'autre part, les Pays-Bas ont adopté une interprétation assez stricte de la directive européenne Habitats, qui stipule que pour chaque nouveau type d'activité, nous devons réaliser une réduction de l'azote ailleurs."

Le gouvernement sortant souhaite réduire de moitié les émissions d'ici 2030. Pour y parvenir les producteurs doivent réduire leur empreinte d'azote ou vendre leurs terres à l'Etat qui a mis en place un "programme de rachat" volontaire, doté d'un budget de 8 milliards d'euros. Mais le projet est contesté par le monde agricole.

Jan Arie Koorevaar dirige une exploitation de 115 vaches sur 90 hectares, dans le sud du pays. Sa ferme produit 100 millions de litres de lait par an, une production presque 100% biologique. Pour lui, les autorités devraient se concentrer davantage sur l'innovation plutôt que sur la réduction de la taille des exploitations.

"Beaucoup d'agriculteurs sont inquiets parce qu'ils ne savent pas très bien ce qu'ils doivent faire dans leur exploitation pour répondre aux exigences du gouvernement... Je pense qu'il existe également des possibilités pour réduire les émissions des producteurs laitiers si on peut les aider à trouver les fonds nécessaires pour réduire les émissions grâce à des innovations technologiques", juge l'éleveur.

La question est devenue un thème de campagne pour les élections législatives qui se dérouleront le 22 novembre. Si les producteurs rejettent le plan, certains partis politiques et certaines organisations veulent plus d'ambition encore. Ils souhaitent des rachats obligatoires plutôt que volontaires et des objectifs plus stricts en matière de réduction du cheptel.

"Nous demandons au gouvernement d'aider les agriculteurs à passer à une agriculture écologique avec 70 % d'animaux en moins en 2030 et 80 % en moins en 2050, et d'aider les agriculteurs ou d'aider le marché à mettre en place un système qui permette à l'agriculteur d'avoir un bon revenu, en produisant de la nourriture pour les humains plutôt que de la nourriture pour les animaux", précise Hilde Anna de Vries, responsable agriculture chez Greenpeace.

Cette question a déjà bousculé le paysage politique néerlandais avec le succès électoral du Mouvement agriculteur-citoyen, BBB (Boer Burger Beweging). Elle pourrait donc avoir une incidence sur la composition du prochain Parlement.

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