La Commission recommande l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Bosnie-Herzégovine

Le président du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine Borjana Kristo, à droite, pose avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen,
Le président du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine Borjana Kristo, à droite, pose avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Tous droits réservés Armin Durgut/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

La Commission européenne recommande aujourd'hui aux Etats membres d'ouvrir les négociations d'adhésion avec Sarajevo.

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C’est par la voix de sa présidente que la Commission a annoncé recommander l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine.

"Depuis que nous lui avons accordé le statut de candidat, la Bosnie-Herzégovine a accompli des progrès impressionnants. En un peu plus d'un an, elle a accompli plus de progrès qu'en plus de dix ans", a précisé Ursula von der Leyen mardi devant le Parlement européen à Strasbourg.

"Bien sûr, des progrès supplémentaires sont nécessaires pour rejoindre notre Union. Mais le pays montre qu'il peut satisfaire aux critères d'adhésion et répondre à l'aspiration de ses citoyens à faire partie de notre famille", ajoute la responsable allemande.

"L'avenir de la Bosnie-Herzégovine réside dans notre Union".

La recommandation de la Commission devra être approuvée par les 27 dirigeants de l'UE, qui devraient se prononcer la semaine prochaine à Bruxelles lors d'un sommet.

La Bosnie-Herzégovine a obtenu le statut de candidat en décembre 2022. Elle fait partie des cinq pays des Balkans occidentaux reconnus comme candidats officiels à l'adhésion à l'UE. Jusqu'à aujourd'hui, elle était le seul Etat de la région à ne pas avoir encore entamé de pourparlers formels.

Des divisions ethniques profondes et des retards dans les réformes constitutionnelles, judiciaires et électorales ont empêché le pays de rattraper ses voisins sur la voie de l'UE.

Dans son évaluation annuelle publiée en octobre dernier, la Commission a souligné qu'il était nécessaire de poursuivre les réformes constitutionnelles et électorales et de mieux s'aligner sur la politique étrangère de l'UE avant que la candidature de la Bosnie ne puisse être avancée.

L’institution est particulièrement préoccupée par la manière dont la Republika Srpska, l'une des deux entités territoriales du pays composée principalement de Serbes, a défendu la neutralité face à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le président de la Republika Srpska, Milorad Dodik, a rencontré le mois dernier le président russe Vladimir Poutine pour la quatrième fois depuis le début de la guerre.

Malgré cela, Ursula von der Leyen assure que "la Bosnie-Herzégovine est désormais pleinement alignée sur notre politique étrangère et de sécurité, ce qui est crucial en ces temps de troubles géopolitiques".

De nombreux pays de l'UE, qualifiés d'"amis de la Bosnie" : l'Autriche, la Croatie, l'Italie, la Hongrie et la Slovénie, demandent que le processus d'adhésion de Sarajevo progresse au même rythme que celui de l'Ukraine.

L'invasion menée par la Russie a relancé le processus d’élargissement de l'UE. L'intégration des Balkans occidentaux est considérée par beaucoup comme cruciale pour renforcer la pertinence géopolitique de l'Union.

Pour le ministre autrichien des Affaires étrangère,s Alexander Schallenberg, cette annonce est un "signal fort".

Si les dirigeants européens approuvent la recommandation de la Commission, la Bosnie-Herzégovine pourra passer à la phase suivante des pourparlers.

Mais ces discussions ne seront que le début d'un long et difficile processus de négociation qui peut prendre des années avant qu'un pays ne devienne un membre à part entière.

La Commission devrait également présenter cette semaine un projet de cadre de négociation pour l'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie qui devra également être approuvé par les dirigeants de l'UE.

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