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Diplomatie "flatteuse" ou analyse réaliste : les propos de Mark Rutte sur la défense européenne continuent à diviser

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, deuxième à gauche, s'est adressé à la commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen à Bruxelles
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, deuxième à gauche, s'est adressé à la commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen à Bruxelles Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. Tous droits réservés
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Par Vincenzo Genovese & Vincent Reynier
Publié le
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Le secrétaire général de l'OTAN a affirmé lundi dernier que l'Europe serait incapable de se défendre et qu'elle perdrait "le garant ultime de sa liberté" sans le soutien militaire de Washington.

"Donald Trump est très important pour l'OTAN et très engagé envers l'OTAN", a déclaré le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte devant le Parlement européen lundi dernier, affirmant que le président américain "méritait d'être défendu" et "faisait beaucoup de bonnes choses" pour l'alliance atlantique.

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"Les 2 % [de l'objectif de dépenses du PIB pour la défense] atteints par tous les pays de l'OTAN à la fin de 2025 n'auraient jamais eu lieu sans Trump", a-t-il déclaré devant les commissions parlementaires de la sécurité et de la défense et des affaires étrangères.

Charles Michel : "Je n'attends pas de Mark Rutte qu'il soit un agent américain"

Si Mark Rutte est fermement convaincu que l'Europe est fondamentalement dépendante du soutien sécuritaire des États-Unis, ses propos ont suscité une vive polémique parmi les responsables de l'UE et les alliés européens de l'OTAN.

L'ancien président du Conseil européen, Charles Michel, n'a pas mâché ses mots au micro d'Euronews vendredi. Pour lui, l'approche flatteuse de Mark Rutte envers Donald Trump conduira à "un échec total".

"Je veux être clair, Mark Rutte est décevant et je perds confiance", a-t-il ajouté, lors de notre émission Europe Today. "Je n'attends pas de Mark Rutte qu'il soit un agent américain. J'attends de Mark qu'il travaille pour l'unité au sein de l'OTAN".

"Nous sommes confrontés à des intimidations, à des menaces. Ce qui se passe avec le Groenland n'est pas acceptable et j'attends de Mark Rutte qu'il soit une voix forte pour défendre l'unité de l'OTAN", a-t-il poursuivi.

Le Quay d'Orsay est également monté au créneau, affirmant que "les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité".

L'eurodéputée française Nathalie Loiseau, qui a assisté à la réunion de la commission parlementaire au cours de laquelle Mark Rutte s'est exprimé, a pour sa part déploré "un moment honteux".

"Mark Rutte pense que le fait d'être impoli [envers] les Européens plaira à Trump. Nous n'avons pas besoin d'un fanatique de Trump. L'OTAN a besoin d'un rééquilibrage entre les efforts américains et européens", a-t-elle déclaré.

La crise du Groenland

Certains eurodéputés ont cependant félicité Mark Rutte pour avoir contribué à désamorcer les tensions entre les États-Unis et l'UE au sujet du Groenland le mois dernier, mais ils ont également demandé plus d'informations sur l'accord que le chef de l'OTAN a conclu avec Donald Trump sur l'avenir de l'île arctique.

Il n'a pas fourni de détails spécifiques, mais a expliqué que deux axes de travail ont été convenus avec l'administration Trump.

Le premier prévoit que l'OTAN assume davantage de responsabilités dans la défense de la région arctique afin "d'empêcher les Russes et les Chinois d'y avoir davantage accès", tandis que le second implique un dialogue direct entre les États-Unis et les dirigeants du Danemark et du Groenland.

Des discussions sont déjà en cours, mais Mark Rutte n'a pas de mandat pour y intervenir.

Le chef de l'OTAN a également abordé différents sujets durant son discours de lundi dernier, en particulier la guerre en Ukraine.

Il a félicité l'UE d'avoir mis en place un prêt de 90 milliards d'euros pour Kyiv, mais a exhorté le Parlement à être "flexible" et à éviter d'attacher une clause stricte exigeant que l'argent soit utilisé pour acheter uniquement des armes fabriquées en Europe.

"L'Europe est en train de construire son industrie de défense, [...] mais elle n'est pas en mesure pour l'instant de fournir suffisamment ce dont l'Ukraine a besoin pour se défendre aujourd'hui et pour dissuader demain", a déclaré Mark Rutte.

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