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Lancement de l'opération Orion 26 : la France se prépare à une éventuelle invasion de son territoire

Des soldats se préparent en attendant l'arrivée du président français Emmanuel Macron à la base aérienne militaire d'Istres, dans le sud de la France, le 15 janvier 2026.
Des soldats se préparent en attendant l'arrivée du président français Emmanuel Macron à la base aérienne militaire d'Istres, dans le sud de la France, le 15 janvier 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Philippe Magoni, Pool
Tous droits réservés AP Photo/Philippe Magoni, Pool
Par Vincent Reynier
Publié le
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Pour le ministère des Armées, cet exercice d'ampleur revêt une importance toute particulière "dans un contexte où un engagement dans un conflit de haute intensité pourrait devenir une réalité".

Ce dimanche 8 février débute en France un exercice militaire d'une ampleur exceptionnelle baptisé Orion 26, qui vise à préparer les forces de l'Hexagone à une guerre de haute intensité en Europe.

De son nom complet "Opération de grande envergure pour les armées résilientes, interopérables, orientées vers le combat de haute intensité et novatrices", cet exercice durera trois mois et impliquera quelque 12 000 soldats et des centaines de véhicules terrestres, navals et aériens.

Le ministère français des Armées décrit Orion 26 comme un "véritable événement majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité", ajoutant que l'exercice "a pour objectif de préparer les armées aux situations les plus complexes et dans des environnements hybrides et contestés".

L'OTAN est "la prochaine cible de la Russie", selon Mark Rutte

Cet exercice, le plus important en France depuis la guerre froide, se tient alors que l'invasion russe de l'Ukraine dure depuis bientôt quatre ans et que les opérations de guerre hybride - pour la plupart attribuées à la Russie - se multiplient en Europe.

Pour le secrétaire général de l'OTAN, il ne fait aucun doute : "nous sommes la prochaine cible de la Russie". Mark Rutte met en garde contre une éventuelle attaque de Moscou contre l'Alliance dans les cinq prochaines années.

Dans ce contexte, Orion 26 vise à éprouver les commandements tout comme les unités de terrain et à s'assurer que les chaînes de transmission et de logistique fonctionnent, de même que l'interopérabilité avec les forces armées des alliés de l'OTAN.

L'exercice débutera par une simulation de débarquement amphibie et aérien en Bretagne : environ 700 soldats et une centaine de véhicules seront déployés dans les alentours de Quiberon, dans le Morbihan, les 20 et 21 février.

L'exercice passera ensuite sous commandement de l'OTAN au mois d'avril afin d'éprouver la capacité des armées européennes à travailler de concert.

Le déploiement impliquera trois brigades, 1 800 véhicules tactiques et 30 hélicoptères, ainsi que quelque 800 drones, qui jouent un rôle crucial dans la guerre en Ukraine depuis bientôt quatre ans. Des manœuvres aériennes sont également prévues.

Un hélicoptère français Caracal survole une base militaire à Orléans, dans le centre de la France, le jeudi 16 janvier 2020. (Ludovic Marin/Pool Photo via AP)
Un hélicoptère français Caracal survole une base militaire à Orléans, dans le centre de la France, le jeudi 16 janvier 2020. (Ludovic Marin/Pool Photo via AP) (Ludovic Marin/Pool Photo via AP)

Cette phase durera un mois et verra les forces françaises et de l'OTAN simuler des déploiements en terrain libre, lancer une contre-attaque, ou encore franchir des obstacles naturels tels que la Seine et l'Aube avec tirs réels.

Orion 26 vise également à entraîner les réservistes français de toutes les armées.

Mercure contre Arnland

Pour le ministère des Armées, cet exercice d'ampleur revêt une importance toute particulière, "dans un contexte où un engagement dans un conflit de haute intensité pourrait devenir une réalité".

"Orion 26 répond à la nécessité d’intensifier et de durcir le niveau de préparation des armées françaises. Ainsi, elles s’entraînent avec rigueur et réalisme pour être prêtes à conduire, le cas échéant, les engagements futurs les plus complexes et les plus durs dans tous les champs de la conflictualité. Cette exigence contribue à consolider la force morale des militaires et des chaînes de commandement".

Le gouvernement ajoute qu'"Orion 26 confronte les savoir-faire modernes et l’innovation tactique et technologique aux réalités du combat de haute intensité et aux défis posés par l’hybridité des menaces".

Des soldats français et alliés lors d'un briefing.
Des soldats français et alliés lors d'un briefing. Ministère français des Armées, 2 février 2026.

L'exercice se déroule dans un scénario impliquant un conflit entre deux pays fictifs, Arnland et Mercure, qui s'inspirent directement de la menace russe actuelle en Europe.

"En Europe, Mercure, un pays expansionniste, cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin de maintenir son influence dans la région et d’empêcher l’adhésion de ce pays à l’Union européenne. Au cours de l’année 2025, Mercure a multiplié les actions hybrides et accru son soutien aux milices présentes sur le territoire d’Arnland".

"À la demande de cet allié, le 6 janvier 2026, la France prend la tête de la coalition Orion pour assurer sa défense et préserver l’équilibre européen. Orion 26 incarne cette montée en puissance, de la guerre invisible à l’affrontement de haute intensité", poursuit la description du scénario.

La cybersécurité sera également au cœur de l'exercice Orion 26, qui comprendra des exercices sur les réseaux virtuels et dans l'espace. Vingt-quatre nations alliées de la France qui participeront, dont le Japon, la Suisse, le Maroc, et les États-Unis.

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