La mort du militant identitaire à Lyon a suscité d'intenses réactions politiques en France et à l'étranger, à quelques semaines d'élections municipales. Une commémoration pourrait encore avoir lieu lors de la prochaine session plénière du Parlement européen.
Le Parlement européen a rejeté une demande du groupe d'extrême droite Patriotes pour l'Europe (PfE) d'observer une minute de silence cette semaine en mémoire de l'étudiant nationaliste qui a été tué à Lyon il y a deux semaines, ont indiqué des sources internes à Euronews.
La présidente du Parlement Roberta Metsola a rejeté la demande alors que les eurodéputés se réunissent mardi à Bruxelles pour une session extraordinaire, marquant le quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Selon certaines sources, la minute de silence pour l'étudiant de 23 ans n'a pas été acceptée, car elle n'est pas liée à l'objectif de la session, qui est censée se concentrer uniquement sur la guerre en Ukraine et qui votera une résolution non-contraignante en soutien au pays déchiré par la guerre.
Pour la même raison, le bureau de Metsola a rejeté d'autres demandes de modification de l'ordre du jour de la session.
Une minute de silence pour le jeune militant identitaire pourrait être organisée lors de la prochaine réunion plénière régulière, prévue pour la deuxième semaine de mars à Strasbourg.
Quentin Deranque, 23 ans, est décédé à l'hôpital après avoir été sévèrement battu lors d'affrontements entre militants d'extrême gauche et d'extrême droite à Lyon. Les violences ont eu lieu après un événement auquel participait Rima Hassan, députée européenne "insoumise" (LFI).
Retombées politiques et diplomatiques
Bien que l'enquête soit toujours en cours, la mort de Quentin a suscité de vives réactions politiques en France et au-delà, à un an de l'élection présidentielle et à quelques semaines de municipales où l'extrême gauche et l'extrême droite sont en passe de remporter des victoires importantes.
L'extrême droite française a accusé LFI de porter la responsabilité morale de l'assassinat, en invoquant ses liens présumés avec "La Jeune Garde", un groupe antifasciste dissous en 2025 pour cause d'activités violentes. Les procureurs ont annoncé que sept personnes seraient inculpées pour meurtre, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault.
Samedi dernier, plus de 3 200 personnes ont participéà une marche à Lyon en hommage à l'étudiant.
La mort de Deranque a également déclenché des tensions diplomatiques. Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a convoqué l'ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, après que le diplomate a partagé un message du Bureau de lutte contre le terrorisme du département d'État américain indiquant que "le gauchisme radical violent est en hausse" et que son rôle présumé dans la mort de Quentin Deranque mettait en évidence le danger qu'il représente pour la sécurité publique.
"Nous rejetons toute tentative d'utiliser cette tragédie à des fins politiques", a déclaré Barrot à France Inter.
Après que le PfE Europe a officiellement demandé une minute de silence, le Rassemblement national français a étendu la proposition à d'autres partis membres du PfE, qui ont approuvé l'initiative, ont indiqué des responsables.
Le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) s'est ensuite joint à l'appel à une minute de silence et a déclaré qu'il demanderait également un débat en plénière en mars sur la violence politique liée à l'extrémisme de gauche.