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France : indignation après des dessins et propos racistes envoyés à des élus LFI

L"hémicycle de l'assemblée nationale, Paris - Archives
L"hémicycle de l'assemblée nationale, Paris - Archives Tous droits réservés  AP Photo/Michel Euler
Tous droits réservés AP Photo/Michel Euler
Par Jean-Philippe Liabot
Publié le Mis à jour
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Une vague d’indignation parcourt la classe politique après l'envoi de courriers à caractère raciste visant plusieurs élus de La France insoumise.

Plusieurs élus LFI, dont Danièle Obono, Aly Diouara, Nadège Abomangoli, Carlos Martens Bilongo, ainsi que le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ont été la cible d’un courrier ouvertement négrophobe aux relents coloniaux.

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Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dénonce des insultes déshumanisantes et un harcèlement raciste devenu récurrent.

En partageant le document sur les réseaux sociaux, les élus visés alertent sur la multiplication de ces attaques et la dégradation du climat politique actuel pour les responsables issus de minorités.

Sur le réseau social X, les députées Nadège Abomangoli ainsi que Danièle Obono ont partagé une image du document reçu, en écrivant qu’il ne s’agissait que d’un "exemple parmi tant d’autres"des messages racistes adressés sans relâche à certains responsables politiques.

Capture du post
Capture du post compte X de Nadège Abomangoli

Pour les Insoumis, ces lettres ne constituent pas de simples actes isolés, mais traduisent au contraire une forme de banalisation croissante de la haine raciale dans le débat public. Le mouvement pointe la responsabilité de certains discours politiques et médiatiques, accusés de banaliser des stéréotypes et de créer un climat favorable au passage à l’acte.

De son côté Aurore Bergé, la Ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a écrit ce vendredi que "le racisme n'a aucune place dans la République" et a ajouté que les attaques subies par les élus LFI étaient "insupportables".

Le silence persiste à droite et à l’extrême droite : aucune figure majeure de ces camps n'a, à l'heure où nous publions cet article, publiquement dénoncé ces attaques racistes.

La chaine CNews dans le viseur dans l'affaire Bagayoko

Cette tension a atteint un paroxysme avec le traitement médiatique réservé à Bally Bagayoko, récemment élu maire de Saint-Denis en banlieue parisienne.

Sur le plateau de CNews, des propos ont suscité une vive indignation : un intervenant a comparé l'édile à un "chef de tribu" et a évoqué les "grands singes" pour analyser son autorité. Ces propos ont été signalés par plusieurs parlementaires et associations antiracistes à l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel français.

Ces références, jugées ouvertement négrophobes par de nombreux observateurs, ont poussé Bally Bagayoko à porter plainte et à appeler à un grand rassemblement contre le racisme et le fascisme qui aura lieu ce samedi à Saint-Denis. Le Parti socialiste s'associera à l'évènement comme l'a annoncé son leader, Olivier Faure.

Lors de son intervention à l’Assemblée nationale ce mardi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fermement condamné les propos tenus sur la chaine à l’encontre de Bally Bagayoko. Qualifiant ces déclarations d’"ignobles" et d'"absolument inacceptables".

Il a précisé que les services du gouvernement étudiaient actuellement la possibilité d'engager des poursuites pénales contre leurs auteurs.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a quand à lui déclaré que "le racisme n'est pas une opinion" et a annoncé que l'État se constituerait partie civile aux côtés de Bally Bagayoko dès que sa plainte serait déposée. Il a rappelé que le maire est un "agent de l'État" méritant une protection particulière.

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