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"Renouer la confiance" : la visite de Gérald Darmanin en Algérie marque un dégel diplomatique

Gérald Darmanin, à droite, ministre français de la Justice, est accueilli par son homologue algérien Lotfi Boudjemaa, à Alger, en Algérie, le lundi 18 mai 2026.
Gérald Darmanin, à droite, ministre français de la Justice, est accueilli par son homologue algérien Lotfi Boudjemaa, à Alger, en Algérie, le lundi 18 mai 2026. Tous droits réservés  Fateh Guidoum/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Fateh Guidoum/Copyright 2026 The AP. All rights reserved
Par Serge Duchêne avec AFP
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Si les deux pays semblent être en voie d'améliorer leurs relations, une question reste en suspens : la détention en Algérie du journaliste sportif français Christophe Gleizes, accusé de terrorisme.

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, s'est rendu en Algérie lundi, en signe d'un dégel significatif des relations et de la reprise de la coopération judiciaire entre Paris et Alger.

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Les relations franco-algériennes étaient tendues depuis 2024, date à laquelle Paris a soutenu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire disputé où l'Algérie soutient le Front Polisario, mouvement indépendantiste.

À Alger, le garde des Sceaux a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune, avec lequel il a eu un long échange. Ils ont évoqué la nécessité de « renouer la confiance », a déclaré le ministre français en conclusion de sa visite.

Au cours de ce déplacement, le garde des Sceaux a notamment été reçu par son homologue Lotfi Boudjemaa. "Nous avons notamment abordé la question de la criminalité organisée, singulièrement le dossier de la "DZ mafia", les biens mal acquis ou encore des dossiers individuels comme celui de notre compatriote Christophe Gleizes", a-t-il expliqué lors d'un précédent message sur X.

Cette visite a également marqué la reprise formelle de la coopération judiciaire entre les deux pays après « deux années d'interruption totale », a indiqué le cabinet de Darmanin dans un communiqué.

Les tensions entre Paris et Alger se sont exacerbées en 2024 suite à l'arrestation de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal – gracié en novembre dernier – et en avril 2025 lorsque un fonctionnaire consulaire algérien a été inculpé en France pour l'enlèvement présumé d'Amir Boukhors, influenceur algérien et critique du gouvernement, plus connu sous le pseudonyme d'« Amir DZ ».

Cependant, la France et l'Algérie ont convenu en février de relancer leur coopération en matière de sécurité lors de la visite du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger, marquant ainsi un premier signe d'apaisement des relations diplomatiques.

La détente entre l'ancienne puissance coloniale française et l'Algérie, indépendante depuis 1962, a été par la suite confirmée par une visite en mai de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.

L'ambassadeur de France en Algérie, ancien territoire français, a repris ses fonctions au début du mois après avoir été rappelé il y a environ un an, au plus fort du différend.

Fin avril, le président de la République Emmanuel Macron avait lancé une pique aux partisans d'une ligne dure, fustigeant "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie".

Ultime signe du réchauffement, le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra pour sa part à Paris dans « quelques jours », a annoncé son homologue français dans un entretien à La Tribune Dimanche : « C’est un signal très positif. Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement »

Christophe Gleizes, dossier épineux

Malgré ces signes d'amélioration des relations entre les deux pays, la détention en Algérie du journaliste sportif français Christophe Gleizes, accusé de terrorisme, demeure un point de désaccord majeur.

Gleizes, âgé de 37 ans, a été arrêté en mai 2024 alors qu'il se rendait en Kabylie, dans le nord-est de l'Algérie, pour écrire un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie.

En juin dernier, Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », après avoir été accusé d'avoir été en contact avec des membres du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), un groupe basé à l'étranger et considéré comme une organisation terroriste par Alger.

Lundi, il a reçu la visite d'un diplomate pour la première fois depuis son arrestation.

Sa famille a annoncé que Gleizes avait retiré son pourvoi devant la Cour de cassation algérienne, une décision perçue comme ouvrant la voie à une grâce présidentielle.

Sources additionnelles • BFMTV

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